Escargot, bulot, taureau.

Publié le 9 décembre 2012 | Par kantutita | Expat en France, Gastronomie, Gastronomie française

Avez-vous déjà goûté… des spécialités françaises un peu étranges? Voici trois expériences gastronomiques surprenantes, de l’avis d’une Suissesse expatriée non loin de la mer.

Cet article participe à l’événement inter-blogueurs « Voyager blogs » organisé par le blog Le coin des voyageurs. Le thème de cette deuxième édition est: 3 expériences gastronomiques surprenantes en voyage.

Ok, je ne suis pas vraiment « en voyage » vu que j’ai momentanément déposé mes valises à Montpellier, mais je découvre la culture française avec un regard de touriste. En tout cas quand on m’apporte des poissons grillés entiers ou des escargots de mer pour l’apéro!

Je n’arrive peut-être pas à la cheville du voyageur Petitgris ayant goûté du cochon d’Inde grillé au Pérou, mais étant peu habituée à certains mets français, j’ai ressenti une certaine appréhension en voyant débarquer à table…

1. LES ESCARGOTS

Service à escargot avec des assiettes spéciales et des pinces et fourchettes à deux dents conçues pour arracher les gastéropodes à leurs coquilles. Image issue de ce site marchand.

Jamais je n’avais goûté à de la chair de gastéropode en Suisse. Les gastronomes avertis en consomment – mais pas moi. J’ai passé mon enfance à me faire baver sur les mains par ces petites créatures que nous considérions comme des animaux de compagnie avec ma sœur. L’idée d’en manger ne me semble ni ragoûtante ni réjouissante.

Visqueux, baveux, mous – voilà comment j’imaginais ce plat, que je me suis efforcée de goûter durant mon séjour en octobre à Paris. Pas folle la Suisse, je me suis contentée d’en voler une fourchetée dans l’assiette de mon Français, qui lui n’a pas froid aux papilles de naissance. Le verdict de ce moment solennel:

Mon premier et dernier escargot

« Schmouak – schmouak – glup. Mais… ce n’est pas gluant ni visqueux! »

Mon Français hoche la tête, fier de son patrimoine culinaire, sa cuillère spéciale pour sortir les escargots de leur coquille à la main. Son sourire ne s’évanouit même pas lorsque je dis…

« … par contre, cela a un goût de… terre! »

« Ben, l’intérêt, c’est la sauce qui va avec! »

Moi je me dis que, si l’intérêt c’est la sauce, je la mangerai plutôt avec un morceau de pain.

Edit 3 ans plus tard: Maintenant j’en mange à l’occasion sans faire la grimace! Il m’a fallu le temps de m’habituer…

Passons au deuxième plat surprenant :

2. DES BULOTS POUR L’APÉRO

Encore des escargots! Mais cette fois, ils sont marins. Je précise que la Suisse, c’est loin du bord de la mer et que je n’ai jamais été habituée à manger des produits de la pêche (à part les perches du lac). Alors quand, pour l’apéro, je vois arriver ce plat magnifique chez la cousine du bord de la Méditerranée, j’ouvre de gros yeux.

On m’explique que ce sont des bulots, des escargots de mer. Et que non, ils n’ont pas du tout un goût d’escargot (à la fois, l’escargot que j’ai mangé avait une saveur terreuse qu’il serait étrange de retrouver dans les fonds marins). Illumination: « Est-ce que ça a un goût de sable? » -« Mais pas du tout! Où vas-tu chercher ça? » « Alors ça a un goût de quoi? » « -Un goût de bulot, c’est un peu iodé quoi. » Je n’en saurai pas plus, car ma fourchette a refusé de piquer la chair de ces bêtes-là. Même avec du délicieux aïoli, sauce traditionnelle provençale qui les accompagne.

Dans l’assiette d’à côté, un autre met d’apéro des bords de mer me lorgnait de ses dizaines de petits yeux vides. Des « joels » (prononcé « jole »), soit des minuscules poissons grillés entiers, qui se mangent avec les yeux et tout. Ils ont la taille d’un poisson d’aquarium, sauf qu’ici les autochtones les mangent comme des chips.

Pour une fois, j’étais contente qu’il y ait des olives. Je n’ai rien d’une aventurière du palais.

Edit: Bon, depuis j’en ai goûté un de chaque à cause de la pression sociale. Pas vraiment d’avis – sauf que manger un petit poisson avec les yeux cela m’impressionne trop. Je suis une chochotte!

Là, en 3., après les escargots, vous croyez que je vais vous parler de cuisses de grenouilles –  ce plat barbare typique, qui a valu aux Français  le sobriquet de « Frogs » donné par leurs amis anglophones. Eh non.  J’ai déjà lorgné sur des paquets de cuisses de grenouilles congelées au supermarché… et j’ai vite passé mon chemin en pensant aux rainettes aux pattes glacées de mon coin de forêt suisse.

3. LA GARDIANE DE TAUREAU

C’est aussi près d’Aigues-Mortes et du bord de mer que j’ai découvert la viande de taureau, lors d’une visite dans une manade. Il faut vous expliquer que la race de vache camarguaise est appelée « toro » tous sexes confondus. Donc quoi – je vous parle de manger du boeuf? Non! Le toro a un tout autre goût, plus fort, plus proche du gibier… Avec sa sauce, il m’a rappelé un peu la chasse, soit le plat de morceaux de cerf que l’on mange dans ma région.

Un délice! Et le taureau de Camargue se déguste…avec du riz de Camargue bien sûr!

Je vais m’en resservir et laisser tomber escargots, bulots et autres plats zétranges. Et vous alors? Quel est votre top 3 de bizarreries culinaires françaises?

Pour découvrir mon avis sur d’autres spécialités gastronomiques françaises, rendez-vous ici! Je me moque du cervelas alsacien et des mangeurs compulsifs de pains à tous les repas ;) Sacrés Français!

 



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5 Responses to Escargot, bulot, taureau.

  1. Sylvie says:

    J’adore le ton de ton article qui me fait bien rire :) ! Et même si j’aime les escargots et les bulots, je comprends bien ton dégoût… d’origine culturelle ! Merci pour ta participation !

  2. Cool ce billet! Personnellement, les escargots me dégoûtent vraiment…je reconnais que la sauce est bonne mais suis tout à fait d’accord avec toi: autant la manger avec du pain! ;-)

    Quant au bulot, malgré le fait d’être Bretonne et d’avoir été élevée aux fruits de mer, je ne suis pas fan non plus…Trop caoutchouteux pour moi!

    La Gardiane de taureau, jamais testé, mais j’avais goûté du taureau en Espagne, et le goût est trop fort pour moi!

    Bon, mais à part ça, je mange de tout hein! :-p

    Laurène, du blog Carnetdescapades.com

  3. Hubert le vert says:

    Il était une fois deux escargots dit de bourgogne nommés Tatout et Tarien qui vivaient dans un carton sur un balcon. Deux petites filles s’en occupaient amoureusement, les promenant interminablement dans le jardin, 3 étages plus bas. Leur ramenant de succulentes herbes et feuilles de salades pour leur repas…
    Alors si tu avais goûté à leur congénères, ils ne te l’auraient jamais pardonné!

  4. Francis says:

    Pour le taureau, il faut savoir que, dans le Midi, la viande des animaux tués lors d’une corrida est vendue après la course par une boucherie désignée. Il faut s’inscrire en général à l’avance car c’est très demandé. Goût encore plus prononcé que le camarguais de boucherie car animal plus musclé et fatigué (acide lactique dans les muscles) comme le gibier chassé à courre…

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