Neuchatel, Suisse

Neuchâtel, dernière étape du Retour en Suisse

Publié le 7 novembre 2013 | Par kantutita | Bienvenue en Suisse, Expat en France, Voyage, Voyager en Suisse

Neuchatel, Suisse

L’étape finale ( 4/4 ) de ce petit voyage en Suisse n’est autre que ma chère ville de Neuchâtel. Je vous emmène y faire un tour à travers le brouillard, en éclaircissant quelques spécificités suisses…

Le sommaire du mini road-trip

Étape 1: Arrivée à Lausanne dans la douleur (à cause des bouchons)

Étape 2: Sur la route vers Bâle-Basel (avec en bonus les noms bilingues de localités suisses)

Étape 3: Visite du vieux Bâle et une balade à la campagne dans un décor digne des Teletubbies

Étape 4: ♥ NEUCHATEL !!!

Dimanche 13 octobre

La dernière étape de ce road-trip de quelques jours en Suisse est ma ville, Neuchâtel. Celle que j’ai abandonnée pour vivre à Montpellier. Ses deux points emblématiques sont la Place Pury, lieu de rendez-vous central au bout de la Rue du Seyon et ses magasins…

Place pury, Neuchâtel

Et la magnifique Place du Marché, où les touristes et les locaux boivent des verres tout l’été. C’est notre Place de la Comédie à nous, en bien plus petit et avec les jolis pavés qui caractérisent les vieilles rues. Vous l’avez compris, le centre-ville piéton de Neuchâtel est très charmant avec ses édifices historiques!

Place du Marché à Neuchâtel

Je suis toujours très heureuse de passer quelques heures sur les pavés neuchâtelois. Nous arrivons sur place le dimanche soir, directement chez des amis pour la soirée (c’est Mitx et sa douce amie, dont je vous parlerai bientôt car ils nous ont embarqués dans un event de voitures vintage au Sud de la France!) et prenons le temps de nous balader le lundi, avant d’aller souper chez un autre couple d’amis.

Alors que nous avons passé la journée du dimanche sous le soleil dans la campagne bâloise, en cheminant jusqu’au Sonneberg qui porte du coup bien son nom (voir l’épisode précédent), nous sommes tout de suite happés par le temps gris de Neuchâtel. Je me souviens des hivers sous le brouillard sans voir le soleil… et soupire d’aise en pensant aux hivers montpelliérains, sous un ciel bleu.

Attention! L’été par contre, Neuchâtel est très agréable à vivre. La ville est construite en hauteur, la vue sur le lac et les Alpes est donc magnifique par temps bleu et dégagé! Bon, aujourd’hui, cela donne plutôt ça:

Neuchatel et son lac

En été, les jolies rives du lac de Neuchâtel invitent à la baignade, comme aux Jeunes Rives, à Hauterive ou dans les petites criques de St-Blaise où l’eau est plus claire.  Il y a même du sable du côté de La Tène – lieu célèbre archéologiquement parlant pour ses découvertes celtiques, et qui a donné son nom au musée d’Hauterive, le Laténium, mais surtout à une période de l’Âge de Fer. Cette plage est située dans mon village, Marin. C’est là où j’ai appris à nager et à faire des châteaux de sable:

La Tene Marin plage Neuchatel

Voilà pour une rapide présentation de ma ville et région. Retour à présent vers des spécificités suisses…

À la recherche d’une « place de parc »!

Helvétisme en vue! Les Français « se garent » sur des « places de parking » . Les Suisses font aussi usage de ces expressions, mais en plus ils peuvent « se parquer » sur des « places de parc« .

En ville, nous galérons pour trouver un endroit où nous parquer car les places de parc blanches (illimitées et gratuites) ont quasi toutes été remplacées par des bleues ces dernières années. Heureusement, on garde toujours un disque dans la voiture! Ce serait facile de l’oublier car à Montpellier, je n’ai jamais vu une place bleue.

Journal d’un Retour en Suisse – Lundi 14 octobre

Comme tout le monde travaille le lundi, nous pensons nous balader sous un parapluie et faire quelques emplettes de première nécessité (gruyère, fondue moitié-moitié, wagon de Ragusa, chasse…). Or ici, les commerces doivent respecter une règle : être fermés une demi-journée par semaine, en plus du dimanche bien sûr. Nous trouvons donc porte close, car les magasins choisissent tous de fermer le lundi matin, c’est le consensus. Flûte, j’avais oublié ce détail!

Selon les autorités, c’est une exception du canton qu’il convient de supprimer. Le bon peuple neuchâtelois va voter là-dessus fin novembre! Par la même occasion, nous déciderons s’il faut augmenter le prix de la vignette d’autoroute  et si on veut limiter les hauts salaires (« initiative 1:12, pour des salaires équitables »).

Une parenthèse sur les musées, si nombreux en Suisse!

Que faire alors pour s’occuper? Mon autre idée est d’aller voir le Musée d’histoire naturelle de Neuchâtel, qui propose souvent des expos excellentes. Et même si j’y vais régulièrement depuis 20 ans, je ne me lasse pas de leur collection de canards empaillés. Eh bien, comme c’est lundi, il est également fermé, zut!

C’est drôle car en Suisse, beaucoup de villes d’une certaine importance ont un Musée d’Histoire naturelle, avec leur collection d’animaux empaillés: la Chaux de Fonds, Fribourg, Berne,… . Neuchâtel compte en plus aussi un Musée d’art et d’histoire (avec les fameux automates Jacquet-Droz et beaucoup de pièces au rayon numismatique), le fameux Laténium et un Musée d’ethnographie reconnu (le MEN pour les intimes). Pourtant il n’y a ici qu’environ 30’000 habitants.

En arrivant à Montpellier, je me réjouissais donc de voir des flamants roses empaillés au Muséum local – ainsi que bien d’autres expos diverses et variées, comme c’est une ville vachement grande, la 8ème de France! Mauvaise pioche. En France, les musées sont concentrés à Paris. Ici il y a bien le Musée Fabre, dédié à la peinture et aux expos superbes, mais… c’est tout, c’est la seule grosse institution. Heureusement, la ville anime des galeries de photo et de peinture dans plusieurs lieux, et le centre d’art contemporain La Panacée vient d’ouvrir ses portes. Pas d’animaux empaillés ni de musée d’ethno ici donc.

Ainsi, je me suis rendu compte de la chance qu’on a en Suisse de compter une telle concentration de musées, même dans des petites villes!

Tournée d’inspection

Petit rituel: je fais mon tour d’inspection de ce qui a changé dans le cœur de ville piéton depuis ma dernière visite. La Rue des Chavannes a été repeinte en mode tissu bayadère. Je préférais le trompe-l’œil qui simulait des vagues, cela aurait été raccord avec la météo du moment.

Street art Neuchatel

Le restaurant très huppé le Palais du Peyrou est toujours bien gardé. C’est drôle car à Montpellier, il y a une jolie esplanade appelée aussi le Peyrou. Au moins je suis pas dépaysée par leur orthographe.

Neuchâtel, Palais du Peyrou

Un dîner arrosé de vin suisse

À midi, nous retournons sur la Place du Marché, la carte postale par excellence de Neuchâtel.

Place du marché de NeuchâtelC’est là, dans le restaurant « Les Halles », que je retrouve avec émotion ma famille pour un dîner (ou un déjeuner si vous êtes Français).

Nous buvons du vin neuchâtelois pendant le repas: cela surprend toujours les Français quand je leur dis que la Suisse fabrique du vin et que les vendanges rythment l’automne dans mon canton qui est une région viticole! Le vin le plus connu du coin est peut-être le Pinot noir de Neuchâtel, ou l’Oeil de Perdrix.

L’avis d’un Français autour de la table: « Le Pinot noir de Neuchâtel est très bon, mais les blancs…bof. Ils sont très particuliers, jeunes et pétillants, pas trop dans les canons français dont on a l’habitude…  » Ah!

La saison de la Chasse, miam

Après ces retrouvailles familiales super sympa, je fais quelques emplettes à la Migros. Comme c’est la saison de « la chasse » (ô joie) – je ramène ce plat mangé en automne en Suisse. « On va manger la chasse », cela signifie un régal de viande de cerf, servi avec des spätzlis, poires et marrons, ainsi que de la confiture d’airelles. Sur les étalages des supermarchés, il y a donc des civets de cerf, des médaillons de chevreuil ou même d’autres gibiers, comme le sanglier. Pour en savoir plus, je vous en reparle ici, dans un billet consacré aux spécialités suisses à table.

Pinot Noir de Neuchâtel

La bouteille est ornée de l’écusson de la ville de Neuchâtel, un aigle!

De la chasse, je n’en ai pas trouvée dans mon supermarché français… Peut-être est-ce dû à sa gigantesquitude, ou alors à ma myopie qui s’empire, j’attends votre rapport sur le sujet! Est-ce que la chasse est un plat mangé en France ? Vous avez pourtant de grandes forêts et probablement aussi des populations de gibier à réguler !

La Migros, reine du marketing

Cette fois, vous l’aurez remarqué, je n’ai pas fait d’infidélité à la Migros, mon géant orange préféré (versus La Coop). Je découvre leur nouvelle astuce commerciale pour que  les enfants obligent leurs parents à aller faire leurs courses chez eux, la « Minimania ». À chaque achat, les caissiers distribuent des petits sachets contenants des versions miniatures des produits comme le Mivella (le Rivella de la Migros), le choco Minor, le *Micola (le coca-cola de la Migros) ou encore la viande des Grisons « Heidi » et les roestis. La liste est immense bien sûr. Je trouvais le truc stupide jusqu’à avoir ce petit paquet de roestis miniature entre les doigts, je suis comme une gosse à présent et veux absolument un produit vaisselle Handy!!! (suite au délire commencé ici).

En tout cas, ils sont très très forts en marketing… Imaginez: les gamins vont s’attacher à LEURS produits en jouant au magasin avec des versions minuscules des trucs qu’ils achèteront plus tard.

 *D’ailleurs, Nestlé a la même technique pour nommer ses produits: Nespresso, Nescafé, Nestea… Vous n’aviez pas remarqué? Il manque plus que la Nestella et la Mistella!

Roestis minimania Migros

L’original et sa miniature, tout à fait identiques!

Devinette pour les Français: que veut dire une caissière lorsqu’elle vous demande:

« Vous voulez un cornet? »

« Vous avez la cumulus? »

Réponse: un cornet est un sac plastique, la cumulus est le nom de la carte de fidélité de la Migros. Celle de la Coop se nomme la Supercard – encore un nom dans la langue commune suisse, l’anglais!

 

Funiculaire Ecluse Plan Neuchatel

Le vieux funi vous hisse jusque tout en haut de la ville! Il faut demander sa destination en appuyant sur un bouton avant de monter, car il fait 3 haltes en chemin.

Double crème de Gruyère, une tuerieSur ce, nous prenons le vieux funiculaire de l’Ecluse-Plan, une institution pittoresque, qui nous hisse tooooout en haut de la ville où notre voiture est parquée…

Nous filons passer notre dernière soirée avec des amis délicieux qui nous ont régalé avec un plat de leur crû, et au dessert de la DOUBLE-CREME DE GRUYERE!!!

 

Retour sur l’autoroute en France à -20 km/h

Mardi 15 octobre

Nous faisons le plein, en plus l’essence est moins chère en Suisse, puis zoooooou, c’est parti pour de longues heures dans la voiture. Les nuages nous jouent des tours au long de notre route, qui évite judicieusement Lyon.

Nous avançons au ralenti sur l’autoroute française: la loi dit qu’il faut rouler à 110 km/h s’il pleut sur l’autoroute, contre 130 km/h par temps sec! C’est drôle non? Nous n’avons pas de telle règle en Suisse.

En arrivant 5 heures et des poussières plus tard, je constate avec déconvenue qu’il fait tout aussi moche à Montpellier qu’en Romandie. Avec 10 degrés de plus. Je ricane sous cape en pensant que le soleil montrera son nez dans quelques jours… Cela fait 2 semaines et je l’attends toujours! Que cela me serve de leçon de dénigrer la météo de mon pays.

Voilà, bravo Kantu, je suis sûre que vous allez avoir une idée grise et tristounette de ma belle région de Neuchâtel. J’en reparlerai avec des photos pleines de soleil, il le faut!

Billet écrit le 26 octobre et programmé aujourd’hui pour combler le vide: je suis en effet en pérégrination à l’autre bout du monde, en train de déguster des sushis! Pour en savoir plus, suivez-moi sur Instagram (KantuK) ou sur mon blog de découvertes Birds & Bicycles: je publierai quelques cartes postales au fil de mon voyage japonais et au gré des spots Wifi, promis!

4 Responses to Neuchâtel, dernière étape du Retour en Suisse

  1. Julien says:

    Deux trucs:

    – Tu n’as pas « fait tes emplettes », tu as « fait tes courses ». ;-)
    – Il est intéressant de savoir que le Mivella est en fait du Rivella, la boisson étant produite à l’identique pour la Migros par le producteur de Rivella, il n’y a que les bouteilles qui changent.

  2. Monique says:

    Je crois plutôt que tu as fait les commissions, non?? Bisous

  3. nancy says:

    hé!!!!!! mais j’adore ce blog ! Je vis en France depuis plus de 20 ans… oh je retourne chez moi une fois par an pour me ressourcer… Ma ville natale Neuchâtel aussi !! Mais bon j’ai vécu dans le Jura Bernois …là ou on fait du choc Camille Bloch !! Je reviendrai vite voir par ici !!

    • Kantu says:

      Merci Nancy!!! Oh… quelle chance d’avoir vécu près des chocolats Camille Bloch! Je voue un culte au Ragusa. :) À bientôt par ici, et n’hésite pas à partager TES expériences d’expat en France dans les commentaires! Tu as sûrement aussi vécu des surprises dans ton pays d’accueil. Moi j’arrête pas!

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