Monopoly français

Le Monopoly français et le parisianocentrisme

Publié le 25 avril 2016 | Par kantutita | Différences culturelles, Expat en France

Le parisianocentrisme m’énerve! Vaste sujet, qui mérite un petit coup de gueule…  inspiré par le célèbre jeu de plateau. En imaginant bien que beaucoup de Français ne vont pas forcément comprendre mon point de vue – mais tant pis!

Je me souviens que j’ai été extrêmement déçue en faisant ma première partie de Monopoly en France! Bien sûr, je savais que le plateau de jeu et les lieux ne seraient pas les mêmes que dans ma version helvétique, qui commence à Coire, dans les Grisons, et se termine à Zurich Paradeplatz.

J’espérais faire un tour de France durant le jeu, de la même façon que le Monopoly de mon enfance permet de traverser de façon imaginaire différentes places et rues emblématiques de plusieurs villes suisses!

Eh bien perdu! Le Monopoly classique et collector que mon Français a sorti de l’armoire familiale de jeux… comportait uniquement les rues de Paris: alors, vous voulez acheter quoi? La rue de la Paix, les Champs-Elysées, ou le boulevard de Belleville? Quel ennui pour moi qui suis plus attachée à la diversité des villes françaises qu’à la capitale!

monopoly suisse

Ça, c’est le Monopoly suisse, nouvelle version. Les cases du mien sont nommées d’après des places ou rues de différentes villes, comme Zurich, Lausanne, Thoune, ou même Neuchâtel avec la Place Pury (fierté!) Un jour je vous le montrerai en photos peut-être.

Le cas du Monopoly m’a mis la puce à l’oreille sur l’importance et le poids de Paris pour la France – même si ce n’est pas le meilleur exemple de parisianocentrisme, puisque ce jeu de capitalistes est américain à la base.

J’ai ensuite appris en cherchant sur internet que depuis 2007, il existe une édition spéciale du jeu, plus équitable pour le reste du pays. Le « Monopoly France » s’arrête dans 22 villes de l’Hexagone, choisies sur l’avis des internautes. On y retrouve Nancy et Montpellier, mais Paris est cette fois totalement exclue (pourquoi?)! La liste complète est à retrouver ici sur le site « Monopolipedia ». En plus, il semble exister une liste impressionnante de versions régionales et sur des villes, dont une sur la Lorraine par exemple. Ouf! Me voilà rassurée.

Mais dans votre armoire, vous avez quelle version du Monopoly vous alors? J’aimerais bien savoir quelles sont les plus courantes!

Marre du parisianocentrisme!

Paris - > à l'autre bout du pays

Paris est… à l’autre bout du pays vu de Montpellier.

Vous l’avez compris, ce cas du Monopoly m’a choquée, mais ne fait que souligner le phénomène du parisianocentrisme très présent en France, et qui ne manquera pas d’étonner les Suisses!

En arrivant en France à Montpellier, j’ai eu du mal à comprendre la fascination pour Paris – cette capitale qui me semblait si lointaine (voir carte gribouillée ci-contre). Par exemple on ne parle que d’adresses parisiennes dans les magazines féminins, basés à Paris certes mais vendus dans tout le pays (et en Suisse aussi d’ailleurs!). Je me serais attendue à trouver des grandes villes régionales mises en avant, comme Marseille ou Toulouse. Mais non!

J’ai compris avec stupeur que c’était simplement parce que les médias nationaux sont presque tous basés à Paris… Tout comme les musées, les entreprises et les artistes! Cette concentration à Paris donne l’illusion que le reste de la France – nommé la « province » –  vaut moins que la capitale et qu’il s’y passe moins de choses! Pourtant les villes de Province sont bien animées elles aussi…

J’ai même entendu des habitants du Sud – même pas musiciens – dire que pour réussir dans la vie, ou dans leur branche, il fallait monter à Paris. Un mélange de prestige, d’avis que dans le Sud, le travail est quand même fait moins sérieusement (si, si, on m’a dit ça!), et de question économique.

Je crois que je préfère rater ma carrière de journaliste en province que de vivre agglutinée dans le métro et me saigner pour le loyer d’un 40 m2. Même si la concentration de musées est tentante…

Bref, il n’y en a que pour Paris par ci, Paris par là… Et le reste du pays alors, la Province comme on l’appelle, elle compte pour du beurre? Rien que le fait qu’il existe un MOT pour désigner tout ce qui n’est pas dans la capitale m’avait beaucoup amusée… Maintenant je trouve plutôt cela effrayant.

Quel est le rapport entre Plouhinec et Lyon, entre Nice et Saint Bauzille le Putois? Oui, oui, leur point commun c’est de ne pas être à Paris! Pffff…

Finalement, la Province, c’est la France non?

Alors quand les Dom-Tom râlent car ils se sentent exclus, j’ai envie de leur dire que pour eux c’est vraiment pas gagné…

Et en Suisse?

Carte suisse gribouillée

Je vous ai aussi gribouillé une petite carte suisse pour ceux qui ne situent pas ces trois-là!

Cette dichotomie capitale-province m’a surprise et me chagrine, c’est mon avis de Suissesse, qui vient d’un pays morcelé en 26 cantons qui sont chacun convaincu d’être le centre du monde de la Confédération :) Ou presque.

À notre petite échelle, tout cela me semble bien différent. Déjà, le poids est chez nous divisé entre différentes villes qui tirent la couverture à elles. Par exemple Berne est la capitale politique, mais Zurich et Genève, « capitales » économique et internationale, sont même plus connues. Levez le doigt si vous venez d’apprendre que la vraie capitale de la Suisse c’était pas Genève mais Berne!

Les villes moins importantes que ce trio là hébergent aussi des musées ou événements culturels d’envergure. Si, si, les Suisses, vous êtes super gâtés côté musées & festivals, et vous ne vous en rendez même pas compte de votre chance sapridiou!

Mais bon, on constate quand même en Suisse romande un phénomène de « lémanocentrisme« . La télé et la radio suisse en langue française sont basées à Lausanne et Genève, deux villes au bord du lac Léman (d’où le terme lémanocentrisme) – et s’intéressent en priorité à ce qui se passe autour d’eux, et moins aux cantons périphériques! Même s’ils ont des bureaux dans les différents cantons. Pour dire, je ne veux pas hisser la Suisse en exemple mais vous expliquer en quoi c’est différent!

Les trucs qui me rendent dingue en France #parisianocentrisme

  • Quand on parle d’un événement sans préciser le lieu, c’est que… cela se passe à Paris! Même pas besoin d’indiquer la ville sur ton communiqué de presse, message sur Facebook, site web si c’est dans la capitale. >:/
  • J’imagine les petits Bordelais ou Bretons acheter des rues de la capitale parisienne au Monopoly. Pfff!
  • Les pages des magazines féminins avec des adresses 100% parisiennes
  • Les gens qui te demandent quand tu « remontes à Paris », comme si c’était normal d’y faire un ou plusieurs pèlerinages annuels.
  • Le fait de devoir aller à Paris pour prendre l’avion à l’international – dans un pays aussi grand, on pourrait avoir plusieurs vrais aéroports non? Rien qu’en Suisse on en a déjà deux, avec Cointrin et Kloten! Il y a bien les aéroports de Lyon et Marseille, mais je vous arrête tout de suite: ils n’offrent pas de destination vers le Japon par exemple. Ou New-York. Je viens de regarder sur leurs sites. Mais on peut filer à Montréal, ouf!
  • Le fait que les voies de chemin de fer convergent vers Paris, et qu’il faut souvent faire un détour par la capitale pour se rendre à un autre point de la France. Grrr!

Voilà, j’ai fini de râler! Et vous, vous en pensez quoi? Le parisianocentrisme vous agace-t-il aussi?

Votre Monopoly, il se passe à Paris ou vous avez une autre édition? (je fais une fixette là-dessus eh oui)

Et qui milite avec moi pour l’abolition du mot « province »?

27 Responses to Le Monopoly français et le parisianocentrisme

  1. Florence says:

    Hahaha moi qui suis d’Auvergne je comprends tout à fait ton point de vue ?bizarrement je n’ai jamais vu personne parler d’une exposition ou d’un nouveau resto à Clermont Ferrand ? et oui en France il y a Paris et… Le reste, la fameuse Province! On s’habitue… Bonne journée à toi!

  2. DF says:

    Monopoly suisse pour moi. A noter que la version italienne reprend les rues de Milan, avec quelques ajustements – même problème que la version parisienne donc!

    Pour la petite histoire, la version française du Monopoly (France) avait fait l’objet d’un gros buzz à l’époque: les internautes avaient été appelés à voter pour le nom du lieu correspondant à la case la plus chère (équivalant à la Rue de la Paix, ou à Paradeplatz). Et les gens avaient massivement voté pour la ville de Montcucq… Grosse surprise pour l’éditeur!

    • Kantutita says:

      Hahaha! ;) C’est ça de demander l’avis des internautes, on se retrouve parfois avec des blagues!
      Oui, je sais que le Monopoly n’est pas le meilleur exemple puisque c’est pareil dans d’autres pays: mais c’est quelque chose qui m’a vraiment marquée!

  3. Jacqueline says:

    Monopoly Suisse… ou celui des Merveilles du Monde chez nous ! D’ailleurs, avec une amie et nos enfants respectifs nous avons tenté le Monopoly Suisse en version réelle : un tour de Suisse d’une semaine en transports publics, avec arrêt dans chaque ville du Monopoly et photo avec la plaque de la rue correspondante. Les enfants étaient ravis ! Ils auraient bien remis ça avec la version Merveilles du Monde, mais le budget n’est pas le même :-(

  4. lucbesa says:

    Le Monopoly c’est rêver de devenir riche et en France, tout ce qui vaut « bonbon »r est à Paris, en Suisse c’est différent, c’est mieux réparti, tout est cher partout !
    lucbesa

  5. anahaddict says:

    Je suis on ne peut plus d’accord ! Pour le coup du Monopoly, je n’y avais pas prêté attention car je ne savais que dans les autres pays on y trouvait plusieurs ville (sinon tu peux acheter le monopoly nancy dans les grandes surface de la ville haha)

    Mais le Paris-la Province m’énerve au plus haut point.. Comme toi je préfère rater ma carrière de journaliste en province qu’aller vivre à Paris.. C’est tellement dommage de laisser tout le reste de la France de côté comme ça.. Y’a des magazines que je n’achète d’ailleurs plus car dès qu’on donne des adresses, c’est sur Paris. Autant lire des blogs ! Et idem pour l’avion, on a des aéroports un peu partout mais pour des petites destinations.. obligée de toujours passer par Paris (et se taper 200€ de parking ou des billets de train ? –‘)

  6. Koalisa says:

    Tu as tout à fait raison, on a souvent l’impression d’être à la ramasse si on n’est pas à Paris… Par contre je préfère habiter tout près de la mer en Bretagne ! Bises

  7. Ciloucr says:

    Pas de Monopoly chez moi mais chez mes parents il y a l’édition de St Etienne.
    Bises

  8. Flavien21 says:

    Pour le Monopoly, très mauvais exemple car la version originale, américaine, ne contient que des rues d’Atlantic City, NJ.

    Pour le Parisianocentrisme, tout à fait d’accord, et ayant choisis de travailler dans la télévision, mon boulot m’impose donc d’être sur Paris et je ne peux pas rentrer dans ma Bourgogne natale à moins de changer de métier. Car les médias sont malheureusement tous à Paris, et les chaînes de télé en province (aussi rares soient elle) ne propose pas de travail ou ferment les unes après les autres.
    C’est malheureusement valable pour plein de domaines, et il est vrai que pour beaucoup d’étrangers et de parisiens, la France=Paris. :(
    Je n’habite pas Paris même, ce serai impossible pour moi, et retourne en province (peux importe le coin) dès que j’en ai l’occasion.

    3615 Ma terminé, tout ça pour dire que ça m’exaspère aussi mais que certains sont obliger de faire avec

  9. Vampaiaa says:

    Ton article et ton point de vu est vraiment intéressant!

    Ayant vécu une partie de ma vie à Grenoble et l’autre en Moselle (top là!), Paris je m’en suis toujours un peu … foutue. Tout ce qui m’importait avec la capitale c’est que Disneyland était là-bas ahah.
    Malheureusement cette différence Paris/Province a toujours été et le sera toujours. Ayant fais des études culturelles, il y a un grand Monsieur du nom d’André Malraux qui c’est « battu » pour que la culture soit égale à Paris ou en Province. Malheureusement monsieur Malraux doit se retourner dans sa tombe s’il voyait qu’au final les choses n’ont pas vraiment changer … Alors certes à son époque il n’y avait vraiment vraiment vraiment rien de culturel en province (expo, pièce de théâtre etc..) et qu’il a réussi à changer les choses mais .. à croire les médias et les Parigos l’intelligence culturelle se trouve encore à Paris. Il y a un snobisme qui me déplait là-bas et pour réussir dans le milieu artistique, il n’y a qu’à Paris que c’est possible pour les raisons que tu as cité …

    Pour les grands évènements (style convention : Japan Expo, Comic con par exemple) je comprends que ça se déroule à Paris. Ce genre d’évenement se doit d’attirer beaucoup d’étrangers, d’Européens notamment et comme tu l’as dis … les Aéroports internationaux sont là-bas, alors ils n’ont pas vraiment le choix.
    Par contre les vols vers l’étrangers dans les grands aéroports de province sont possible … quand on fait une escale ! Pas tout le monde peut se payer Air France, j’ai une amie est partie au Japon de Marseille, une autre en Corée de l’Aéroport de Mulhouse .. Et pour les Lorrains il y a toujours le Luxembourg ! Heureusement que les escales existent héhé

  10. Nivek says:

    C’est amusant, j’étais tombé sur ce blog il y a quelques années et me revoilà dessus par hasard!
    Je suis plutôt d’accord avec l’article, j’habite Paris depuis 18 mois et je ne supporte pas les « parisiens péteux ». Les gens qui viennent d’ailleurs en France, je les trouve plus agréable, abordable etc.
    Un certain nombre de gens n’est jamais « sorti » de Paris et pense tout savoir…

    D’un autre côté, du moins dans mon milieu professionnel, la quasi-totalité des opportunités se trouve à Paris. Ailleurs, c’est rémunération bien moins grosse, et offres bien plus rares…Je pense que la France devrait essayer de développer les pôles Lille Lyon Marseille Nice etc., mais vu que les élites « dirigeantes » et médias sont tous à Paris, ça n’est pas gagné.

    Signé un Suisse vivant en France :)

  11. Stéphanie says:

    Coucou!

    Ça fait longtemps que je ne t’ai pas laissé de message sur ton blog (j’ai changé d’ordi récemment) et y remédie tout de suite.

    Pour parler du Monopoly, c’est marrant mais je ne savais même pas qu’il existait un « Monopoly France »: en même temps je dois avouer que je ne m’étais jamais posé la question. Ton questionnement est juste: pourquoi un Monopoly avec simplement les rues de Paris?

    Sinon je ne sais pas si c’est intéressant ou pertinent, mais je vais donner mon petit point de vue en tant que parisienne ou plutôt francilienne qui, en ayant vécu 30 ans en région parisienne, ai côtoyé des personnes venant de partout en France et dans le monde.

    J’ai lu les commentaires laissés ci-dessus sur ton blog et sincèrement j’ai côtoyé à la fac, en entreprise ou autre des personnes désagréables aussi bien parisiennes, autres que parisiennes (j’aime pas le mot « province » ou « provincial ») ou étrangères. Certes il existe beaucoup de Parisiens pédants comme on peut se l’imaginer mais j’ai également souvenir de nombre de non Parisiens, qui, une fois arrivés à Paris, devenaient imbuvables. Mais là n’est pas le sujet de ton article.

    Le fait que tout soit centralisé à Paris est non seulement désagréable pour les personnes devant venir à Paris pour prendre un avion, un train ou voir une expo, mais également pour les Parisiens/Franciliens qui vivent sur place et doivent cohabiter avec une foule de personnes en transition dans la capitale. J’ai souvenir de nombre de fois où mon RER D (train de banlieue) est resté immobilisé sur les voies pour laisser passer les TGV: et oui, ces derniers étaient prioritaires pour arriver gare de Lyon, au détriment des pauvres banlieusards dont je faisais partie. Après tout des personnes ayant payé un billet de TGV étaient plus intéressantes que celles qui prenaient le RER tous les jours.

    Je crois donc que cette « centralisation » est mauvaise pour tout le monde au final et accentue les clivages: entre certains Parisiens qui se croient supérieurs car beaucoup de choses ont lieu à Paris, et les non Parisiens qui n’aiment pas devoir passer par la case Paris pour voyager, le travail ou autre.

    En espérant ne pas avoir été trop longue.

    Gros bisous à toi et à bientôt sur ton blog ou sur twitter.

    Stéphanie
    xxxx

    • Kantutita says:

      Merci beaucoup Stéphanie pour ton commentaire. Bon retour par ici :D
      C’est intéressant de voir l’avis de quelqu’un qui a vécu les problèmes de la centralisation depuis la capitale! Je ne me doutais pas qu’il y avait un revers à la médaille. C’est en effet rageant dans les deux sens quand on lit ton témoignage.
      Après, les Parisiens pédants, il y en a on en connaît tous, mais je n’aime pas ces généralités: ce sont toujours ceux qui ont une grande gueule qu’on remarque le plus forcément ;) Les Parisiens discrets… eh bien ils restent discrets!
      À très bientôt et des becs!

      • Stéphanie says:

        Merci pour ta réponse. :-)

        Tu as raison, c’est un effet rageant et surtout pénalisant pour tout le monde. En tout cas je suis totalement pour la décentralisation à tout niveau qui serait bénéfique même si on sait que les choses mettent du temps à se mettre en place en France.

        Des becs à toi aussi!
        Stéphanie
        xxxx

  12. Kilian Rubner says:

    Bâle est connu aussi (moins que Zurich et Genève, certes). D’ailleurs, il y a l’Euroairport aussi, troisième aéroport Suisse et 7e aéroport français.

  13. mrdjeydjey says:

    C’est même mieux que ça en Suisse.
    Un de mes anciens profs d’histoire avait expliqué que Berne est la capitale fédérale car il faut bien avoir une capitale pour les affaires étrangères (à l’image de notre Président qui a plus une fonction représentative) mais:
    Officiellement, il n’y a pas de capitale au sens comme on l’entend pour Paris par exemple. La constitution suisse ne fait pas mention d’une capitale.
    Berne est officiellement la ville fédérale, le siège du Conseil fédéral, des départements et de la Chancellerie fédérale et c’est là où siège l’Assemblée fédérale.

    Contrairement à d’autres pays les responsabilités sont morcelées dans le pays. On trouvera par exemple le siège de l’OFS à Neuchâtel (petit clin d’oeil), l’OFSPO (sport) à Macolin, le Tribunal fédéral à Lausanne, le Tribunal Pénal à Bellinzone, etc (donc même le pouvoiri judiciaire n’est pas à Berne)

    De plus, et je pense que c’est assez particulier, il arrive que le Conseil Fédéral demande la tenue de session du parlement Extra Muros (https://www.parlament.ch/fr/%C3%BCber-das-parlament/archive/retrospectives-legislatures/sessions-extra-muros)

  14. Erwann says:

    Que cela me fait plaisir de te lire.
    Tu viens de mettre en lumière ce que je considère comme le Problème principal de la France.
    Provincial – mais habitué de plusieurs grandes villes européennes – je n’ai compris la motivation de la semaine de 35 heures en France, que le jour où j’ai dû prendre le métro à Paris entre 8h00 et 9h00 un jour de semaine.
    La surconcentration économique et médiatique sur Paris, appauvri tout à la fois le pays et ses habitants. Tout est hors de prix à Paris (logement, bureau, etc.), et l’argent n’est pas investi en « Province ».
    Tout est hors de prix à Paris et cela appauvri d’abord les habitants de Paris et de la région parisienne avec en contrepartie une qualité de vie déplorable.
    Pire, la péréquation entre la richesse économique de l’Île de France (sièges de la plupart des grandes entreprises) et la province ne fonctionne pas (plus) depuis des décennies, appauvrissant les régions et créant de véritables problèmes de développement (perte d’attractivité).
    Ce phénomène se reflète dans les régions avec un surpoids des capitales régionales par rapport au reste de leur région.
    Le ministère de finances à Bercy est une aberration sans nom ! Entasser plus de 10’000 fonctionnaires dans un bâtiment qui pour la plupart d’entre eux est loin de leur lieu de résidence est un non sens. Ces 10’000 fonctionnaires auraient dû être répartis sur le territoire national pas à Lyon, Bordeaux ou Strasbourg, mais sur des villes de tailles moyennes.
    La plus grande insulte faite à mon département d’origine (les Vosges) a été en 2015 la décision de déménager la cours régionale des comptes d’Épinal à Metz car – je cite le ministère – Épinal n’est pas assez attrayante pour les hauts fonctionnaires de cette institution (ENArques pour la plupart).
    Je suis encore très en colère et abasourdi par de tels comportements et de telles décisions.
    La richesse de la France, ce sont d’abord les 80% de Français qui vivent hors d’Île de France.
    La pauvreté de la France, ce sont toutes les subventions et avantages octroyés à l’Île de France (cf. le prix de la carte orange) pour ne pas mettre les parisiens de mauvaise humeur, alors même que cet argent est nécessaire dans les régions.

    PS: Le 3° aéroport de France est Nice (pas Lyon ou Toulouse). Le 3° aéroport Suisse est effectivement Bâle-Mulhouse (Euroairport), par chance à 15 minutes de la maison :-)) c’est aussi le 7° aéroport Français.

    • Kantutita says:

      Merci pour cette réaction Erwan, je vois qu’on est tout à fait du même avis!
      Et comme le montre l’anecdote du déménagement de la cours des comptes des Vosges à Metz, le mouvement n’est pas prêt de s’inverser malheureusement…
      Rien à voir, mais j’ai hâte des beaux jours en Lorraine pour aller explorer les Vosges côté tourisme: cela a l’air si beau!

  15. Comme dit plus haut, le Monopoly n’est pas vraiment un bon exemple, vu que le jeu standard d’origine n’a que des rues d’Atlantic City. Alors que l’on reste dans Paris dans la version française, c’est plutôt logique.
    Et pour répondre à ta question : oui, c’est bien cette version du jeu que j’ai également. Il y a des tonnes d’éditions différentes mais celle avec les rues parisiennes, c’est LA version que tout le monde connaît, en France.
    Pour tout le reste, je suis complètement d’accord. Quoi qu’on fasse, Paris est un passage obligatoire. Ça a ses bons côtés, quand on y habite, d’avoir tout à portée… mais quand on n’y est pas, c’est-à-dire pour plus de 80% de la population, c’est clair que c’est chiant. Et comme d’autres ici l’ont dit, que tout soit aussi centralisé sur Paris, c’est pas forcément génial pour ses propres habitants non plus. Car on ne peut pas dire que la vie y soit agréable.
    Il y en a qui adorent cette ville… mais j’ai beaucoup de mal à les comprendre. Et je me demande s’ils ont déjà vécu ailleurs. J’ai habité en banlieue parisienne pendant 27 ans et je suis bien content d’en être parti ! La ville est complètement asphyxiée par sa propre taille. Les transports en commun, c’est juste un cauchemar, ils sont complètement dépassés par la masse de gens qui vit là. Et puis du coup, tout le monde est stressé et désagréable, là-dedans, c’est formidable.
    Déjà, les dernières années, ça avait été un énorme soulagement d’être en banlieue éloignée et de ne plus avoir à aller sur Paris même. Et maintenant que je ne suis plus en France : punaise, qu’est-ce que c’est bien, un pays qui n’est pas centralisé !
    Aux Pays-Bas, c’est Amsterdam la capitale, techniquement… mais c’est surtout une capitale culturelle. Et malgré son importance, ce n’est même pas la capitale de sa propre province : ce rôle est réservé à Haarlem. Les principales institutions politiques du pays sont elles regroupées à La Haye. Le cœur industriel, c’est Rotterdam. Et côté universités, si Amsterdam et Rotterdam sont des pôles importants, les principales villes étudiantes, c’est plutôt Groningue, Utrecht et Leyde. On pourrait difficilement faire moins centralisé.
    Pour revenir à Paris, je pense que son rôle central en France est surtout un héritage de la monarchie absolue de Louis XIV & cie, qui implique forcément un régime centralisé à l’extrême. Les Pays-Bas n’ont jamais connu ça et les responsabilités ont toujours été dispatchées. Ceci explique donc cela.
    Après, ça n’empêche pas d’essayer de changer les choses. Mais vu le projet du Grand Paris, qui va exactement dans le sens inverse, faut croire que c’est hors de question.

    • Kantutita says:

      Merci pour ce témoignage le Grand Blond!!
      Oui, le centralisme en France est sans doute l’héritage historique de la monarchie absolue…
      Le fonctionnement aux Pays Bas est aussi très intéressant – je ne le connaissais pas.
      Par contre pour le Monopoly, je pense que c’est révélateur qu’en Suisse personne n’ait eu l’idée d’en commercialiser un avec les rues de la capitale ;)
      Oui, je crains que les choses ne soient pas prêtes de changer en France… et que tout le monde continue de se masser à Paris!!

  16. MonopolyFan says:

    A noter qu’au départ, le monopoly a été créé pour faire passer un message politique sur la nature antisociale du monopole sur le sol. Paris, avec ses loyers exorbitants, me semble être un parfait exemple de ça. Evidemment, le message politique a été oublié depuis longtemps et maintenant c’est surtout un jeu pour se fâcher avec ses potes :p
    D’un point de vue personnelle, en tant que parisienne, le fait de connaitre toutes les rues et de visualiser toutes les rues fait partie du « fun » pour moi et ce serait pas la même chose avec des rues de pleins d’autres villes que je ne saurais pour la plupart pas reconnaitre. Maintenant, je comprends votre sentiment et je trouve ça bien qu’ils aient sortis d’autres éditions pour que plus de gens arrivent à se reconnaitre dans le jeu.

  17. Benoit says:

    que de haine et de jalousie sur ce blog, j’hallucine, tu tiens à nous expliquer la France mais c’est bien la Suisse que l’on reconnait dans ton discours , un ensemble de propos déformés ou salit,
    comme d’habitude malheureusement pour vous , les Suisses, plus vous tentez de nous vanter votre pays et plus on ressent votre complexe d’infériorité et je sais que tu sais pourquoi le monde entier connait la capitale de la France mais que personne ne connait celle de ton pays

  18. Kantutita says:

    Je valide le dernier commentaire qui montre toute l’ouverture d’esprit et la faculté de se remettre en question de certains Parisiens ;)

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