« On » me reproche d’avoir attrapé l’accent français. Or pour passer réellement pour une autochtone, je dois toujours prendre garde de ne pas prononcer d’expressions suisses incomprises en France…

Dans ce billet, je récapitule mes surprises d’expat suisse en France, côté langue! Au menu, helvétismes, géographie, calembours, et langues régionales.

Si vous avez bien suivi, lorsque j’ai lancé ce blog six mois auparavant, j’ai commencé par vous expliquer que je ne suis pas Suisse-française, mais bien Suisse-romande. C’était l’occasion de montrer une bonne fois pour toutes aux Français comment sont réparties les quatre langues de Suisse! Lire le billet « Je suis Suisse-française »

 

Les Suisses tous trilingues? Un cliché!

Après, j’ai aussi dû casser le cliché selon lequel les Suisses parleraient tous au moins trois langues nationales! L’admiration ne s’est pas éteinte pour autant dans les yeux de mes interlocuteurs français, épatés par cette cohabitation multilingue. Ils voulaient en savoir plus sur notre quatrième langue, le mystérieux romanche. Ce vœu de mieux connaître la langue des Grisons se réalise sur cette page. Zouf! (bruit de baguette magique)

 

Et peu après, j’ai compris que la France était loin d’être monolingue! J’ai rencontré des occitanophones, soit des locuteurs de la langue d’oc, bien vivant(s). L’occitan, ou provençal, dont on étudiait l’histoire en cours de Lettres, est encore parlé de nos jours! Si vous souhaitez écouter ses sonorités chantantes, rendez-vous ici: je suis partie en reportage avec mon micro durant une manif à Toulouse, rien que pour vous.

Helvétismes

Ceci est un natel.

Ensuite, donc, j’ai établi mentalement une liste de mots interdits, à ne pas prononcer en France. Le risque? Des quiproquos à n’en plus finir. Ces mots, comme chenis, foehn, natel,  thé froid ou plaque à gâteau, ne sont pas compréhensibles de ce côté de la frontière. Oui, moi aussi, je croyais d’abord qu’ils faisaient exprès! Vous souhaitez suivre un petit cours de mots suisses? C’est ici!

Ou ici, avec des mots interdits spécial plage. « Avoir son fond » et « costume de bain » en font partie. Cette dernière expression fait hurler de rire un ami qui en vend justement. Lorsque je lui ai dit que ses clients suisses pourraient tout aussi bien lui demander un calosse de bain, ses yeux ont doublé de volume. Vous auriez dû voir ça!

Q DE SAC – un exemple suisse de calembour, à Lausanne (merci Hubert pour l’envoi!)

Calembours

Enfin, l’engouement des Français pour les mauvais jeux de mots sur les enseignes, même mauvais, m’a surprise. Je me suis donc mise à les collectionner, car en Suisse, ils sont bien plus rares! Vous pouvez admirer le fruit de ma récolte dans: « Accros aux jeux de mots« 

Un tome deux a été nécessaire, qui comprend aussi… des jeux de mots suisses. Ils ont été plus difficiles à dénicher! Vous les trouverez en seconde partie du billet « Les Français en pincent pour les calembours« , et un nouveau ci-contre.

Si vous n’aviez rien manqué, c’est que vous êtes drôlement fidèles et je vous en remercie! Si un de ces billets vous a particulièrement amusé, n’hésitez pas à le partager :)

J’attends aussi vos commentaires sur le sujet « langue »!

11 Commentaires

  1. C’est marrant, le mote « plaque à gâteau » ne me choque pas. Je vois de quoi tu parles, et pourtant on n’est pas suisses dans la famille. ;-)

    Dans le sens inverse, j’ai été un peu étonnée lorsque j’ai entendu des Romands me dire:
    – « j’ai été déçu en bien » (hein? comprends pas)
    – « Ca va pas jouer » (qui a parlé de jeu??)
    – Ca va ou bien? (ou bien quoi?)
    – Je me réjouis (beaucoup moins utilisé à l’oral en France qu’en Suisse!)

    J’aodre ces petites différences :)

  2. Coucou Laurène! Merci pour ton commentaire. En effet, les « ou bien » et « ça joue » (~synonyme de « ça roule »), c’est typique! Heu… eh ben ici, dans mon entourage, plaque à gâteau était incompris, étrange… je suis rassurée que ce ne soit pas le cas partout :)
    Je ne savais pas que « je me réjouis » est peu utilisé, tu m’en apprends une belle!!!

  3. J’ai régulièrement été confronté à des réactions de surprise que j’ai jugé disproportionnées, quand des Français se retrouvaient confrontés à des expressions suisses ou belges peu familières. Qu’ils ne comprennent pas, c’est assez normal, mais j’ai parfois eu l’impression que l’idée même qu’il puisse exister des variantes locales de la langue française leur semblait proprement inconcevable et exotique. Pourtant, des variantes locales, il en existe beaucoup à l’intérieur même des frontières françaises.

  4. C’est sûr, Julien! Et il y a aussi cette idée reçue très ancrée selon laquelle, la norme qu’il faut respecter étant celle de Paris, les autres variantes sont quelque part inférieures… On va te corriger si tu utilises un helvétisme, te reprendre, même s’il est compris!

    • Ah oui, les « o », ça ne pardonne pas! …d’ailleurs je ne sais pas si tu visualises la scène culte de La Grande Vadrouille, quand Bourvil dit à De Funès « mes chaussures, mon vélooo, non mais dites donc! » … j’ai compris cette année seulement que ce qui faisait rire les Français, c’était sa façon de prononcer vélO, qui est tout à fait normale dans mon canton!!! … la scène me faisait rire pour d’autres raisons.

  5. Ah c’est trop marrant, j’me poile en lisant ton blog, et je me demande si en France on dit aussi « on se poile »… comme « ça va le chalet » que j’attendais avec impatience et que j’ai lu dans le commentaire de Pipette!!!! LOL!! Merci pour ton blog qui est génial!!!

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