#Expat Barbara, de Buenos Aires à Lausanne

Interview d’expat: Avant de venir vivre en Suisse, elle pensait qu’il y avait de la neige toute l’année et partout! Barbara Waldesbühl, née à Buenos Aires en Argentine, est venue étudier en Suisse… le pays de son arrière-grand-père! Vous devinez la suite: elle n’en est plus repartie.

→ Dans cette série d’interviews d’expats, on rencontre des expatriés qui nous racontent leur expérience.

Barbara Waldesbühl, originaire d’Argentine et installée à Lausanne, nous raconte aujourd’hui ce qu’elle aime dans sa ville d’adoption, ce qui lui manque de Buenos Aires et… son parcours. C’est aussi la femme de goût derrière une boutique lausannoise bien connue, Viva Frida! Celle-ci compte aussi un e-shop en ligne, pratique pour le shopping à distance par ces temps de coronavirus.

Une Argentine à Lausanne: interview d’expat

Barbara du concept store Viva Frida à Lausanne
Notre expat à Buenos Aires, où elle passe trois mois chaque année.

Carte d’identité: Barbara Waldesbühl, 40 ans, célibataire, vit et travaille à Lausanne, a passé son enfance à Buenos Aires (Argentine)

⁃ Bonjour Barbara, depuis quand vivez-vous en Suisse et qu’est-ce qui vous a amené à Lausanne?
J’ai décidé de venir vivre à Lausanne en 2001 pour commencer un master à l’Unil. L’idée c’était de rentrer en Argentine une fois mes études terminées… Mais la vie m’a surprise avec l’envie de rester plus longtemps que prévu! J’ai travaillé dans les ressources humaines pendant 10 ans, jusqu’au jour que j’ai décidé de me lancer dans l’entrepreunariat et d’ouvrir une boutique en 2010.

⁃  Quel est votre lien avec la Suisse? Pourquoi poser vos valises ici et pas ailleurs?
Mon arrière grand-père Werner Waldesbühl, né en Argovie, était ingénieur en armement en Suisse (il avait étudié à la Hochschule à  Lucerne). Le ministre argentin de l’armée de l’époque (Pablo Riccieri) l’a engagé en 1918 pour le développement de l’Armée Argentine « …pour le renouvellement de l’Armée Argentine en vue de la nouvelle ère des stratégies, armes et des méthodes qui s’utilisent en Europe». Les liens ont toujours été étroits entre ma famille et la Suisse, ainsi que l’attachement pour ce pays. A tel point qu’à ma naissance, mon père m’a inscrite à l’ambassade suisse à Buenos Aires avant de faire le nécessaire pour l’Argentine! J’avais donc la nationalité suisse avant de venir étudier en Suisse. J’ai choisi Lausanne pour mes études dans le but de découvrir par moi-même l’amour pour ce pays et la culture qui existait dans la famille.

De Buenos Aires…

… à Lausanne

⁃  Comment imaginiez-vous la Suisse?
Je connaissais assez bien les traditions du pays grâce aux histoires de voyage de ma famille. Du coup, je n’ai pas eu de grandes surprises sauf que je pensais que il y avait de la neige toute l’année et partout! J’ai été aussi surprise de me rendre compte qu’il a tellement de gens de différentes cultures et de différents pays qui habitent en Suisse.

⁃  Parliez-vous français avant d’arriver?
Mon grand-père et ma tante parlaient le suisse-allemand. Malheursement je n’ai jamais appris. En sachant que je venais à Lausanne, j’ai pris quelques cours de français à Buenos. Peu de jours après mon arrivée, j’ai réalisé que mon niveau était insuffisant et je me suis inscrite au cours intensif de vacances d’été de l’Université de Lausanne.

Barbara du concept store Viva Frida à Lausanne

En arrivant, avez-vous ressenti un choc culturel?
Non, je n’ai pas ressenti un choc culturel. J’ai été tellement émerveillée par la beauté du pays et cette nouvelle culture.

Qu’est-ce qui vous a fait adopter la Suisse?
C’est un choix de continuer à vivre ici. J’aime beaucoup! J’adore la proximité avec la nature, la qualité de vie, le fait que les choses marchent très bien (par rapport à l’Argentine). J’ai la chance de pouvoir passer 3 mois en Argentine chaque année, ce qui fait que finalement j’ai pu concilier mon amour pour les deux pays et je n’ai pas « le mal du pays ».

⁃  Quel est votre plat suisse préféré?
J’adore la raclette! Mais je dois avouer que j’aime « customiser » le plat. Je rajoute plein d’autres ingrédients (tels que tomates cherry, du maïs, de la viande séchée, etc) pour obtenir des goûts variés (désolée les puristes).

⁃  Et le plat argentin que vous faites à vos amis suisses pour leur faire découvrir?
Une super recette de ma grand-mère qui me ramène à des souvenirs d’enfance: un grand morceau de viande de boeuf avec des patates au four cuites dans sa sauce, un vrai régal pour les non-végétariens. 

⁃  Quelles choses de la culture argentine aimeriez-vous importer en Suisse?
J’importerais d’Argentine le contact facile et chaleureux même entre inconnus et la spontanéité pour faire des plans à la dernière minute ☺ Ce qui me manque, ce sont la famille et les amis. Et le fait que l’été dure 6 mois là-bas!

⁃  Vos adresses: où trouvez-vous un bout d’Amérique du Sud en Suisse?
Je trouve un bout d’Argentine chez El Gaucho (quartier sous gare) pour les empanadas et alfajores, le restaurant du Chasseur à Alaman et Tango Restaurante Grill Argentin. Aussi je vous recommande fortement de goûter les vins rouges argentins qu’on trouve facilement dans les supermarchés suisses!

⁃  Pourquoi aimez-vous vivre à Lausanne, quels sont les atouts de la ville?
J’adore la taille de la ville, c’est très pratique de ne pas avoir du temps à perdre avec de longs trajets. J’adore également le fait d’avoir le lac dans la ville! Aussi Lausanne a un énorme choix culturel pour sa taille. J’aime beaucoup aussi le fait qu’à Lausanne cohabitent des personnes de différents pays et cultures du monde.

⁃  Les 3 endroits où vous emmenez vos visiteurs étrangers quand ils viennent chez
vous ?
Mes 3 promenades favorites :
– de Ouchy à Lutry au long du bord du lac
– les vignobles en terrasse de Lavaux
– du lac de Sauvebelin jusqu’à la cathédrale de Lausanne.

La boutique de Barbara à Lausanne: Viva Frida

Cette rencontre virtuelle avec Barbara est aussi l’occasion d’en savoir plus sur sa boutique de créateurs à Lausanne…

⁃  Mais c’est qui Frida? Pourquoi ce nom?
J’ai nommé la boutique Viva Frida à cause de Frida Kahlo, une femme latina, forte et plein de courage qui a osé sortir des chemins battus. En donnant ce nom à la boutique je souhaitais donner cette inspiration aux femmes: qu’on peut être différentes, avoir un style à soi en dehors de ce que dictent les propositions commerciales. Le mot « Viva » ça veut dire « allez » en espagnol. Avec Viva je voulais aussi donner une connotation positive d’encouragement car souvent la vie de Frida Kahlo est liée à la souffrance et aux peines de coeur.

Viva Frida boutique à Lausanne
Viva Frida: la jolie boutique de Barbara à Lausanne

⁃  Ouvrir une boutique, était-ce un projet que vous aviez depuis longtemps?
J’ai toujours aimé la mode et j’ai même fait une formation dans la création des vêtements à côté de mes études. Après avoir travaillé 10 ans dans les ressources humaines pour de grandes sociétés, j’ai décidé de faire une pause. C’est lors d’un voyage en Inde que j’ai pris contact avec des familles qui produisaient des collections pour des créateurs. J’ai ensuite vendu ma première collection de vêtements avec pas mal de succès entre copines et dans des marchés. Un jour de décembre de 2009, j’ai vu un panneau qui proposait la location de la boutique à Lausanne et je n’ai pas trop hésité à sauter le pas!
Qui aurait deviné qu’aujourd’hui on serait en train de fêter les 10 ans de Viva Frida?

⁃  Quel est le concept de la boutique et du e-shop?
Cela a beaucoup évolué depuis son ouverture en 2010. Au début je réalisais mes propres créations, puis je customisais des pièces vintage. Actuellement Viva Frida propose des vêtements (Sessun et Petite Mendigote) mais surtout plein d’accessoires. Il y a plus de 50 créateurs représentés: de la maroquinerie, des bijoux et autres petits accessoires tels foulards, lunettes, chaussettes, pins, barrettes, bandeaux, etc. 

Viva Frida boutique à Lausanne
Accessoires, vêtements, maroquinerie, chez Viva Frida, rue Marterey à Lausanne


Mon envie est de proposer des produits de qualité sans pour autant se ruiner. Je reçois des nouveautés chaque semaine, mais je commande maximum 2 pièces de chaque modèle pour éviter que tout le monde ait le même article à Lausanne!

J’aime beaucoup l’échange avec nos clients, donner des recommandations et parler de nos créateurs à la boutique physique de la rue Marterey… mais comme il faut s’adapter aux temps modernes ☺ on a lancé le shop online il y a 2 ans: www.vivafrida.ch (livraison en Suisse et autour du monde).

Barbara W, expat de l'Argentine à la Suisse (Lausanne)
Barbara à Buenos Aires

⁃  Comment l’Argentine et la Suisse se rencontrent dans votre boutique?
J’ai l’impression que mon côté argentin est très présent dans le choix des créateurs mais surtout au moment de choisir les coloris et les imprimés vifs. On souhaite transmettre le côté sud-américain à la boutique avec un accueil dans une ambiance chaleureuse et un échange proche et spontané.

⁃  Pouvez-vous nous dire un mot sur le quartier… il me semble qu’il y a plein
d’adresses à la Rue Marterey à Lausanne et autour!

Quand la boutique a ouvert les portes, il y avait le café Java et deux boutiques tout en bas de la rue Marterey… C’était un pari ! Depuis le temps, la rue a bien évolué pour devenir LE quartier tendance pour trouver des boutiques indépendantes à Lausanne!

Merci Barbara pour cette interview! Si après l’avoir lue vous souhaitez la rencontrer, vous savez où la trouver: chez Viva Frida, qui fête ses 10 ans cette année.

En ce moment, à cause du coronavirus, la boutique physique est fermée bien sûr, mais on peut soutenir les boutiques indépendantes sur leur site web en attendant que la vie reprenne son cours!

→ Lire d’autres interviews d’expat sur le blog: Karine, une Suissesse à HongKong ou Patricia, une Française qui a adopté le Valais

3 réflexions sur “#Expat Barbara, de Buenos Aires à Lausanne

  • 21 mars 2020 à 17 h 42 min
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    Merci à Barbara pour son intéressant témoignage. Etre Argentine, avoir des ancêtres suisses et venir s’établir à Lausanne, c’est un vrai parcours.

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    • 22 mars 2020 à 7 h 31 min
      Permalien

      Coucou Monique! Merci pour ton mot par ici :)
      Un sacré parcours hein! Je trouve cela sympa cette quête de ses origines.
      Et j’espère que tout va bien pour toi en Belgique, prends soin de toi!
      Des becs,

      Répondre
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