Mots suisses : tome 5 des helvétismes sur le blog Yapaslefeuaulac - Rubrique langue française et linguistique!

Helvétismes 5: mes mots suisses, le retour

Publié le 12 janvier 2017 | Par kantutita | Langues & Francophonie

Langue française: la suite de la série dédiée aux helvétismes, avec le tome 5 de mes mots suisses insoupçonnés, et parfois insoupçonnables!

Voir aussi: les autres billets sur les mots suisses

Ils ont recommencé! Ces derniers temps, mes mots suisses ont souhaité s’exprimer, laissant mes interlocuteurs français perplexes. Cela se passe ainsi: j’utilise une expression, et soudain je doute… Cela se dit-il vraiment dans l’Hexagone? L’assistance assène un non sans recours. Et je sors mon carnet pour la noter!

Parfois, c’est aussi en tapant un mot que Word me souligne en rouge, comme s’il n’existait pas, que j’identifie une de ces expressions suisses discrètes. Et l’autre chasseur d’helvétismes dans mon foyer, c’est mon mec, qui pointe du doigt d’un air réjoui ceux qu’il identifie dans mes phrases!

Parce qu’amis français, je dois vous dire que quand on apprend à parler notre langue, le français, en Suisse romande, on ne nous explique pas à l’école que tel mot n’a pas cours à l’étranger (et même dans le canton d’à côté parfois!). Aucune étiquette ne nous permet de distinguer nos mots suisses de nos mots français « internationaux ». À part bien sûr ceux qui sont célèbres (panosse, rapicolant, cornet, vigousse…), mais ne forment que la partie visible de cet ice-berg linguistique.

Donc on apprend à l’usage. Ces nouveaux mots dont je vous parle, je n’avais pas compris qu’ils étaient typiquement suisses avant tout récemment!

Et c’est bien sûr mon point de vue suisse que je vous livre, parce que certaines de ces expressions considérées comme helvétiques ont aussi cours en Savoie, en Franche-Comté et peut-être ailleurs dans la francophonie! Souvent, il y a aussi des mots qui sonnent comme désuets à l’oreille des Français, mais qui sont plus couramment utilisés en Suisse (souliers par exemple).

Mais bon, ça suffit avec les explications, je vous livre mes délicieux mots helvétiques!

Expressions typiquement suisses: volume 5

Avoir les étours

« Oh, j’ai les étours! » J’ai lancé cette phrase dans un moment de détresse, j’étais un peu malade fin décembre et la tête me tournait. Mesquin et sans compassion, mon Français n’en a retenu qu’une chose « Ah ben ça aussi c’est suisse, note-le. »

Elle m’a râpé dessus!

Râper dessus, cela veut dire agresser verbalement…  (À prononcer « râper d’sus » ;) )

Exemple:

« Elle m’a râpé dessus! » en parlant de la voisine qui vous a engueulé… ou de sa chienne qui vous a aboyé dessus!

Celui-ci, je ne l’ai trouvé nulle part sur le web (je fais des recherches sur google.ch pour voir si des mots n’existent que sur des sites suisses), ni dans mon dico du suisse-romand. Par contre il est dans mon précieux dictionnaire du parler neuchâtelois et mon père, bon neuchâtelois, l’utilise couramment!

Un gribouillon

Au début je ne le croyais pas, tant cela me semblait incongru, mais mon Français insistait: « en France on dirait un gribouillis, et non un gribouillon ». Comme je ne le trouve pas dans mon Larousse, je dois abdiquer. En Suisse, on dit les deux dans mon souvenir!

Et vous dans les régions de France, que dites-vous?

Exemple: « La maîtresse d’école: Les enfants, ne faites pas des gribouillons dans les marges de vos cahiers de dictée! Je veux que tout soit propre en ordre! »

Les traitillés

Que du très logique: les traitillés en Suisse sont des équivalents des pointillés, mais avec des traits!

Traitillé: _ _ _ _ _ _

Pointillé: ………………

Il faut être pointilleux pour avoir noté la différence! Mais en France les traitillés ne se disent pas…

Exemple: « La maîtresse d’école: Les enfants, notez bien votre nom sur les traitillés en haut de la page! »

Extra bleu ciel!

C’est très familier et je ne connais pas un million de personnes personnellement qui l’utilisent, mais l’expression extra bleu ciel est particulièrement savoureuse, vous ne trouvez pas?

J’ai demandé à mon père de vous l’expliquer:

« C’est une expression qu’on utilise par exemple quand quelqu’un te fait un cadeau, et quand tu l’ouvres, c’est pile poil ce que tu aurais voulu, il y a une idée de surprise et de bonheur à la fois! »

Exemples:

« Extra bleu ciel! Ce cadeau alors, il me plaît!! »

« On se retrouve quand demain… ça te va à 14h devant la patinoire? » « Mais c’est extra bleu ciel! »

« La maîtresse d’école: Vous avez DÉJÀ tous fini l’exercice? Heeeeu mais c’est extra bleu ciel alors! »

Je suis servie!

Quand on dit « je suis servie! » à la fin d’un repas, cela veut dire en fait « Je n’ai plus faim, j’ai fini de manger »

Exemple: « Je te ressers? » « Non merci, je suis servie. » = merci bien je suis plein!

Donc si un Français vous demande (comme moi à Noël) si vous êtes servis durant le dîner, attention aux quiproquos!

En Suisse, quand on demande à quelqu’un s’il est servi, on veut savoir s’il a fini de manger.

J’ose?

Oser s’utilise dans un sens différent en Suisse… Il y a toute une série d’expressions où on va utiliser le verbe « oser » pour avoir la permission. Ce qui semble étrange aux Français, pour qui oser signifie avoir l’audace, le courage, l’impudence de faire quelque chose (je reprends les termes du Larousse!)

C’est vraiment tellement courant en Suisse que j’ai mis du temps à le noter… J’adore!.

Exemples:

– Est-ce que j’ose te poser une question? Est-ce que j’ose te demander un service?

Une ado à ses parents: J’ose sortir ce soir?

– Il n’y a pas beaucoup de place dans le train, j’ose déplacer vos affaires?

Sans autre

Toujours dans le registre de la politesse, il y a une expression bien utile à noter: « sans autre ». Difficile à croire que les Français s’en sortent sans, n’est-ce pas? Ça m’étonne toujours d’apprendre que certains mots hyper utiles de mon vocabulaire sont inconnus de l’autre côté de la frontière! Son sens: sans façon, sans problème

« Vous pouvez sans autre poser votre valise ici »

« Vas-y sans autre » est un synonyme de « Fais seulement! » (voir Helvétismes, tome 4)

« Tu peux sans autre venir me rendre visite vers 14h demain aprèm. »

Bonus: pécloter

Cela veut dire « qui ne marche pas très bien » quand il s’agit d’une machine, et avoir une santé défaillante quand on parle d’une personne. Eh ouais, je crois l’avoir utilisé ces dernières années sans me douter qu’en France cela ne serait pas très clair.

Exemples:

Mon boguet péclote! (« Boguet » est un synonyme de vélomoteur en Suisse. Quand j’étais jeune ça faisait vachement plus in de dire « J’viens en boguet que « J’viens en vélomoteur »)

« Ça péclote! » = ça marche mal

« Bonjour Madame Dubied, ça va la santé? » « Oh, ça péclote! »

À ne pas confondre avec « pétouiller » qui veut dire traîner…

 

Vous en voulez encore? Retrouvez les 4 autres tomes dédiés à mes mots suisses sur le blog!

 

Mes sources pour la série sur les helvétismes:

Le dictionnaire du suisse-romand (Éditions Zoé)

Le Larousse en ligne et version papier (certains mots suisses y sont spécifiés, leur absence est aussi un indice!)

Mon précieux Dictionnaire du parler neuchâtelois et suisse romand (Éditions Attinger, 1926), ayant appartenu à ma grand-mère!

Google.ch, mon papa & le web (où je cherche des occurrences…)

 

À vous maintenant!

– Les Suisses: lesquels de ces mots avez-vous aussi essayé d’utiliser à l’étranger sans succès?

– Les Français et autres francophones installés en Suisse, les avez-vous déjà entendus? Êtes-vous prêts à les adopter?

Question pour les Français: est-ce que vous dites « Mais ça coûte un saladier! » ou parlez-vous de « cantonniers« ? Je n’arrive pas à trouver s’ils sont vraiment suisses… ou pas.

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27 Responses to Helvétismes 5: mes mots suisses, le retour

  1. xavier says:

    Bonjour, je suis le rabat-joie… ;)

    – « en France on dirtun gribouillis »: belle tentative de créer un nouveau mot, reste à en donner la signification pour ne pas commettre d’impaires lors de l’utilisation.

    – « = merci bien je suis plein! »: je ne suis pas sûr que cela se dise trop. Par chez moi on dis plutôt: « je suis repu »

    voila, voila, c’est la fin du rabat-joie

    • kantutita says:

      Bonjour Xavier!
      Haha, le rabat-joie… mais non, on est là pour discuter de ces mots!
      Je ne comprends pas bien… Veux-tu dire que tu ne dis pas « un gribouillis » en tant que Français? Je pensais que tout le monde comprenait ce mot (qui est dans le Larousse)
      Et dire « Je suis plein » ne se comprend pas en langage familier en France?

      • xavier says:

        hop une petite réponse rapide:
        – pour le premier point: rien à voir avec gribouillis, c’est l’emmêllage de doigts sur le clavier lorsque tu écrit « dirtun »

        – pour le deuxième point: « je suis plein » ressemble plus à un mot Québecois (car venant d’une traduction littérale de l’anglais: « I’m done »)

        My 2 cents

  2. Maryse says:

    Un jour j´ai dit en France qu´il tombait des seilles…..ils n´ont pas compris!

  3. Camille Legoline says:

    Perso je me défais pas de certains mots hérités de ma mère : tu ne les as pas dans ta liste je crois…
    – Bourillon
    – Encoubler

    Et as tu deja parle du galetas et de la panosse ?

    Toujours un plaisir de faire une pause sur ton blog !

    • kantutita says:

      Coucou Camille!

      Ah, s’encoubler je le dis tout le temps! Il doit être dans une mes listes précédentes (celle-ci, c’est la 5ème ! ;)
      Bien sûr que j’ai parlé du galetas et de la panosse! Des classiques héhé.

      Par contre le bourillon, c’est quoi?

      Merci de ton passage et de ton mot par ici :D

  4. Gin.net says:

    Je ne connaissais pas « avoir les étours », voici une découverte… étourdissante ;-)

    Je crois que je n’avais jamais identifié « sans autre » comme helvétisme, alors qu’on m’a déjà bien fait remarqué que mes « vas-y seulement » n’étaient pas français.

    Traitillé, je crois qu’on me l’avait déjà signalé, en voiture. « C’est bon, tu peux dépasser, c’est une ligne traitillée ». « !? »

    Gribouillon me semble aussi plus commun que gribouillis, et je suis certaine de l’avoir utilisé couramment dans mon enfance.

    Râper dessus, je ne l’utilise pas souvent, mais c’est clairement dans mon vocabulaire aussi.

    Je n’utilise pas « extra bleu ciel », mais je l’ai souvent entendu et il m’est parfaitement familier.

    Pour le « j’ose », je le vois assez comme un germanisme, traduction littérale de « dürfen ».

    Je ne crois pas utiliser « je suis servie ». En version plus informelle, dans ma famille on dit souvent qu’on a « les dents du fond qui baignent » :D

    Merci pour tes billets, j’aime les mots du terroir, et je trouve important de les faire vivre.

    • kantutita says:

      Coucou!
      Merci pour ton commentaire et tes retours sur ces mots… C’est super intéressant de voir ce que les autres disent ou pas!
      Et oui, faisons vivre ces mots régionaux! :D
      J’adore ton expression « avoir les dents du fond qui baignent » haha! Pas très ragoûtant mais bien imagé!!
      Belle semaine à toi!

  5. Erwann says:

    Bonne Année 2017 Kantutita !
    C’est toujours un plaisir de te lire.
    Ta collection d’helvétismes du jour reflète une fois de plus la proximité des parlers alémanique et romand :
    > Sans autre : ohne weiteres
    > Êtes-vous servi ? Sind Sie bedient ?
    > Faites seulement ! Machen Sie nur ?
    À noter que ces « alemanismes » sont tout aussi étranges pour les allemands que ces helvétismes pour les français.
    Quant à oser « dürfen », cela me fait aussi penser aux Belges qui utilisent « savoir » au lieu de « pouvoir ». Ce qui nous rappelle l’Allemand ou « wissen » est parfois utiliser pour « können ».
    Que les langues sont belles et intéressantes ! …

    • kantutita says:

      Bonjour Erwann,
      Merci pour tes vœux de bonne année!!
      Ah oui, merci de noter ces proximités avec le suisse-allemand… Ne le parlant pas je ne fais pas le lien!
      C’est vrai, ces expressions ne sont pas courantes en allemand d’Allemagne? C’est fou ça!
      Je n’imaginais pas que nos expressions suisses existent des deux côtés de la barrière de röstis finalement!
      Merci pour ce commentaire super intéressant et une belle semaine à toi!

  6. Monique says:

    Coucou Tatiana, j’ai aussi une petite question à te poser. Quand je suis en France, j’ai la (fâcheuse?) habitude de dire « Merci bien ». Mais il me semble que personne ne dit cela en France! Est-ce en Suisse que j’ai pris cette habitude? Ou bien est-ce que je sans le vouloir je traduis le « dank u wel » flamand »? Le pire, c’est que je ne peux pas m’empêcher de le dire!!! Qu’est-ce que tu en dis?
    Gros becs’

    • kantutita says:

      Bonjour Monique! Bonne question… Je me posais la même il y a quelques jours… Il faudrait que je vérifie si ça te dit en France ou pas, mais en tout cas en Suisse on dit « merci bien » tout le temps, c’est sûr! Donc ne t’en fais pas, tu n’inventes pas des expressions inspirées du flamand haha. ;)
      Je te redis dès que j’interroge quelques Français !
      Des becs à toi aussi, et une super journée!

      (L’autre jour j’ai écrit un SMS à une copine de type « Hello! J’amène quoi chez toi tout à l’heure? Des becs! » et elle m’a répondu « Oui, super, amène des bonbons! » J’y comprenais rien mais Hugo a décrypté le mystère, elle a interprété « des becs » pour « des bonbecs » !! Haha, ces quiproquos!!!

  7. Benoît says:

    J’ai retrouvé dernièrement cette courte vidéo qui illustre bien quelques expressions et tournure de phare bien de chez nous don
    https://www.youtube.com/watch?v=ihD6xb-Wkpg

  8. Laura says:

    Le bourillon, c’est le nombril, la question a été posée mais pour moi, pas répondue.
    Je trouve plus mignon que le « bouton » québécois.
    Au plaisir

  9. Laparisienne says:

    Euh il y a un autre post à ce sujet ?
    Quid du natel, ça joue, la quittance, régie immobilière, les fourres ?

  10. Merlin L'enmerdeur says:

    Mouais…………ben si continue à deuiller comme ça on va tchaffer dans les gouilles !!!

    Quelqu’un à compris ???

  11. Johannes Lemonde says:

    J’adore ton blog !! Littéralement.

    Suisse de cœur, mais ayant de la famille française, j’ai été moi aussi souvent témoin de la curiosité de mes proches quant à mes helvétismes :)

    S’encoubler ; t’as meilleurs temps ; vingt (prononcé vinte) ; déjeuner, dîner, souper ; fais seulement ; monstre bien ; dis-voir ! ; là-contre / là-pour ; service ! ; santé ! ; à tout bientôt ; un linge (en France : une serviette).

    S’y ajoute l’une ou l’autre chose qu’il me semble que tu n’as pas encore ^^

    Souhaiter « tout de bon » à quelqu’un, dans une lettre, par exemple.

    Ou alors un Gymnase, en parlant du Lycée et une salle de gym en parlant d’un « gymnase ».

    Ou encore Guiguer, que je n’ai pas trouvé dans le dictionnaire, mais qui, il se trouve, correspond à Guingaller (être instable), mot savoyard trouvé par hasard dans ce dictionnaire : http://henrysuter.ch/glossaires/patoisF0.html#G
    Exemple : « M’sieur, je peux changer de chaise ? elle guigue ! »
    Ou « Arrête de guiguer sur ta chaise : tu vas tomber ! », phrase ô combien de fois entendue !

    Sinon, j’ai aussi l’impression que j’utilise des tournures qui existent également en France mais qui ne s’y emploient pas beaucoup : comme « il me faudra faire des courses » à la place de « il faudra que je fasse des courses ».

    Ou alors, pour faire exprès (avec accent exagéré), utiliser des conjugaisons archaïques qui en Suisse ne dérangent pas grand monde, mais suscitent l’étonnement des francophones héxagonaux : « Il faut que j’y alle (aille) », « Je vas me coucher (je vais) », « Que tu le veulles ou non (veuilles) »

    Plus spécifiquement, les conventions pour les nombres changent aussi. Cela m’intéresse tout particulièrement car j’étudie à l’EPFL (prononcer é pé eff ell), l’école polytechnique fédérale de Lausanne. En Suisse, le séparateur décimal est le point et le séparateur des milliers est souvent l’apostrophe. Du coup on écrira 123’456.78 plutôt que 123 456,78

    Dernier point : après j’arrête ^^ La prononciation. On pourrait en faire un vaste sujet. Entend-on la différence entre pâte et patte ? Les français à ma connaissance ne distinguent rien, alors que pour moi ce n’est pas le même a. Prononce-t-on pareil « il est allé » et « elle est allé_ » ? Personnellement, j’ajoute une petite mouillure après le e aigu dans ce deuxième cas. Etc. Etc. Et le plus drôle : entendre les étrangers écorcher les noms des localités finissant par x ou z : eh oui, Bex se pronoce Bé, Château-d’Œx donne Château-d’É, et même les villes françaises comme Chamonix, se pronocent sans x dans la région.

  12. Jean-Claude J. says:

    Connaissez-vous l’expression typiquement vaudoise, au sujet d’un vin plus que médiocre et sans goût, en France on dirait « de la piquette » :
    – Ce vin est tellement plat qu’il fait le creux !
    Expressif non !

  13. Valentine says:

    Bonjour,
    cela fait déjà quelques années que je m’amuse énormément en lisant les différents articles de ce blog/site, donc merci. Il est d’ailleurs vraiment très bien fait.:)
    Personnellement, je ne suis allée en France que pour les vacances, mais cela a suffit pour je me heurte quelques fois à leur incompréhension. Notamment avec le traditionnel « Ice Tea vs Thé froid » ou le très germanisé « attendre sur », mais l’helvétisme qui m’a le plus marqué, c’est quand j’ai demandé un « cornet bricelet » pour ma glace et que la vendeuse m’a regardée avec des yeux ronds. J’ai ensuite un peu galéré à lui expliquer que je voulais « le cornet avec des petits carrés, plus foncé que l’autre et qui permet (à mon humble avis) d’avoir plus de glace ». ^^’
    Finalement, je dois avouer qu’étant vaudoise mais fille d’un neuchâtelois, l’influence de mon père me joue encore quelques tours, même en Suisse. Il utilise notamment l’expression « à Plumplitz derrière l’église » (qui signifie loin et qui sous-entend qu’il va falloir marcher:
    – « T’as parqué où la voiture ? »
    – « À Plumplitz derrière l’église. »
    – « Oh non ! »).
    Cette expression n’étant pas du tout connue près du lac (Léman, je précise :)), j’ai appris à y faire attention. Et je me demande parfois si elle existe vraiment à Neuchâtel ou si mon père l’a inventée. ^^

    Voilà c’est tout. Merci pour ce magnifique site et tous les rires qu’il a occasionnés.:)

    • kantutita says:

      Bonjour Valentine,
      Merci beaucoup pour ton gentil mot, qui me fait super plaisir!
      Sympa ton témoignage, cela m’a bien fait rire de voir que toi aussi tu galères avec certains mots suisses lors de vacances en France ;)
      Imagine ça toute l’année :D
      Pour l’expression, « à Bümpliz derrière l’église », il va falloir mener l’enquête ;) Mais… je crois avoir déjà vu ou entendu quelque chose du genre quelque part (c’est très précis je sais). (moi aussi pour certaines expressions incomprises en France je me demande parfois si ma mère ne l’a pas simplement inventée haha)
      Une très belle journée à toi!
      Et n’hésite pas à partager d’autres anecdotes par ici :)

      • Monique Mathez says:

        Coucou Kantu,

        Quand j’était petite, nous habitions à Berne et ma maman (Chaux-de-Fonnière!) employait souvent « à Bumplitz derrière la lune » pour dire que quelque chose était loin de chez nous. Et elle a continué quand nous avons déménagé à Bienne, c’est donc quelque chose que je connais bien! Et qui n’a pas été inventé par le papa de Valentine, Neuchâtelois comme ma maman.

        Dis-moi, Kantu, je me suis dit un jour (oui, ça m’arrive!!) « allé, grouille-toi » (je devais être un peu pressée!). Est-ce qu’on a déjà vu ce mot dans tes listes de mots suisses? Je ne m’en souviens pas. Mais voilà encore un mot de chez nous que j’emploie couramment, même après 50 ans de Belgitude.

        Gros becs
        Monique

  14. Daniel says:

    Salut!
    Je ris bien avec ton blog et je me sens souvent comme un poisson dans l’eau.
    Je voyage régulièrement, dans l’Europe entière, pour raison professionnelle. Ingénieur polyglotte, ayant grandi sur Lausanne, mais ayant passé de l’autre côté du röstigraben, je ne sais parfois plus qu’un mot n’est que vaudois/romand. Et du coup cela devient rigolo. Et ce que l’on vit entre romand (romandisme) et français, se retrouve aussi entre alémanique et germanique sous forme d’helvétismes (et je ne parle pas des dialectes).
    On retrouve bien sûr les septante et consorts, mais aussi le linge (de bain), le cornet (cabas) pour les commis, peller la neige, les pluches du pull quand mon pull pluche, faire une bataille de pives (pommes de pin), la patte (chiffon) et la panosse servent à poutzer, la beuse qui devrait être bouse, le bancomat (tiens, ils ne connaissent pas les murs magiques en France?), batoiller (avec des potes), voire faire schmolitz au lieu de se vousoyer, le biscôme et le zwieback pour le quatre-heures.
    Et parfois il faut corriger nos voisins… Non, le gruyère n’a pas de trous!

  15. Jerry Wham says:

    Bonjour,

    J’arrive 10 ans après la bataille mais je souhaitais faire quelques remarques sur les commentaires postés précédemment.

    Français « de souche » comme dirait l’autre (à par quelques exceptions du côté de mon père et du côté de ma mère), je me dois de rectifier certains points et dire que oui on utilise (et on comprend) en France, des expressions que vous pensez suisses.

    Si Monique Mathez me dit de « me grouiller », je ferai en sorte de me dépêcher.

    Pour répondre à Johannes Lemonde, le fait de prononcer ou pas les x ou les z des mots sont dus à la région où l’on est né et de la langue qui y était parlée jadis : au sud (la langue d’oc) et au nord (la langue d’oïl) (1). Le pays d’oc, dont la capitale était Toulouse, prononce toutes les lettres et le pays d’oïl, non. On se retrouve ainsi à prononcer différemment le nom de certaines villes en fonction de l’endroit où l’on vit.
    En occitan, on dira BLA-Ï-EU (pour Blaye)(2) mais on dira SAINT-GERMAIN-EN-LAI (pour Saint Germain en Laye)(3) pour les gens du Nord.

    Je rassure Monique : nous disons également « merci bien ». Pas tout le temps, mais ça nous arrive. Et c’est généralement lorsqu’on est contrarié (mais pas toujours).

    Pour l’expression « avoir les dents du fond qui baignent », c’est surtout quand on est sur le point de vomir et que donc on ne se sent pas très bien. Dire ça à la fin d’un repas n’est donc pas très flatteur pour son hôte.
    On dira donc plutôt, je suis repus.

    Quand Maryse dit « Un jour j´ai dit en France qu´il tombait des seilles….. », on utilise en France une expression beaucoup moins polie en disant qu’il « tombe de la merde », bref, qu’il pleut.

    Voilà pour ces précisions et félicitations pour ton blog qui permet de voir comment notre belle langue se décline selon les régions.

    (1) voir : http://www.lexilogos.com/etymologie_oil_oc.htm
    (2) voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Blaye notamment pour la prononciation
    (3) voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Germain-en-Laye et https://www.youtube.com/watch?v=sE38daTH2y0

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