10 Conseils: expat à Montréal

Les 10 commandements de l’expat à Montréal

Publié le 19 octobre 2014 | Par kantutita | Différences culturelles, Six mois au Québec

« Ça y est, elle a craqué! » vous vous dites. À peine six mois au Québec et elle se prend pour le dieu de l’expatriation. Mais pas du tooout! Seulement, en six mois d’expatriation à plein temps, on a déjà le temps d’apprendre de sesyodaypfl erreurs, de profiter des conseils d’autres Européens à Montréal et de noter quelques astuces qui pourront servir aux suivants.

Dix jours avant notre départ, on vous dresse donc un pêle-mêle des nôtres, servies dans le style de  Yoda pour qu’elles imprègnent mieux vos cerveaux ramollis par la pluie. (Bon. Mon Français qui connaît mieux le marécage de Dagobah et ses créatures en carton-pâte me dit que c’est pas vraiment comme ça que Yoda parle. Tant pis. On fait ce qu’on peut. Si vous êtes un puriste furax, vous n’avez qu’à me donner des instructions pour apprendre à yodaïser des phrases correctement. Je ne demande qu’à m’améliorer dans cette discipline).

[Illustration: Yoda Vector from Vector.me]

1. À Bixi tu te déplaceras.

Les Bixi de Montréal. Les essayer, c'est les adopter!

Après 4 mois à tout faire à pied, on s’est rendu compte de notre erreur. Alors abonnez-vous au service de vélib dès le premier jour, c’est trop pratique! Oui, on nous l’avait conseillé, oui, oui, mais on n’a pas écouté les conseils de nos amis, voilà voilà…. On n’est pas des gens influençables nous… Et pour une fois c’était bien dommage, parce que cela se fait bien à vélo Montréal, en tout cas si vous habitez pas trop loin du Plateau. Des pistes cyclables quadrillent la ville et permettent de rouler à l’aise, sans être collés aux voitures. Sans compter que le nombre de rues à sens unique rendent les déplacements à vélo très agréables. Le seul hic: les trous laissés par le dégel des routes! Donc on scrute la chaussée, ou on porte un casque. Si vous investissez dans votre propre vélo, faites aussi attention aux voleurs! Un expat m’a dit « À Montréal, c’est très sûr, il y a très peu de vols… sauf en ce qui concerne les vélos! »

2. Un pourboire pour chaque serveur laisser tu dois. Et les tutoyer il faudra.

Les serveurs sont payés moins cher par heure, parce que le pourboire de 15% leur est dû! Une coutume que partagent les USA. Pas question donc de l’oublier, ce serait comme ne pas payer complètement sa facture! (Oui, on appelle l’addition la facture ici) En plus, pas de snobisme: les serveurs tutoient les clients. Il faut donc s’habituer à faire de même, pour ne pas sembler hautain.

3. Si un rayon de soleil tu vois, d’en profiter tu n’attendras pas

C’est un conseil que MimiCaribou nous a donné dès notre arrivée. Et c’est un très bon conseil: à Montréal, il faut vivre dans l’instant présent. La météo ici est lunatique, on passe de la pluie au soleil en quelques minutes. Du coup, cela me rappelle vaguement l’Angleterre! Le soleil peut disparaître en un instant, et les températures chuter soudainement. Alors s’il fait beau le week-end, on saute sur sa couverture et son livre et on file au parc Lafontaine sans plus attendre! On fera la vaisselle, le ménage, etc plus tard.

4. Ton outre de bière tu rempliras, et le goût du vin tu oublieras.

fous-brassant-bieresLe prix du vin prend l’ascenseur au Québec par rapport à la France. Les petits vins du Languedoc qu’on achète à max 5 euros chez nous coûtent au moins le double dans les SAQ, les magasins qui font le commerce d’alcool au Québec. Dans les bars, le verre de vin coûte à peu près le prix d’un cocktail, voire plus. Pour ménager ses économies, on goûte donc aux délicieuses broues des microbrasseries du Québec. Les bars qui fabriquent leurs propres bières sont en effet très nombreux ici! Chaque région a aussi ses bières locales délicieuses, brassées artisanalement.

La bonne idée: filez « Au Coin Duluth » (418 Avenue Duluth Est) pour choisir parmi des centaines de bouteilles de micro-brasseries. Par contre au retour, je ne vais plus pouvoir avaler une Heineken après m’être habituée à ne boire que des bonnes bières! Vive les brasseries Dieu du ciel, la Vache Folle, les Fous brassant – et puis aussi la St Ambroise à l’abricot et la Boréale rousse (mais on m’a fait remarquer que ces deux dernières étaient les Heineken d’ici).

5. De fromage et de charcuterie tu te priveras, ou ton salaire y passera.

Pareil que pour le vin: les prix de la charcuterie et du fromage sont prohibitifs! Imaginez la galère pour mon Français du Sud habitué à passer l’été à s’empiffrer de saucisson dégoulinant de graisse. Un jour, on a quand même acheté du gruyère (avec le logo officiel) au supermarché, parce qu’il était en spécial (donc en action pour les Suisses / en promotion pour les Français). Eh ben il n’avait pas du tout la saveur inégalable du gruyère suisse! Il était hyper délavé du goût, si vous voyez ce que je veux dire. Si quelqu’un devine comment cette déconvenue est possible, qu’il nous le dise svp. Je crie au scandaaaale!

6. Dans une carte d’appel investir tu dois, pour donner des nouvelles à ta mère au prix le plus bas.

Il suffit d’entrer chez un dépanneur et de demander une « carte d’appel » ou « phone card » pour appeler l’Europe. Ensuite, il faudra composer un numéro et un code avant de lancer vos coups de fil. Je vous conseille d’acheter une carte à 2$50 si vous n’appelez pas beaucoup: il y a des heures de conversation dessus, mais ces cartes se périment dans le temps après quelques semaines. Rien ne sert donc d’investir dans une à 10$ pour prendre de l’avance!

7. Une carte de membre de la Grande bibliothèque de Montréal demander tu vas.

L’abonnement pour la BANQ –  qui comme son acronyme ne l’indique pas est la monstrueuse et merveilleuse Bibliothèque (des Archives Nationales) du Québec – est gratuit si vous montrez une preuve que vous habitez à Montréal. Une lettre de notre banquier a servi à se faire une carte de membre, et à emprunter des ouvrages de ses 4 étages géants, qui regroupent des romans en français et anglais, des beaux-livres, des documents sur tous les sujets inimaginables, des cartes de la route, des guides de voyages et des BDs. Avec une astuce pour trouver des auteurs à lire en québécois: chercher les fleurs de lys sur la tranche des romans en parcourant les rayons! J’en ai découvert quelques uns grâce à ce petit symbole si malin.

8. Deux bises seulement aux Québécois tu feras.

Le nombre de bises à coller aux joues des gens est une connaissance qui aide à passer pour un expat intégré, c’est évident. Selon nos observations, à Montréal, c’est deux. Mais pas systématiquement quand on vous présente un inconnu: on fait la bise aux gens avec qui on a déjà sympathisé. Donc selon sa région d’origine en France, on sucrera le troisième bec!

9. Sous la douche tes cheveux longtemps tu rinceras.

C’est trivial mais vrai! Le débit de l’eau est faible dans les douches que nous avons connues au Québec, du coup laver de longs cheveux est plutôt fastidieux. Le shampoing se rince mal dans de telles conditions. Autre différence anodine, que je ne peux pas m’empêcher de relever: j’ai l’impression que les toilettes sont plus basses qu’en Suisse ou en France. Est-ce que je suis la seule à avoir remarqué cela? Ou est-ce une illusion? Je mesure et vous donne la réponse à mon retour.

La poutine de la Banquise

10. Toujours la petite portion tu commanderas. Suffisante tu la trouveras.

Et là, c’est un conseil de l’ogre Hugo, parce que moi avec mon format miniature je n’ai aucune chance de réussir à terminer « la petite portion ». Jugez plutôt… Ceci est la plus petite dose de poutine de la Banquise, un des lieux cultes pour en manger à Montréal. →

Enfin, remarquez que si vous commandez la grande et ne la terminez pas, vous pouvez toujours demander un « doggy bag ». Miam, la poutine réchauffée au micro-ondes doit être un plat du lendemain de choix…

Côté lecture, vous pouvez vous procurer le « Guide de survie des Européens à Montréal« , un bouquin plein de ressources et de conseils, rédigé avec humour. Il nous a été utile pour appréhender certains aspects de la vie au Québec!

Autre astuce à ne pas manquer: pour profiter de tarifs préférentiels en visitant la ville, procurez-vous la carte Accès Montréal. Par contre, pour l’avoir, il faut présenter la preuve que vous êtes résident de la ville. À la clé, rabais dans les musées, entrée au jardin botanique, ristournes sur les tickets de théâtre, et tout ça pour 8 $ par année. (Merci Laurence pour l’astuce!)

Place aux commentaires! À vous d’ajouter vos conseils ou d’apporter vos nuances selon vos expériences…

10 Responses to Les 10 commandements de l’expat à Montréal

  1. Haha, très bons conseils ! Et oui : les toilettes sont bien plus basses… J’ajouterai : en hiver, correctement tu t’habilleras, car au froid on peut survivre, mais seulement avec les vêtements adéquats :)

    • Kantu says:

      Coucou Yvette, merci pour tes lumières! Aha! Ces toilettes sont réellement plus basses alors. Je ne suis pas dingue!
      Tu as trop raison pour l’hiver… on m’a beaucoup parlé de l’efficacité des vêtements québécois. Mais nous, comme des lâches, on va filer au Sud de la France avant que la neige ne commence à tomber alors… on n’aura pas pu les tester ni expérimenter les moins trente ;)

  2. Let It Snow says:

    Ah c’est amusant, je n’ai jamais remarqué pour le débit d’eau ^^ En tout cas je crois bien qu’au restaurant, je n’ai jamais pu prendre un dessert…

  3. Andrée says:

    Tu m’as bien fait rire avec le débit d’eau parce que tout à coup, le souvenir d’une douche en Suisse m’est revenu à l’esprit. Douche serait plutôt synonyme ici de décapage! Je suis sortie de la douche bien bien propre (rires). Et oui, tu n’es pas dingue, les toilettes sont plus basses ici. Par contre pour le fromage, il aurait fallu te rendre soit À la Vieille Europe rue Saint-Laurent, soit au Marché Jean-Talon ou Atwater, tu aurais pu trouver du vrai de vrai Gruyère. Bon retour en Europe!

  4. Ce guide est au top ! j’avais déjà envie d’aller à Montréal, mais l’envie d’y aller est dorénavant plus grande… Dommage pour la charcuterie et le fromage mais tant mieux pour les grandes portions de poutine notamment et la bière qui à l’air pamal du tout !
    Et sinon comment prend-on l’apéro à Montréal ?

    Merci

    • Kantu says:

      Merci Quentin! Pour l’apéro je ne sais pas, je dois dire que les Québécois soupent tellement tôt qu’on n’a pas trop eu l’occasion de prendre l’apéro autrement qu’avec des chips!

  5. Merci ! Il y à beaucoup de manières différentes de prendre l’apéros mais le plus important reste de passer un bon moment. C’est dit, un jour j’irais tester l’apéro à Montréal !

  6. Renata says:

    Super ce post. Et pour les bises, les québécois commencent par la joue gauche alors qu’en France/Suisse c’est avec la droite! Et on ne fait pas la bise à nos collègues en arrivant au travail!

    • Kantutita says:

      Merci Renata pour ces observations! Ah oui ils commencent par l’autre côté, cela ne doit pas être facile de s’adapter au départ. C’est vrai qu’en France ce sont les champions pour faire la bise tout le temps!!

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