Avis sur le livre sur la Suisse "Bienvenue au Paradis"

J’ai lu « Bienvenue au Paradis », ce fameux livre sur la Suisse!

Publié le 6 juillet 2016 | Par Kantutita | Bienvenue en Suisse

Comme promis sur Facebook, j’ai lu pour vous « Bienvenue au Paradis »! Ce livre sur la Suisse de la journaliste française Marie Maurisse déchaîne les passions dans le pays…

Tant et si bien d’ailleurs que l’auteure s’est retrouvée couverte d’insultes. Pourquoi? Parce que lors de ses passages dans les médias suisses, elle évoque le racisme anti-français. Ce qui provoque un lot de commentaires haineux de la part d’Helvètes qui jurent qu’elle invente n’importe quoi.

J’ai été choquée par les deux côtés. Déjà, choquée d’apprendre que cette Française ressentait un racisme si marqué envers les Français en Suisse. Si c’est son point de vue, cela pourrait être partagé par d’autres. En mettant en lumière cette problématique, elle nous force à nous poser la question de l’existence (ou pas) d’un tel racisme dirigé et de son ampleur. Et j’ai autant été choquée par la grossièreté des personnes qui se permettent d’insulter la journaliste. Je comprends tout à fait qu’on réfute ses impressions et qu’on lui dise poliment « Je trouve que vous racontez n’importe quoi! » « J’estime que votre travail est un ramassis de conneries », et d’autres formules moins civilisées. Mais de là à la traiter de « Salope » et à l’enjoindre à rentrer chez elle avec des formules fleuries, on franchit quand même un cap non?!!

Mais que vaut son livre? Et qu’en est-il réellement du racisme envers les Français en Suisse? On en parle aujourd’hui dans un billet qui – je le sens – risque de mesurer quelques kilomètres vu la complexité du thème. On va commencer par le bouquin, sur lequel j’ai un avis mitigé.

Le livre « Bienvenue au paradis » de Marie Maurisse

Avis-sur-le-livre-de-Marie-Maurisse-sur-la-Suisse

Éditeur: Stock, Prix en France, 18 € (sur Amazon notamment), Prix en Suisse CHF 30.-

Quatrième de couverture: « Ah la Suisse ! Ses montagnes, son air pur, son chocolat et ses banques. En Suisse, les salaires les plus bas tournent autour des 3 000 ?, il n’y a quasiment pas de chômage, et puis c’est propre et l’on s’y sent en sécurité. Les hommes politiques ont l’air moins corrompus qu’ailleurs et la population bénéficie d’une démocratie directe grâce aux votations. Ce serait presque le paradis. Presque. Parce que, si on y regarde de plus près, on constate que les Français qui vivent là-bas sont victimes d’un sentiment diffus, qui n’ose pas dire son nom : le racisme ? Se moquer des «frouzes», comme les Suisses les nomment, n’est plus un tabou, c’est même devenu tendance. Et ces moqueries se sont carrément transformées en haine à l’égard des frontaliers. L’Eldorado suisse a fait long feu et les Français en paient les frais. »

L’auteure, Marie Maurisse, est originaire de Toulouse et correspondante du Monde. Elle vit en Suisse depuis 7 ans.

Mon avis sur le livre en bref

Si j’ai commencé à lire cet ouvrage avec beaucoup d’intérêt, j’ai été lassée par l’impression qu’à mi-chemin, la journaliste profite de cette occasion pour régler personnellement ses comptes avec la Suisse. J’ai trouvé une grande partie du livre et sa présentation de la Suisse aux Français pertinente, mais il y a çà et là des raccourcis qui m’ont fait grincer des dents, et des généralités à déplorer. D’un exemple, elle tire un « fait » sur le pays qu’on aimerait voir étayé sérieusement par des chiffres par exemple. Cette façon de présenter des impressions comme des faits m’a dérangée, surtout de la part d’une journaliste, qui publie un ouvrage sous-titré « enquête »!

Le bouquin dans le détail

Bienvenue-en-Suisse...-un-livre-critique-sur-le-pays

Le sous-titre du livre est « Enquête sur la vie des Français en Suisse ». Un thème qui m’a beaucoup intéressé, comme vous pouvez le deviner, comme je suis moi-même une Suissesse installée en France depuis 6 ans bientôt. En lisant les premiers chapitres, j’ai été très étonnée car la question du « racisme envers les Français », autour duquel il y a eu tout ce foin dans les médias suisses (revoir interview ici / débat Infrarouge par là), n’arrive que dans les derniers chapitres! Ce n’en est donc qu’une petite partie.

Le début est un exposé, bien écrit, sur la vie en Suisse et les spécificités du pays. Je pense que c’est à lire  si vous êtes un Français souhaitant s’installer ici, histoire de s’éviter quelques déceptions/surprises sur ce « paradis »… qui n’en est pas un de tous les points de vue. Cette partie présente la Suisse, avec ses travers et ses avantages, sans trop de parti pris.

Les témoignages de Français

Le livre est aussi entrecoupé de conversations de la journaliste avec des Français installés en Suisse. Certains sont tellement fans du pays qu’ils rejettent à présent la France, sa paperasse et son système. D’autres ont déchanté en arrivant en Suisse,  n’ont pas réussi à s’intégrer, ou ont eu de mauvaises expériences. C’est juste une poignée de portraits (pas représentatif « DES Français de Suisse » à mon avis) et je n’ai pas vraiment aimé le choix des expatriés présentés. Certains ont des profils atypiques (comme un richissime expatrié, une maîtresse en mode « desperate housewife » qui a suivi son amant dans un bled de la campagne – mais lui est toujours marié et rentre voir sa famille le week-end et la laisse seule et amère). Bref, j’aurais préféré découvrir l’avis sur la vie en Suisse de Français lambda. Je n’y ai pas reconnu mes amis français par exemple.

Mauvaise foi & généralités

Si j’en crois le flot de post-its ajoutés dans les pages de mon exemplaire du livre (envoyé pour chronique par la maison d’édition, merci!), c’est dès le 7ème chapitre environ que ma lecture se gâte. On passe doucement d’un texte (intitulé « enquête » par l’auteure après tout) plutôt objectif, à un « essai » avec un parti pris! Ce mélange des genres m’a dérangé à la lecture.

Tout à coup, j’ai ressenti la mauvaise foi de la journaliste à travers les lignes. On a l’impression qu’elle est fâchée avec la Suisse, et franchement, cela fait de la peine pour elle qu’elle vive ainsi son installation dans le pays, qu’elle le voit avec ce regard-là. En plus, elle fait aussi beaucoup de généralités sur la façon de se comporter des Suisses.

Comme quoi, ce livre est intéressant car il me fait m’interroger sur des spécificités culturelles de mon pays, même si je ne suis pas toujours d’accord avec l’interprétation de l’auteure!

Quelques points qui me font réagir

Livre sur la Suisse- avis sur "Bienvenue au Paradis"

→ La Suisse selon Marie Maurisse

Je veux bien croire qu’il y ait du racisme anti-français à Genève, une zone très tendue au niveau du logement, et de l’emploi. Mais j’ai eu la désagréable impression que la vision du pays de Marie Maurisse était très centrée sur les rives du Lac Léman. J’aimerais lui faire remarquer que Genève ou la Riviera, ce n’est pas LA Suisse! Cela m’a aussi dérangé qu’elle parle de la « Suisse » tout au long du livre et des « Suisses », qu’elle critique évidemment, alors que la plupart du temps elle ne parle que des Suisses romands. Et nos voisins alémaniques, ils comptent pour des prunes? Ils représentent la plus grande partie du pays quand même et n’ont eux aucun grief contre les Français. Bref, la diversité de la Suisse semblait parfois oubliée par l’auteure.

→ Les Suisses ne sont pas accueillants

Un exemple de généralité? Toute la partie qui montre que les Suisses sont fermés et pas accueillants pour un expatrié. Extrait:

« (…) Les Helvètes ne sont tout simplement pas du genre à ouvrir facilement la porte de leur maison. Le chez-soi, en Suisse, est un espace intime, plutôt réservé à la sphère familiale qu’aux déjeuners entre amis. Ce n’est pas pour rien que la Suisse est le pays du secret (…) »

Je pourrais reprendre ses phrases (sauf la dernière) et remplacer la Suisse par « Montpellier ». J’ai trouvé les gens extrêmement difficiles à apprivoiser, et moins ouverts et sympas qu’en Suisse quand je vivais dans le Sud de la France. Quant à se faire inviter CHEZ eux!! Cela ne coule pas de source. Mais, est-ce simplement mon expérience & mon ressenti, mon manque de chance, ou simplement le fait d’être expatrié? Mais rassurez-vous, j’ai quand même réussi à me faire quelques amis  ^^

Je pense que c’est une constante quand on débarque dans un pays de type occidental où tout le monde à son réseau d’amitiés, sauf nous, et qu’on n’est plus étudiant… D’ailleurs, j’ai lu exactement le même paragraphe dans mon guide sur l’expatriation… sur le Québec! Si, si!

Sans statistiques sur le sujet, ou témoignage d’un chercheur en sciences sociales, cela reste pour moi des impressions, qu’on ne peut pas présenter comme des caractéristiques typiques de la Suisse. Et vous, vous trouvez que les Suisses sont particulièrement frileux à l’idée d’inviter des gens chez eux?!

Extrait-Bienvenue-en-Suisse

→ Les Suisses & la délation

Elle évoque la « pratique très helvétique de la délation », qui existe, c’est vrai, et qui n’est pas quelque chose de considéré comme honteux, mais je trouve qu’elle surenchérit dessus. Ce n’est pas non plus un sport national! « En Suisse (…) chacun peut dénoncer un citoyen mal garé ou qui double malgré la ligne continue – dans certains cantons, un simple SMS (…) suffit. » Je ne le savais pas du tout moi par exemple. Et je n’ai jamais entendu parler de telles dénonciations.

Par contre, c’est vrai que les voisins viennent sonner pour se plaindre très facilement (« votre télé est trop fort! »), chose qui se fait BEAUCOUP moins en France où les gens sont plus tolérants.

À titre d’exemple: en tant que Suisse, je trouve cela positif de dénoncer quelqu’un qui abuse et profite des autres (c’est culturel sans doute, et les Français doivent avoir les cheveux qui se hérissent sur la tête en lisant mes mots) – mais je ne me suis jamais retrouvée face à un cas de figure où j’ai jugé que c’était nécessaire de le faire. Je dénoncerais sans hésiter un cambrioleur, un arnaqueur ou un chauffard dangereux pour le bien de la communauté si j’en avais l’occasion.

Un Français m’avait dit une fois, horrifié « En chaque Suisse sommeille un flic! ». Bon, c’est un peu caricatural quand même, mais certains Suisses ont tendance à se mêler de ce qui ne les regarde pas et ça, c’est casse-pied. En France, j’ai l’impression que c’est BEAUCOUP plus rare, chacun vit sa vie.

→ Les Suisses, naturellement xénophobes?

Ses insinuations sur la xénophobie « naturelle » des Suisses m’a choquée… « En exacerbant la peur de l’étranger, déjà ressentie naturellement par une partie de la population, [certains partis politiques] ont décomplexé la parole xénophobe et banalisé les réflexes racistes. »

Comment ça, ressentie naturellement? Le racisme serait-il normal en Suisse? Oui, il y a l’UDC, le parti le plus à droite, qui obtient près de 30% des suffrages, oui il y a le Mouvement Citoyen Genevois dans la cité de Calvin, mais les partis très à droite sont autant présents que dans d’autres pays d’Europe – et ils ne font certainement pas l’unanimité en Suisse! Le Front National en France a obtenu 28% des voix l’an dernier aux régionales, pour rappel.

Je pense qu’il y a du racisme en Suisse, comme il y en a partout, mais que cela n’est à nouveau pas une caractéristique du pays.

Je pourrais dire pareil des Français après tout, et ce serait une généralité et un raccourci. Le discours raciste décomplexé envers les « Arabes » en France me choque profondément depuis mon arrivée dans l’Hexagone par exemple. Et que dire de la popularité de Marine Le Pen?

→ Se moquer des frouzes (un petit nom péjoratif donné aux Français)

Selon l’auteure, « Se moquer des frouzes n’est plus un tabou en Suisse, c’est même devenu tendance ». Est-ce vraiment nouveau? Je ne suis pas une témoin directe de cette attitude aujourd’hui, mais je me pose la question… Parce que je me souviens très bien que c’était déjà super tendance dans la cour de récré quand j’avais 8 ans à peu près. Se moquer gentiment (ou moins gentiment) de nos voisins est ancré chez les Romands depuis longtemps… Je mettais cela sur le compte d’un complexe d’infériorité stupide. Stupide car nous devrions être fiers de la Suisse sans devoir rabaisser les voisins, oh ouais! Voir paragraphe plus bas sur le « distinctiveness threat »

→ Ce qui m’a énervé aussi

Le dernier chapitre du livre m’a achevée: elle utilise un fait divers horrible, le meurtre d’un Français dans une entreprise par un employé (visiblement déséquilibré), pour symboliser le racisme anti-français, et vire dans l’émotionnel (j’ai horreur de cela!). À un autre endroit, elle compare aussi le racisme envers les Français en Suisse à… l’antisémitisme %( Cela va trop loin pour moi!

Une autre de ses remarques m’a sidérée: elle semble s’insurger du fait que lors d’une naturalisation en Suisse allemande, on exige du candidat qu’il parle allemand. En plus, il y a un test sur la Suisse. C’est pareil en France pourtant: un test de français ou un diplôme dans cette langue est exigé, et le candidat est soumis à un petit questionnaire oral sur le pays (sans aucun doute moins difficile que dans certains cantons). Avant de s’étonner des pratiques de la Suisse, elle devrait vérifier ce qui se fait en France ;)

Même si obtenir la nationalité suisse reste beaucoup plus difficile..

Bienvenue-en-Suisse-selon-Marie-Maurisse

Alors, avez-vous envie de piocher ce livre pour vous faire votre propre avis dessus? S’il ne faut pas tout prendre pour argent comptant en le lisant, ce bouquin a le mérite de susciter le débat ( et mes grincements de dents ;)

Le racisme anti-français en Suisse

Quand on évoque ce thème – qu’il est intéressant de discuter! – on entend plein de Suisses qui s’énervent et disent que ce n’est pas vrai. C’est un peu facile: pour savoir si les Français installés en Suisse se sentent victimes de racisme, il faudrait que ce soit eux qui prennent la parole!

D’un côté, moi, j’ai vu et entendu parler de pneus crevés sur des voitures ou motos aux plaques françaises (mon pauvre coloc…). Quelle conclusion en tirer? Ce n’est pas anodin tout de même! Mais de l’autre, j’entends les témoignages de Français qui se disent bien accueillis et n’ont jamais vécu ces problèmes.

Il y a sans doute des actes /réflexions de racisme envers les Français en Suisse, mais sont-ils fréquents? Augmentent-ils?

Je me demande si cette problématique ne viendrait pas surtout des tensions dans les zones où travaillent des frontaliers (Genève & Neuchâtel par exemple). Si c’était ça la cause de ces actes de « racisme », la peur de se faire « voler » son travail et la jalousie?

Concernant les moqueries envers les Français, parfois assimilée à un complexe d’infériorité ou de supériorité de la part des Suisses, il y a un point intéressant évoqué dans le bouquin. La journaliste interroge Franciska Klings, chercheuse en psychologie sociale, qui explique le phénomène de distinctiveness threat. (menace de distinction).

« Chaque groupe social a besoin de se sentir unique pour exister. Si l’un d’eux est très semblable au nôtre, alors nous aurons tendance à lui trouver des attributs différents afin de s’en distinguer. C’est ce qui se joue entre les Suisses romands et les Français: une manière pour les premiers de se différencier des seconds et de les qualifier négativement. » Aha… En être conscient peut peut-être permettre de dépasser cela!

 

Du grain à moudre:

→ Pour l’auteure, être anti-frontaliers, c’est forcément être raciste envers les Français. Est-ce forcément le cas? Je ne pense pas, mais cela sert sans doute d’excuse à certains racistes.

→ Elle semble choquée par le concept de « préférence nationale » dans l’emploi. On ne va pas (trop) parler de politique, mais personnellement je trouve logique d’engager en priorité les talents au chômage déjà installés dans le pays, à compétence égale. Vouloir le faire, est-ce être raciste? Pas forcément à mon avis, même si à nouveau cela peut servir d’excuse.

 

Les Français qu’on n’aime pas en Suisse: le profil du « Parisien »

Pour finir, il faut noter qu’il est vrai que certains profils de Français passent très mal en Suisse. Mais ce sont les mêmes que les Montpelliérains détestent aussi, et qu’ils appellent les « Parisiens ». Je pense qu’on peut être un « Parisien » et venir de Marseille d’ailleurs… Et avoir grandi à Paris sans jouer les donneurs de leçons bien sûr ;)

Ce sont ces Français qui viennent poser leurs valises dans la petite Suisse (ou dans le Sud de la France / au Québec / n’importe où finalement) et vont toujours comparer la situation à la France ou Paris, en montrant bien que chez eux, c’est mieux. Exemple entendu plusieurs fois? « Pffff, je vis à Lausanne/Montpellier, mais c’est chiant, y’a rien à faire ici… À Paris, c’était tellement mieux… » (Lausanne étant une des villes les plus culturelles de Suisse romande, donc imaginez l’insulte, et je vous jure qu’en y mettant du sien on ne peut pas s’ennuyer à Montpellier)

Ces gens qui ne font pas d’effort et ouvrent leur grande gueule, évidemment qu’ils ne s’attirent pas la sympathie des locaux. Évidemment qu’on ne les invite pas chez soi. Evidemment qu’on les évite et que de temps en temps on les remet à leur place avec une remarque pas très sympa. Mais ce n’est pas du racisme! Un Zurichois se comporterait ainsi, on le trouverai tout autant désagréable.

Et vous, vous avez déjà dû supporter de telles personnes? Je veux vos anecdotes! ;)

PS. Si vous vous reconnaissez dans ce profil, essayez de faire un effort! Et remettez-vous en question…

Mes lives sur la Suisse

Ma bibliothèque de livres sur la Suisse! Vous pouvez retrouver les articles par ici: « LE SUISSOLOGUE » – « ENTRE ROUGE ET BLANC » – « RANDO BIERES« 

D’ailleurs, circule aussi en Suisse le cliché du Français qui a la grande gueule ou qui est un dragueur relou: mais c’est comme toujours, on ne va remarquer que ce type de personnes désagréables, alors que les Français qui se comportent normalement passent inaperçus. Et on croit que ce sont des tares représentatives de leur nationalité ensuite… Pauvres amis français!!! C’est tellement faux. Je vous le dis, et je vis entourée de ces gens-là!!!

Voilà, je vous ai livré MON ressenti sur le livre. Si vous l’avez feuilleté vous aussi, qu’en avez-vous pensé? Après tout ce blabla, je vais me servir un verre de Ricard d’eau et je vous laisse la parole à présent… Je me réjouis de vous lire.

Je vous demande de rester impérativement polis si vous avez quelque chose à redire sur le point de vue de Marie Maurisse (ou le mien d’ailleurs) svp. Je serai obligée de supprimer les commentaires jugés injurieux.

APPEL A TEMOIGNAGES:  Cela m’intéresserait surtout d’avoir des témoignages de Français installés en Suisse: avez-vous déjà ressenti du racisme? Comment s’est passée votre intégration?

Vous pouvez me raconter cela par mail (kantutita (A) hotmail. CH!) Je pourrai changer vos noms / mettre un pseudo et les publier dans un prochain billet, pour avoir une variété de points de vue sur la question :)

Ou si vous préférez en discuter en live par ici, ne vous gênez pas!

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25 Responses to J’ai lu « Bienvenue au Paradis », ce fameux livre sur la Suisse!

  1. Camille Legoline says:

    Je suis mi-suisse ayant toujours vécue en France… Et le nombre de fois où j’ai entendu de petites critiques contre les Suisses ! Le français à la critique facile et l’ouverture d’esprit un peu fermé ? Plus sérieusement, je pense que ce qui agasse les suisses c’est ce que tu décris des parisiens (tous ne sont pas comme ça heureusement) mais cette façon d’être du français, de se sentir un peu trop chez lui de partout…et de ne pas prendre conscience de la chance qu’il a d’être là où il se trouve, un peu plus d’humilité ne ferait pas de mal… Ça m’agasse d’entendre les frontaliers se plaindre et à côté de ça de nous « narguer » avec leur salaire… Et puis cette journaliste devrait se transformer en « arabe » en France, ca lui donnera l’occasion de rééditer son livre ! ? apres effectivement les insultes ne feront pas avancer le débat et c’est bien dommage… Il serait plus intelligent de démonter ses arguments, ceux qui doivent l’être bien sûr… Les Suisses ne sont pas parfaits ?Mais ils sont pas mal quand même ! ?Ma moitié Suisse je la trouve plutôt pas mal! Pis j’ai pris que le meilleur du français ! Quelle chanceuse je suis !!!

  2. Pikatchoune says:

    Je n’ai pas (encore) lu l’ouvrage incriminé, donc je ne vais pas m’exprimer sur son contenu. Par contre, comme toi, j’ai été profondément choqué par les réactions violentes auxquelles l’autrice a dû faire face.

    Pour ce qui est du racisme anti-français, j’ai le sentiment, là où je vis, soit dans une zone frontalière, qu’il existe et s’aggrave avec la crise. Il touche certes d’abord les travailleurs frontaliers, mais pas seulement. Incidieusement, il tend à se généraliser. C’est triste et c’est aussi à nous de remettre l’église au milieu du village (ou la fumée au milieu de la torée) quand des gens que nous connaissons tiennent ce genre de propos.

    Pis sinon, je me permets d’émettre un doute sur le fait que Lausanne soit la ville de Suisse romande la plus culturelle, mais ça n’est que le reflet de mon chauvinisme chaux-de-fonnier ^^

    • Kantutita says:

      Merci pour ton message Pikatchoune. C’est intéressant d’avoir ton ressenti sur la question – depuis une zone frontalière comme la Chaux de Fonds!

      Et je suis tout à fait d’accord avec toi, c’est aux Suisses de prendre le problème au sérieux et de s’opposer à la généralisation de ce type de discours.

      Et tu as raison pour Lausanne, j’ai modifié le texte, c’est « une des villes » les plus culturelles à présent haha. :D

  3. Marie says:

    Je vis en Suisse depuis bientôt 2 ans dans le canton de Neuchâtel , les premiers mois ont étaient très compliqués mais par ce que je venais de quitter mon travail , mes amis et ma famille . Difficile de s’intégrer quand on ne travaille pas . Depuis j’ai trouvé un boulot et cela a tout changé , j’ai rencontré des français , des suisses , des italiens et je n’ai jamais rien ressenti de péjoratif . Je travaille avec beaucoup de suisses et de frontaliers et nous sommes une super équipe . Je m’amuse avec mes collègues d’apprendre des mots et des expressions suisses . Après il ne faut pas oublier que la suisse romande même si on parle le français ce n’est pas la France et il faut se plier aux habitudes et aux règles du pays . Moi qui ai vécu 10 ans à Marseille , je circulais en voiture à la marseillaise on peut le dire lol mais depuis que je suis en Suisse je suis très disciplinée au volant et je ne klaxonne plus :-)
    Et je compte bien continuer à m’épanouir au bord du lac de Neuchâtel et continuer à apprécier les magnifiques paysages suisses ^^

  4. Stéphanie says:

    « Je me demande si cette problématique ne viendrait pas surtout des tensions dans les zones où travaillent des frontaliers (Genève & Neuchâtel par exemple). Si c’était ça la cause de ces actes de « racisme », la peur de se faire « voler » son travail et la jalousie? »

    Je reprends ce paragraphe-là car pour moi il est la clé du problème. Je n’ai pas lu le livre de cette femme et ne pense pas le faire mais ai beaucoup apprécié ton analyse pertinente. C’est dommage car j’avais un ancien collègue qui avait travaillé en Suisse durant 2 ans et aurait pu discuter de cette thématique avec toi. Lui n’est resté que 2 ans en Suisse, travaillait aussi dans le coin de Genève (encore un! ;)) et est parti car trop de Français au mètre carré et disons c’était mal vu. J’en n’en écris pas plus car ne voudrais pas parler à sa placer et déformer ses paroles et son expérience. Ceci dit, il n’a jamais tenu les propos virulents de Marie Maurisse: il a vécu son expérience en Suisse, en a profité, et voilà. Chaque expérience contient ses points positifs et négatifs.

    Pour revenir au bouquin en question, je vais peut-être dire une bêtise mais m’interroge déjà quant au titre en lui-même. Pourquoi parler de « paradis »? Depuis quand existe-t-il encore des lieux sur terre que l’on peut appeler « paradis » (je ne parle pas des endroits paradisiaques style Tahiti mais des pays « parfaits »)? Ou alors sous-entendait-elle « paradis fiscal » avec ce titre?

    J’ai lu pas mal de livres sur l’expatriation, d’Américaines/Britanniques/Australiens vivant en France par exemple et me suis très peu souvent retrouvée dans leurs écrits et leur expérience. Pourquoi? Car tout dépend du milieu dans lequel on évolue et dans la majorité de ces livres, on parlait davantage « cocktails » façon « fête chez l’Ambassadeur » que de marchés typiques français par exemple. Ainsi je m’interroge quant à l’auteure de « Bienvenue au Paradis » et à son expérience: « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ».

    Quoi qu’il en soit, je tiens à te féliciter encore une fois pour ton très bon article et ton raisonnement fondé.
    Bisous à toi,
    Stéphanie
    xxxx

  5. Ce livre qui énerve les Suisses ! Vraiment ?
    Et j’ai lu le « Bienvenue au paradis » : La plume d’un journaliste est beaucoup différente de celle d’un écrivain ; le reste c’est une question du style et de talent. Un brin de statistique :
    23% des Suisses ont déclaré le français comme langue maternelle, 11% des Romands consomment un à quatre livres par an. Combien des romands vont acheter vraiement ce petit bouquin provocatif de Madame Maurisse ?
    Jean Thomas Weber, « suisse toto/expatrié », journaliste libérale

    • Kantutita says:

      Eh bien, vous avez dû manquer les réactions sur les réseaux sociaux: même sans l’avoir lu, les Suisses romands ont eu une réaction très forte contre ce livre, ou plutôt son auteure depuis ses passages dans les médias! J’ai même dû supprimer des commentaires déplacés sur la page Facebook du blog -alors qu’habituellement il n’y a pas de dérapages.
      Difficile à imaginer, mais le thème ne laisse pas les Romands indifférents!

  6. DF says:

    Je me suis permis de vous citer au sujet d’un autre livre, « Incohérences » de José Seydoux: le thème (un regard critique sur la Suisse) m’a paru voisin, et je crois que des résonances ne manquent pas de naître antre l’ouvrage de José Seydoux et celui de Marie Maurisse (que je n’ai pas lu, honte à moi). C’est ici:

    http://fattorius.over-blog.com/2016/07/incoherence-quand-tu-nous-tiens.html

  7. Camille E says:

    Bonjour !
    En tant que binationale (comme Camille qui a posté le 1er commentaire !), je me sens vraiment concernée par ce genre de débats – je n’ai néanmoins pas lu l’ouvrage en question, à vrai dire il ne m’attire pas du tout…
    Je tenais juste à préciser qu’en France aussi, la préférence nationale existe bel et bien, elle ne porte juste pas son nom et n’est pas vraiment assumée ! Un exemple concret : la TPE française m’employant a dû justifier sa volonté d’embaucher une jeune personne originaire d’un pays des Balkans (hors UE). Cette personne a suivi une partie de ses études en France et il se trouve que son profil correspondait parfaitement au poste ouvert.
    Il a fallu que l’entreprise justifie qu’elle n’avait pas trouvé de candidat idéal français et dans un 2nd temps venant d’un autre pays de l’UE. Il a fallu assurer un nombre incalculable de démarches administratives pour la boîte et pour la personne, ainsi que pour elle en complément des examens de santé renforcés (au-delà de la visite médicale d’embauche) que j’ai presque trouvés humiliants.
    Tout est désormais terminé mais les étapes ont été laborieuses !
    Il ne faut donc pas se voiler la face sur ces procédés.
    Longue vie à ce blog et salutations à tous !

  8. JP says:

    Ah là dessus j’aurais pas mal de choses à dire!! Et franchement plutôt dans le sens opposé à celui de ce livre! Alors oui, en suivant l’actualité on ressent parfois une forte tension dans les zones frontalières. Mais c’est les actualités et ils parlent donc des problèmes quand il y en a!
    Comme je vis en Suisse alémanique et en zone frontalière (Oberes Rheintal, à la frontière avec l’Autriche et le Liechtenstein), je peux témoigner de ce que c’est ici. Déjà, être français ne pose aucun problème. Juste qu’on me demande toujours si je viens de Suisse Romande. Quand je réponds que je viens de France, je ne ressent absolument rien de spécial. En arrivant ne savais pas si je devais m’attendre à une réaction positive ou négative au fait que je sois français et non romand, en raison des clichés! Allaient-ils mal me percevoir parce que je suis étranger? Ou au contraire bien parce que je ne suis pas un de ces maudits Welches? Du coup maintenant c’est plus devenu une blague.
    Ici, en dehors des classiques clichés entre voisins, on arrive à ressentir une certaine animosité (mais qui reste anecdotique) envers les allemands. Par contre rien contre les autrichiens ou les liechtensteinois! D’ailleurs ces deux pays partagent la même opinion face au voisin du nord… Très probablement le même mécanisme défensif que pour les romands face aux français! Et là ils sont trois à pouvoir s’unir contre le grand méchant…
    Sinon niveau « frontaliers », il n’y a pas les tensions qu’on peut rencontrer à Genève ou au Tessin. De toute façon ici tout le monde est frontalier. Je le suis moi-même, je travaille au Liechtenstein, comme beaucoup de monde ici. Et contrairement au reste des régions frontalières, personne n’y trouve à redire, vu que de toute façon il y a plus de frontaliers au Liechtenstein que d’habitants. Donc l’argument du « il nous prennent nos emplois » ne tient pas!
    Comme mon expérience personnelle m’a montré que ces histoires tiennent beaucoup plus du cliché qu’autre chose, j’ai tendance à aborder le sujet avec humour. Quand je parle avec un romand, je lui dit qu’il a quatre bonnes raisons de me détester: je suis un frouze, je suis un immigré en Suisse, je suis (géographiquement) un peu bourbine, et je suis frontalier! Du coup il rigole.
    Sinon, dire que les suisses (ou n’importe qui d’autre) sont fermés, c’est une grosse blague. Il est vrai que culturellement un suisse et plus réservé qu’un américain par exemple qui va tout de suite t’appeler « my friend » (oh! un cliché!), mais où qu’on soit dans le monde, quand on arrive dans un nouveau lieu, qu’on rencontre de nouveaux gens, on va forcément avoir du mal à se faire de vrais amis. Tous les autochtones ont déjà leur cercle d’amis, depuis leur enfance, il est difficile de s’insérer dans un cercle. Mais en s’y donnant les moyens c’est tout à fait possible.
    Pour ma part, j’ai un cercle d’amis ici assez simple: mes collègues non locaux! Comme on est tous dans la même galère, ça crée des liens! Mais ça n’empêche pas du tout qu’on se fasse des amis locaux en plus! Juste qu’au début, ça aide.

  9. verhoeven says:

    Bonjour
    Je ne découvre ce blog que maintenant. Trop tard puisque vous voilà repartie pour d’autres cieux
    Je suis une genevoise installée à Montpellier depuis plus de 30 ans et, donc, en partie assimilée française, même par ma propre famille.
    Je ne peux parler que de Genève où il y a indéniablement une xénophobie anti-frouzes mais j’ai plus l’impression que la partie se joue à chauvin/chauvin et demi., l’un répondant à l’autre, souvent à partir d’idées préconçues ce qui n’est pas toujours plaisant à entendre de part et d’autre.
    Les français ont un peu tendance à voir, en général, les pays francophones comme une sorte de « banlieue » et les francophones comme des provinciaux. Ces derniers doivent un peu s’accrocher pour imposer leurs identités et leurs particularité culturelles, qu’ils soient Suisses, Belges ou Québécois, non sans une certaine exaspération.
    Les frontaliers qui proviennent, eux même, de la « banlieue » de Genève et qui se hasardent sur le terrain du chauvinisme, sous-estiment, sans doute, celui des Genevois et des Suisses et c’est un sport national ;-)
    Au plaisir de vous rencontrer un jour, j’espère
    Félicitations pour ce blog

    • Al Legra says:

      Pourquoi imposer une particularité et identité culturelle?On a déjà la nouvelle imposition fiscale:)

      .C’est normal que nous gaulois n’ayons plus envie ,à force:)On parle moins des chicanes belgo- romande des expats en France:mais j’en connais un rayon…Et en plus ça fait de la pub pour grossir les rangs flamands et schwyzdütsch.J’ai trouvé la solution:être flamand- français:)-romanche:)

      J’attends maintenant l’adoubement de la conseillère fédérale Marie -Thérèse Porchet née Berhelet .Elle m’a déjà donnée une leçon de géographie suisse .Mais si elle sait que j’habite à Bâle elle va adorer:)un bourbine français:le comble!:D Elle est bien dans la secte du soleil.Je me suis déjà taper les allemands quatre ans :envie de changement germanique euh alémanique pardon:)

      Par contre ,quelque soit le francophone tu passes quelques années à Paris ,Londres tu reviens après à Bruxelles ou Genève:logique que tu trouves ça « provincial »:)C’est pas forcément dédaigneux,ça peut être la réalité.Tu es sorti de l’esprit canton ou wallon qui bouge peu sinon pour aller dans le banal Sud ou à la « mer ».Tu as donc changé tes repères géographiques et ton périmètre culturel en vivant dans une autre échelle.ça déphase:)et te fait changer.

      La banlieue ,ça n’a rien à voir avec le fait que les autres pays francophones le seraient .Ce sont des ghettos chics et défavorisés à Paris ,Lyon avec une culture spécifique .Mais quand on connait mieux :il y’a des opportunités insoupçonnées culturellement à en profiter:)Pas forcément une zone à éviter.L’Odysseum,j’en suis moins sûr:)

  10. Céline says:

    Je me rappelle avoir passé une nuit à Montpellier et ne pas trouver mon hôtel. Je me dirige vers un groupe de personne et demande si quelqu’un peu m’indiquer le chemin. Tout sourire un homme me dit: « tu as un drôle d’accent, tu viens d’où? ». Je lui réponds avec le même entrain que je suis suisse! Et là l’homme perd son sourire et me dit – » ouais c’est par là bas » .

  11. William says:

    l’étranger, c’est celui qui n’habite pas dans mon village …
    et celà on le trouve dans tous les villages du monde !
    très belle autodérision : https://www.youtube.com/watch?v=lvXSPm68jhE

  12. Geri says:

    Facile de dire « ça n’existe pas « quand on est pas français et qu’on ne subit pas ça au quotidien. On est obligé de ne rien dire, d’être discret, et d’encaisser parce que si on élève la voix, on nous dit que « c’est normal, on est français, et donc grande gueule »… dès que l’on dit quoi que ce soit pour se défendre, on s’en prend plein la figure. Si peut de personne parle de la francophobie, c’est pour ça! Ça ne veut pas dire qu’elle n’existe pas! Et c’est pas faute d’avoir fait du bénévolat dans des associations ici, d’avoir fait des activités avec les gens de mon village, de m’être intéressé à eux, d’avoir été discrète, de ne l’as pavanercomme ils disent. Rien n’y fait… Même ma fille me demande pourquoi on n’aime pas les français ici…
    mais vous avez raison, plutôt que de reconnaître quoi que ce soit, il vaut mieux dire ( encore) que les français sont mal aimable, pas serviable, qu’il n’aime pas les Suisses, etc… je ne m’attendais pas a mieux!
    Enfin si, quelqu’un qui va me dire « ben il faut rentrer chez vous alors »…

  13. Francine Sidler-Sicard says:

    Jj’ai lu le livre de Marie Maurisse et me suis bien amusée. Française, mariée à un suisse et établie en Suisse depuis bientôt 48 ans, je ne peux que confirmer tout ce qui a été écrit dans ce livre. Je confirme la faculté des suisses à critiquer tout ce qui est étranger à eux (et tout particulièrement les français de la part des romands) et souvent avec une incroyable venimosité et par contre leur incapacité à faire leur propre auto-critique. Je suis arrivée à creuser ma niche dans ce pays où sont nés mes enfants et passer outre leurs remarques stupides et méchantes et n’hésite pas à remettre leurs pendules à l’heure. Oui les suisses sont très xénophobes! Je suis arrivée à la conclusion que les suisses souffrent d’un énorme complexe d’infériorité qu’ils compensent en rejetant les autres.

    • kantutita says:

      Merci pour votre témoignage. Que c’est dommage comme attitude!
      Remettons les pendules à l’heure comme vous dites des gens qui se permettent des remarques méchantes et déplacées :/

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