« J’ai fait 8 à mon examen! »

Publié le 22 juin 2012 | Par kantutita | Expat en France

Ou « J’ai obtenu 14! » Comment réagir face à cette nouvelle sans savoir si elle est bonne ou mauvaise? J’ai tenté de trouver un moyen de convertir les notes françaises, qui vont de 0 à 20, sur l’échelle des notes suisses, de 1 à 6. Histoire d’y comprendre quelque chose!

La première fois que je suis allée en Allemagne, une étudiante m’a fièrement dit qu’elle avait obtenu un 2 à son dernier examen de maths. J’ai pensé qu’elle était vraiment nulle dans cette branche pour se satisfaire d’un tel résultat. Que nenni! L’échelle des valeurs est inversée entre la Suisse et l’Allemagne. En Suisse, 6 est la meilleure note, chez eux, c’est la pire! Assez facilement, on se comprend toutefois, puisque 1=6, 2=5, 3=4, et vice-versa.

Pourquoi je vous parle soudainement de l’Allemagne, alors que ce blog est sensé évoquer les différences entre la Suisse et la France? Non, je n’ai pas déménagé depuis la semaine dernière! C’est pour insister sur la difficulté de traduire les notes françaises pour un Suisse! Car, avec ces voisins-là, il ne suffit pas d’inverser les résultats…

Les notes, entre la Suisse et la France

Notes suisses – de 1 à 6 – avec la mention du cours d’économie familiale, soit de cuisine, que les Français nous envient!

  • En France: L’échelle des notes explose: elle va de 0 à 20, avec des échelons aux demis(« 13,5 »).
  • En Suisse: Les notes vont de 1 à 6, comprenant des échelons aux demis, comme 4,5 ou 5,5. Certains professeurs distribuent même des quarts de points (« Youpie, j’ai fait 4 3/4! ») ou des décimales (« Bof, j’ai eu 2,2… »). Cela reste toutefois rare.

 

notes françaises

Je vous ai déniché un carnet de notes français des nineties

Comme c’est la période des examens, mes amis étudiants évoquent souvent leurs résultats français. Pour moi, ils pourraient tout aussi bien le faire en chinois. Je me fie à leur sourire pour savoir s’il faut les féliciter pour leur réussite ou leur tapoter sur l’épaule avec compassion.

Moi:« Alors, comment c’est allé ces examens? »

L’étudiant: »J’ai eu 10! »

Dans ma tête je pense: « M’enfin, ils peuvent pas juste répondre « Bien! » ou « Pas bien! »… J’ai pas demandé « Quelle note as-tu obtenu » – je m’en fous c’est du charabia pour moi! »

Comme l’étudiant en face de moi attend une réaction quelconque de ma part, je réfléchis à toute vitesse. J’essaie de convertir 10/20 sur une échelle de 1 à 6. Bon, cela fait 3, c’est insuffisant. Alors pourquoi ce sourire triomphant sur son visage?

Me fiant à mes aptitudes pour le calcul mental, je lance avec compassion: « Bon ben, c’est pas grave, tu feras mieux la prochaine fois! » Coup de buzzer! Mauvaise réponse… 10 c’est la moyenne, et la moyenne, c’est ok!

Une conversion linéaire n’y peut rien, il nous faut l’aide d’un Français pour comprendre la valeur des notes. Je vous fais donc don de ce tableau de conversion!

(Enfin, de ce tableau-de-conversion-en-forme-de-liste-car-Wordpress-snobe-mon-code-HTML-<TABLE>. Pourquoi? Geeks de la websphère, éclairez-moi!)
 
Tableau universel de conversion des notes suisses et françaises
  •  Excellent Pour atteindre l’excellence en Suisse comme en France, il faut faire la note maximale: soit 6 ou 20. Il semblerait que les 20 soient très rares selon mon informateur qui prétend pourtant être un surdoué!
  • Très bien 5,5 en Suisse et 16 et 17, alors que 18 et 19 sont très très bien dans l’Hexagone (comme le 5.75 parfois donné dans des établissements suisses)
  • OK à Bien de 4,5 à 5 et de 11 à 15
  • Le seuil de suffisance est fixé à 4 en Suisse, et à 10 en France, où ils appellent cela « avoir la moyenne ». En Suisse, la moyenne, c’est uniquement la moyenne de classe, souvent calculée par les professeurs à chaque examen pour permettre de se situer par rapport à ses camarades – mais qui est aussi un outil précieux pour mesurer le degré de vicitude dudit professeur.
  • Insuffisances De 3,5 à 2 en Suisse (les 1 ou 1,5 sont rarissimes) – en dessous de 10 pour les Français, les 0 peuvent être distribués!

Tableau explicatif trouvé sur la page de garde du carnet de notes (voir photo précédente)… Mon informateur français le trouve sévère.

Avez-vous des réclamations sur ce tableau de conversion?Je ne prétends pas mériter un 20 sur 20 mais permettre aux étrangers dans ma situation de mieux comprendre ce charabia chiffré… Alors s’il y a des nuances à apporter, je vous écoute! C’est que la valeur des notes dépend aussi beaucoup de la sensibilité…

Si vous avez des anecdotes sur les exas et les notes ou d’autres réflexions sur le sujet, je suis toute ouïe et lirai vos commentaires avec grand plaisir!

Dans un prochain billet, je tenterai de brosser une autre table de correspondance sur les noms des degrés d’enseignements de la Suisse à la France – ce n’est pas triste non plus! Difficile de s’y retrouver quand un Français évoque « le collège » ou « le cm2 » alors qu’on a sagement été à  « l’école primaire » puis « secondaire », sans jamais passer par ces cases-là…

Enregistrer

25 Responses to « J’ai fait 8 à mon examen! »

  1. voyageuse31 says:

    Et tu n’as pas tout vu ! Pour les plus jeunes (et pas partout ! ce serait trop simple), il y a des systèmes de notation sur 10 points (10 étant la meilleure note) ou des systèmes par lettre de A (excellent) à E(nul) ! Compliqués ces français !!

  2. Cynthia says:

    D’après ce que j’ai compris, en France c’est presque impossible d’avoir 20 parce que la perfection n’existe pas.

  3. Je découvre ce blog ainsi que le problème des notes françaises avec délices !

  4. Gally says:

    Pour le 20/20, tout dépend de la matière. Il est tout à fait possible et finalement fréquent de faire un 20/20 en math, un exercice peut être résolu parfaitement. Tandis que pour une dissertation, les critères de notation sont bien plus subjectifs.
    Mention spéciale pour le bac cependant. En effet, pour mettre un 20, les correcteurs doivent remplir un rapport justifiant la perfection (même exercice pour un zéro d’ailleurs) Par « facilité », le 20 y est donc assez rarement attribué. L’élève peut tout à fait se contenter d’un 19 qui reste une excellente note et ne fera surement pas de réclamation….
    Sinon, je suis tout à fait d’accord avec le petit tableau en image.

  5. Kantu says:

    Merci de vos commentaires! Voyageuse31, tu m’éclaires sur ces 10/10 découverts sur le carnet. Et Gally, c’est sympa d’expliquer aux Suisses le principe du 20/20… Tu m’étonnes qu’on en distribue pas souvent au bac, s’il faut en plus remplir un rapport! Sympa de partager ces détails que j’ignorais totalement!! :)

  6. JP says:

    Intéressant cet article sur les notes suisses. Mais dois-je cependant en déduire que les notations sont beaucoup plus subjectives?
    Je suis tout à fait d’accord avec le tableau des appréciations, à un détail près: Il n’est valable que jusqu’au bac, les études supérieures étant beaucoup plus variables. À la fac, et dans beaucoup d’universités, l’essentiel est de valider son examen donc beaucoup visent la moyenne et se contentent comme tu l’as dit d’un 10. Mais dans d’autres cas, la perception est tout autre.

    Je parlerai de mon expérience des classes préparatoires (la Prépa, que vous ne connaissez probablement pas en Suisse). Mis à part le concours final où il vaut mieux avoir le meilleur résultat possible, lors des DS (devoirs surveillés, qui en prépa ont généralement lieu tous les samedi matin), il arrive régulièrement de s’extasier sur un 6 ou un 7!
    Le tableau des appréciations a encore moins de sens lorsque le professeur utilise le principe suivant: les exercices rapportent un certain nombre de points qui sont additionnés pour donner un score, puis le professeur prend le meilleur score et lui attribue un 19 ou un 20/20, le moins bon score et lui attribue 0 ou 1/20 (selon l’humeur) et toutes les autres notes sont réparties entre ces deux valeurs.

  7. Kantu says:

    Bonjour JP! Merci pour ce complément d’information! Décidément, malgré mes efforts, j’ai de la peine à mettre ces notes françaises en contexte… Tes exemples montrent bien que la perception varie beaucoup selon le degré d’études!

    Par contre, non, en Suisse, les notes ne sont pas du tout subjectives! Ai-je donné cette impression? Les professeurs font des barèmes, mathématiques ou pas, et attribuent à chaque total de points une note. (Ex. 57-60/60 points = 6, 53-56/60=5.5, etc). L’échelle est moins grande, mais il y a une même rigueur qu’en France!

  8. Robin says:

    Merci pour ces explications! J’y vois un peu plus clair maintenant, et je me disais que l’échelle ne devait pas être linéaire.
    Par contre, j’ai toujours employé l’expression « avoir la moyenne » et je viens du Valais.
    Autre point, en Allemagne, la moyenne est aussi de 4 malgré l’échelle inversée. Ayant étudié au gymnasium pendant une année, je dirais que l’échelle se traduirait plutôt par 1=6, 2=5.3, 3=4.7, 4=4, 5=2, 6=1

    • Kantu says:

      Un Valaisan! Bienvenue!
      Eh bien! Merci à toi pour ces intéressantes précisions sur l’échelle en Allemagne. Je ne me doutais pas de cette subtilité!
      Sinon, les Français disent « avoir la moyenne » pour avoir 10, ce qui ferait 4 en Suisse – alors que, en tout cas dans mon canton de Neuchâtel, on disait « avoir la moyenne » par rapport à la moyenne de la classe – qui se situait heureusement au-dessus du seuil de suffisance!! C’est plutôt cela la différence – mais on utilise bien sûr aussi cette expression!

      • Laure says:

        Bonjour! Je suis vaudoise. Quand j’étais à l’école, il y avait des abréviations en 1ère primaire (ancien système, soit 3ème Harmos): I pour insuffisant, S pour suffisant, AB pour assez bien, B pour bien et TB pour très bien. Puis des notes de 1 à 10 (0 réservé aux cas de triches), avec une moyenne à 6, jusqu’au bac. Lequel bac était un papier uniquement cantonal, mais qui donnait automatiquement droit à une maturité fédérale, notée sur 6. Nous recevions donc deux papiers, dont l’un après conversion (pas du tout arithmétique) de nos notes sur 10 en notes sur 6. A l’uni, les notes étaient sur 6.
        Actuellement, mon fils en 3ème Harmos a aussi des abréviations, mais différentes (NA = non acquis, PA = partiellement acquis, A = acquis, AA = acquis avec aisance et LA = largement acquis). Il aura ensuite des notes sur 6. Tous comptes faits, le système de notation français me paraît plus logique.

        Sinon, l’expression « avoir la moyenne » pour avoir des notes suffisantes pour passer son année était utilisée systématiquement. D’ailleurs, si elle ne l’est pas à Neuchâtel, par quoi la remplacez-vous?

        • kantutita says:

          Coucou Laure, merci pour ces infos! On se rend compte à quel point on a tous connus des systèmes différents c’est fou!
          J’ignorais qu’il y avait eu des notes sur 10 dans le canton de Vaud.

          Eh bien, pour moi qui ai fait ma scolarité à Neuchâtel, on disait « j’ai fait mieux que la moyenne (de classe »), que les profs nous indiquaient pour savoir si on était au-dessus ou au-dessous du niveau moyen de la classe. Pour dire qu’on avait une note passable, on disait que c’était « suffisant » (donc note de 4 ou plus, pas glorieux mais suffisant pour passer l’année). Et en-dessous, on disait, « j’ai fait une insuffisance » si je me souviens bien de l’expression.

          J’avoue que je préfère largement la notation sur 6, car c’est celle que je connais!

          Une belle semaine à vous, et merci pour votre mot sur le blog!

  9. Nathalie says:

    Je ne sais si c’est encore le cas, mais dans mon Chablais français, quand j’étais à l’école primaire, jamais je n’ai eu de note, mais toujours des appréciations allant d’excellent à très insuffisant. Mes premières notes, je les ai eu à partir de la sixième. Et j’avais aussi ce système de couleur, qui mettait en valeur l’appréciation. exemple, on pouvait avoir un très bien vert signifiant qu’il était bon, ou bleu, signifiant qu’il était limite, le bien n’était pas loin mais n’aurait pas été mérité. Subtil…
    Et jamais je n’ai eu de lettres durant toute ma scolarité.
    Qu’en est-il aujourd’hui, je serais curieuse de le savoir…
    Et je confirme que le 20/20 était très difficile à obtenir, même en maths, car alors le raisonnement et la propreté (lisibilité) du devoir était considéré, et la perfection était rare, surtout côté raisonnement, pour moi le raisonnement était évident, donc je faisais sans m’en rendre compte des raccourcis, au lieu de mettre étape par étape (et franchement, à quoi ça sert tant qu’on voit la voie suivie). Aujourd’hui je crois que l’orthographe est prise en compte.
    Et je suis bien d’accord que considérer seule la moyenne pour la note obtenue ne veut rien dire, c’est plus la position par raport aux autres résultats de la classe qui signifie quelque chose.

  10. Olivier says:

    Et bien, que diriez-vous si vous étiez en terres anglo-saxonnes?!
    Chez eux les notes sont sur 100.
    Ainsi qu’au Japon d’ailleurs (dans le secondaire, ensuite, à l’Université ce sont des lettres, comme dans les pays anglo-saxons, en fait…).

    • Kantu says:

      Nooon? Eh bien, je l’ignorais! Les correspondances ne doivent pas être faciles à calculer non plus…

    • Maria says:

      Perso, j’ai trouvé que les notes de mes enfants sur 100 (lorsque nous habitions en pays anglo-saxons) beaucoup plus compréhensibles que la notation qu’ils ont actuellement sur 20 en France. En effet, sur 100 il s’agit souvent d’un pourcentage. « Avoir la moyenne » signifiait 60%.

  11. MCM1974 says:

    Bonjour,

    En France dans certaines université il y a aussi des notations sur 100.

    Convertir une note sur 100 en une note sur 20 est facile !
    Il suffit de divisé par 5 la note sur 100 !

    Par contre pour convertir une note sur 100 en une note sur 6 c’est plus dure mais pas compliqué !
    Il suffit de divisé par 16,666666666666666666666666666667 la note sur 100 !

    En France il existe plusieurs notations !
    Voici une liste non exhaustive : 5, 10, 20, 50, 100, les lettre de A à F, les notations par mots (excellent, très bien, bien, assez bien, moyen, peut mieux faire, n’a rien compris, …).

    Délimiter la notation d’ordre général par un type de notation la plus utilisé (20) est très subjective.

    Bref le plus important est d’avoir obtenu l’examen (avec ou sans mentions).

  12. maude says:

    Pour la note 18-17 en France c’est souvent équivalent à notre 5.75 qui est très souvent donné en tout cas quand j’étais au lycée à Neuchâtel il y a 10 ans de cela ?

    • Kantutita says:

      Ah oui, je me souviens, j’étais aussi au lycée à Neuch (DDR) et on y avait droit! J’avais oublié cette subtilité ;)

      • Alainmonk says:

        Ah tiens ! Le DDR ! J’y ferai ma première année à partir de Lundi qui vient. Est-ce que le « salon coiffure » en début de première année existait déjà ? Parce que si c’est le cas, il est toujours là !

        • Kantutita says:

          Oh un lycéen du DDR par ici! Mais bienvenue :)
          Bon mon entrée dans cette vénérable institution date (je souffle mes 31 bougies) mais le coupage de tifs était au programme… de façon moins officielle qu’aujourd’hui! Bon courage pour ces 3 années!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *