Les anglicismes au Québec

Anglicismes: le paradoxe québécois

Publié le 28 juillet 2014 | Par kantutita | Langues & Francophonie, Six mois au Québec

Les Québécois – et leur langue – semblent être pris en sandwich entre deux forces: la culture francophone et anglo-saxonne. Pour mieux comprendre les influences de ces deux cultures, il faut s’intéresser à l’histoire de la Belle-Province – que je vous raconterai peut-être à l’occasion. Car aujourd’hui, j’ai plutôt envie de me pencher sur des histoires de mots. Et pas n’importe lesquels, des mots accusés de tous les maux au Québec comme en France: les anglicismes!

Les francophones du Québec ont été obligés de se battre pour leur langue. Les Canadiens anglophones ont tenté sans succès de les faire disparaître en les assimilant… S’ils s’étaient tous mis à parler anglais, cela aurait fonctionné – et je me permets de dire que cela aurait été bien triste pour la Francophonie. Du coup, conscients de ce noir dessein, les Québécois ont eu envie de se démarquer des anglophones en revendiquant leurs racines françaises.

Comment ce mélange de culture anglophone et francophone influence-t-il la langue parlée ici?

Eh bien influence anglo-saxonne oblige, le français du Québec est teinté d’anglicismes. C’est assez ironique, car les Québécois ont aussi adopté des mots français pour remplacer certaines anglicismes que nous utilisons joyeusement en Europe. Ils condamnent les anglicismes d’un côté, mais… les absorbent de l’autre. Je ne crois pas qu’ils aient toujours conscience de l’influence que l’anglais a dans leurs tournures de phrases et dans certains mots, qui sont des traductions de la langue d’Elisabeth.

En tout cas, des intellectuels québécois ont hurlé au scandale dès le début du XXème siècle, en voyant les Parisiens – pourtant auto-proclamés gardiens du bon français – adopter des anglicismes très smart, comme smoking, footing, muffin, cocktail ou tearoom. Ces Français, devenus traîtres soudainement, ont été accusés d’anglomanie. Cet épisode, lu dans l’excellent livre de la linguiste Chantal Bouchard, « La langue et le nombril« , qui parle de l’histoire du Québec du point de vue de la langue, m’a fait beaucoup rire.

Pourquoi? Parce que les Québécois ont pu râler devant l’adoption de ces anglicismes en France, mais ils nous en livrent de leur côté toute une galerie .

Les fiers québécois répondent à vos « merci! » par des « bienvenue! » (welcome), quand la température monte, ils allument la fan (qui est un ventilateur – et pas une groupie, attention), sortent avec leur gang à un party, parce que c’est l’fun, trouvent que tout ce qui est mignon est cute et disent « allô » pour dire « salut », expression qui ressemble dangereusement à « Hello ». Et si vous croisez une police, elle aura sûrement un gun.

Même certains de leurs mots qui sonnent bien français dévoilent l’influence que l’anglais a eu sur leur vocabulaire, via des anglicismes sémantiques (je vous explique les différents types d’anglicismes plus bas). C’est le cas de « bienvenue » et « allô » par exemple, qui ont pris des sens différents de chez nous.

Au Québec, les anglicismes se trouvent donc là où on les attend le moins. Et, vous avez remarqué, ceux de cette liste qu’on utilise aussi en Europe, comme gang ou job, changent de genre chez nos cousins d’Outre-Atlantique.

Les calques

Il y a des anglicismes qui sont plus insidieux dans le langage des québécois, car ce ne sont pas des éléments du lexique, soit des mots, mais des structures syntaxiques. J’ai par exemple entendu dans une pub à la télé:

« C’est maintenant le temps de votre programme préféré » (It’s now time for…)

Une phrase qui sonne bizarre à mon oreille de francophone de Suisse.

En France, les anglicismes sont mieux acceptés d’après les Québécois

Au sujet de la perception des anglicismes en France ou au Québec, j’ai trouvé ces considérations fort instructives sur le site de l’Université de Montréal, dans une section de conseil sur la rédaction pour les étudiants:

En France, le sentiment de sécurité linguistique des gens qui parlent français est différent du nôtre, et on semble y pratiquer beaucoup plus l’emprunt direct à l’anglais qu’au Québec. En France, on utilise couramment les termes shopping, parking, week-end, e-mail, etc., et ce, tant dans les conversations familières que dans les communications officielles.

Au Québec, en revanche, tout emprunt direct à l’anglais est suspect. Dans les communications soignées, on tente d’éliminer tout mot à consonance anglaise, quitte à faire parfois des… fautes de français ou à se priver d’un mot dont on a besoin pour parler clairement.

Au Québec, on emprunte peu directement à l’anglais, mais davantage de façon inconsciente. On commet plutôt des anglicismes sémantiques et des anglicismes syntaxiques.

Ainsi, tel dirigeant sera content de *nous introduire son épouse (au lieu de nous la présenter), telle chanteuse *sera sous l’impression qu’elle avait la faveur du public (alors qu’elle devrait en avoir l’impression), tel journaliste nous dira que les médecins sont *sur appel (alors qu’ils sont de garde). Ces personnes croient, en toute bonne foi, parler un français correct, mais leur usage de cette langue subit, bien contre leur gré, la pression des structures anglaises sur les structures françaises.

Source: Centre de communication écrite – Université de Montréal

Ce site comprend aussi un paragraphe qui explique les différents types d’emprunts, que je vous résume ci-dessous.

Les différents types d’anglicismes

L’anglicisme lexical est l’emprunt d’un mot, qui peut être francisé ou pas. Cela arrive par exemple lorsque le français n’a pas de mot pour désigner une réalité. Il peut aussi faire doublon avec un mot français. Le Centre de communication écrite cité ci-dessus prend position et les juge alors « inutiles ». Il cite *brake au lieu de frein, *break au lieu de pause, *tip au lieu de pourboire, *switcher au lieu de remplacer ou d’échanger, *canceller au lieu d’annuler.

Il faut noter que les anglicismes acceptés ou pas évoluent au fil du temps. Certains restent dans la zone du langage familier, d’autres sont adoptés dans le langage courant et finissent ensuite par être inscrits dans les dictionnaires, comme le Petit Larousse ou le Robert (tous deux édités en France – je vous le rappelle!)

L’anglicisme sémantique survient lorsqu’on ajoute le sens d’un mot anglais qui lui ressemble à un de nos mots français. Par exemple en utilisant « questionner » (to question) au sens de mettre en doute. Un anglophone s’exprimant en français pourrait aussi l’utiliser ainsi, et tomber dans le panneau de ces faux-amis.

L’anglicisme syntaxique ou calque est lui une traduction littérale d’une expression anglaise, comme « demander une question » au lieu de poser une question, etc.

Les mots québécois qui remplacent des anglicismes

Ça, c’est côté pile.

Parce que côté face, nos cousins d’Amérique ont forgé de très jolis mots qu’ils utilisent à la place des anglicismes que nous utilisons au quotidien en France comme en Suisse (désolée les Belges, je vous connais toujours aussi peu).

  • Sur les Mc Do québécois, on ne lit pas « Drive-in » mais « Service-au-volant ».
  • On se fait percer le nombril au salon de perçage (piercing).
  • L’été on enduit ses cils de mascara hydrofuge (waterproof).
  • Les Québécois adorent faire du magasinage (shopping)
  • Exemple ambigu… Le Coca light se nomme ici Coke Diète.
  • Un jour j’ai même mangé un délicieux « hambourgeois » dans un restau au décor ricain. (burger)

Aidez-moi si vous en avez d’autres!

Note pour les Québécois: eh oui, en France et en Suisse on utilise couramment les anglicismes entre parenthèses ci-dessus.

Françai du Québec - Des hambourgeois

À L’Anecdote, on mange des hambourgeois délicieux! Je ne sais pas si ce terme est courant au Québec ou figure dans la carte par jeu.

Françai du Québec - Le salon de perçage

Une boutique de perçage sur la rue Saint-Denis

Prononciation à l’anglaise

Côté prononciation, les Québécois prouvent qu’ils sont bilingues par culture, contrairement aux Français qui francisent les prononciations (sauf presque le mot « stand ») et écorchent systématiquement les mots étrangers (je n’arriverai jamais à m’habituer à Bach transformé en bac). Les Québécois par contre disent « Pampers » ou « Wifi » avec l’accent ricain. Si vous dictez votre adresse e-mail @free.fr – ne dites pas frit mais bien « frrreeee » pour être clair. Sinon vous êtes…cuit.

.. en revanche, et le paradoxe continue, on dit « Boston » en version francisée au Québec – et pas « Bostonne » comme en France.

J’ai l’impression que la plupart des Québécois de Montréal parlent couramment anglais. Même si la ville est officiellement francophone, l’anglais y a une place importante. J’ai été surprise (et un peu choquée) de rencontrer des anglophones qui y étaient nés mais ne semblaient pas parler français.

Après, peut-être font-ils leurs timides parce que nous leur parlons spontanément en anglais, alors qu’ils pourraient se débrouiller en français s’ils en avaient l’occasion/en ressentaient le besoin?

(Tiens, tiens, cela me rappelle la situation d’un petit pays…)

Pour conclure:

J’ai essayé de rédiger ce billet en évitant de prendre parti « pour ou contre » les anglicismes. C’est comme la politique, chacun a son opinion là-dessus, et il n’y a pas de règle absolue sur la langue!

(et voilà que j’écris sans me rendre compte un mot suisse, une jolie façon de conclure car « là-dessus » est un helvétisme emprunté à l’allemand)

Moi je n’ai pas peur des anglicismes et des emprunts en général, parce que je sais que toute langue vivante évolue en permanence, et se nourrit d’influences venues d’autres idiomes. Le français a par exemple beaucoup emprunté à l’italien son vocabulaire de la musique, et autrefois, ce sont les anglophones qui nous ont piqué une ribambelle de mots français.

Ses emprunts à l’anglais forgent aussi l’identité du français du Québec, qui me semble bien plus riche en expressions propres que le français de Suisse romande par exemple. (Je suis jalouse!)

Dans ce billet, j’ai insisté sur les aspects du français du Québec rappelant l’influence de l’anglais, mais il y a un dictionnaire entier de termes tout à fait francophones que vous n’avez jamais entendus en Europe, avec au milieu des expressions utiles et charmantes qu’il faudrait importer. (À présent, je me permets de donner mon avis ).

Je vous parlerai de ces débarbouillettes – grignotines – peignures un autre jour, quand ma collection sera étoffée. (Edit: c’est chose faite ici!) Je compte proposer une liste de mots québécois à introduire chez nous :) Avertissement à mes proches: je les ramènerai dans ma valise, parce que je les aime, mes nouveaux mots!

Après 28 ans à chérir ma langue française, je ne pensais pas que ce voyage au Québec serait l’occasion de la redécouvrir avec des yeux émerveillés. C’est un très beau cadeau pour moi d’apprendre l’existence de tous ces mots, tous neufs à mes oreilles. Alors, merci cousins québécois, d’avoir su forger et conserver ce trésor et de ne pas être devenus anglophones!

Vous avez probablement plein de choses à dire et à partager après avoir lu cet article: les commentaires vous sont grands ouverts! Je me réjouis de vous lire.

24 Responses to Anglicismes: le paradoxe québécois

  1. Koalisa says:

    Ca montre que les langues évoluent en permanence et se nourrissent de diverses influences… la prof d’anglais que je suis a adoré ton article ! :)

  2. Marion says:

    Super article, vraiment fascinant!
    Je me rappelle quand j’enseignais le français en immersion à Vancouver, l’influence de l’anglais était très forte… D’ailleurs parfois moi aussi j’ai du mal à parler un français correct après 4 ans passés en pays anglophones, certaines tournures de phrases « font plus de sens » ;)
    D’ailleurs mes collègues québécois m’ont appris plein de mots, j’étais fane! Par exemple : ballon volant (volley), ballon panier (basket), tuque (bonnet), etc..
    et n’oublions pas le fameux « aventure en voiture » inventé par mon collègue pour traduire « road trip »
    Le plus dôle c’est quand même les traductions littérales des titres de films au Québec, du genre « le parc jurassique » et « fiction pulpeuse »!

    • Kantu says:

      J’adore cette expression, « aventure en voiture » ;) Les ballon volant et ballon panier sont aussi étonnants! Pas encore eu l’occasion de les entendre ici.
      Les traductions des titres de films sont souvent drôles, c’est vrai!!!
      J’ai parfois le même problème que toi, à force de lire et de regarder des films en anglais, j’ai des tournures de phrases qui parasitent mon français! Heureusement, je crois que je m’en rends encore compte. Après 4 ans en pays anglo-saxon, ça doit être encore plus difficile!

  3. Cynthia says:

    Je pense que la grosse différence au sujet des anglicismes est qu’au Québec, s’ils font partie de la langue parlée et populaire, on tolère mal de les voir écrits ou de les entendre dans une publicité ou à la radio. Un peu comme si c’était quelque chose qui devait être caché.

    A l’inverse, en France, les anglicismes sont souvent considérés comme des mots à la mode et se retrouvent dans des publicités ou dans les canaux de communication réguliers (Magazines,Radio, télévision …). Par exemple, le mot challenge est couramment utilisé même sur les ondes de France Culture. En quelque part, l’utilisation des anglicismes est plus décomplexée.

    • Kantu says:

      Oui, tout à fait, tu résumes bien la situation. Comme tu dis, en Europe, on utilise les anglicismes de façon décomplexée. Je ne m’en étais jamais vraiment rendue compte!

  4. Min says:

    Super article!
    En arrivant en Suisse mon petit ami québécois a trouvé qu’on utilisait énormément de mot anglais (à commencer par le week-end qu’on utilise chaque semaine) et quand moi je me suis rendue au Québec j’ai pensé la même chose! (anyway à la fin d’une phrase, canceller sa commande, appliquer à une job, le break à bras etc…) On utilise juste pas les mêmes!
    Pour les traductions dues à la loi 101 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_la_langue_fran%C3%A7aise) je rajoute PFK, le fameux poulet frit du Kentucky!
    I can’t wait ton article sur les débarbouillettes (j’adore) et autres bobettes et bobépines! (Mon cher québécois s’est bien habitué au papet, panosse et tablard et pourtant j’en apprends encore tous les jours par exemple la semaine dernière le mot « déparler » qui nous manque cruellement en Français de Suisse! )

  5. lili says:

    C’est bien rigolo, ton blog me demande « what do you think? » ;) Je ne connais que très peu la culture canadienne, mais ai l’occasion de fréquenter pas mal de ses représentants par mon job (sic! pardon, travail…). Et même constat, le chiac me semble prédominer: « j’te drive quelque part ? », et c’est drôle, parce que mon job touche principalement à la musique, où la défense du français est une véritable bataille. Chanter en anglais, c’est comme une répudiation. Mais par contre, on « close » une tournée en Europe. Mais pas « de trouble ». J’ai aussi découvert les Acadiens qui ne veulent pas être pris pour des Québécois. Bref, c’est compliqué toutes ces cultures qui se croisent. Mais que c’est riche !

  6. Catherine says:

    Le hasard fait bien les choses: j’ai lu aujourd’hui que le « Bund », journal bernois, un article intéressant sur les réactions scandalisées du Québec par rapport au groupe de rap québequois « Dead Obies », qui chante en franglais. Sacrilège ou pas? J’ai trouvé un site francophone (et québecois) qui s’interroge à ce sujet, également actuel en Suisse… ;-)
    Voici le lien, pour ceux et celles que ça intéresse: http://actualites.sympatico.ca/nouvelles/blogue/dead-obies-crier-au-loup

    Et merci à Kantu pour le post à ce sujet!

  7. Mali says:

    Oh punaise ça doit être folklorique des fois quand même !

  8. Tout ceci démontre que les langues ont une grande place dans la société

  9. Raphaël says:

    Cet article m’a beaucoup fait sourire! En effet, mes parents sont Français, je suis né au Québec et je vis maintenant en Suisse. J’orbite dans l’univers des spécificités linguistiques régionales et j’ai appris à jongler des unes aux autres selon les gens avec qui je parle. Trop souvent certains accusent le Québécois (ou autre) de « mal parler » le Français, alors qu’il ne s’agit que de différences de langages inévitables! (Merci Jules Ferry pour avoir convaincu les Français qu’il n’existe qu’une seule version du Français….).

    Une lacune cependant dans ce texte: la question de la loi 101, qui explique plus que largement pourquoi tout est traduit littéralement (et pourquoi sur tout les produits il est obligatoirement écrit dessus en Français en gros, puis en anglais en petit). Il aurait fallu aborder la question!

    Et pour l’anecdote (non vérifiée, mais probable): l’expression « âllo » viendrait non pas de l’Anglais mais du Hongrois « hallom » (je vous entends) par l’inventeur du central téléphonique Puskàs. Ça reste un néologisme étranger, mais comme quoi on ne prend pas tout aux Anglais!

    • Kantu says:

      Bonjour Raphaël, merci pour ton commentaire. Eh bien, tu baignes dans une culture francophone franco-québéco-suisse alors!
      C’est vrai que j’aurais du citer la loi 101 – j’en reparlerai probablement plus tard :)

  10. Anne says:

    Ahhh je suis très contente, tu m’as appris plein de choses, en effet on pense et on entend souvent que les Québécois retraduisent tout en français, et c’est tellement pragmatique que ça me plait (je me souviens des débarbouillettes pour les lingettes visage, ça parle tout de suite !). Article très fouillé, bravo ! Bises

  11. maryse says:

    En Suisse il y a quelques annees, j´avais bien ri en entendant un collegue quebecois repondant au telephone. Comme il devait rechercher un renseignement, il a dit dans l´appareil :´Restez pendu…´ si ca, ce n´est pas un anglicisme! (hang on)

    ET en Ontario je m´amusais a lire les traductions francaises dans les supermarches. J´en ai oublie la plupart mais sur un paquet de cereales qui avertissait les allergiques qu´il etait possible que quelques noix (nuts) s´y trouvent, on trouvait: ´peut contenir des ecrous´ !…ils avaient du passer par Google

  12. Steve says:

    Pour info (et pour répondre à une remarque du texte), en Belgique aussi on utilise les mêmes anglicismes qu’en France. Peut-être même plus, puisque l’anglais représente un « compromis » acceptable par les communautés francophones et néerlandophones du pays (les germanophones étant moins « susceptibles » :) )

  13. Arielle says:

    En tant que Québécoise habitant en Suisse depuis plusieurs années, je suis ravie de tomber sur cet article! D’ailleurs, les emprunts à l’allemand et les mots comme « putzer » me font bien rire… Je m’amuse aussi de tournures de phrases différentes, qui en viennent à bien sonner à mes oreilles, comme « profitez d’économiser » au lieu de « profitez-en pour faire des économises » ou « à l’emporter » plutôt que « pour emporter ». Les différents accents et l’utilisation que nous faisons de la langue française participent à son charme.

    Mon constat est qu’on trouve autant d’anglicismes dans les cultures françaises, suisses et québécoises, mais ce ne sont pas les mêmes. Le québécois fait des efforts pour les éviter à l’écrit et n’accepte pas leur utilisation dans les médias. Je dois l’avouer, le seul fait de voir « sale » dans les vitrines des boutiques me coupe toute envie de magasiner. Certains Québécois parlent très mal, d’autres très bien, comme partout. Nous ne pouvons pas nier l’influence de la culture anglo-saxonne et par conséquent, il est illusoire de croire que nous empruntons moins à l’anglais que les Français. Cependant, je suis étonnée qu’on puisse dire « restez pendu…  » Vraiment?

    J’aurais également des choses à dire sur les traductions (j’entends à la télé française des choses étonnantes, voire dérangeantes), mais je vais en rester là pour ce soir. Kantu, je suis ravie de découvrir ton blogue!

  14. Lorry Marcoux says:

    Depuis longtemps j’étudie cette question.

    À Montréal il me semble y avoir beaucoup plus d’anglicismes dans le langagues courant. Ce qui est logique, car beaucoup plus d’anglais et de personnes parfaitement bilingues.

    En régions, il me semble que la plupart des anglicisme nous proviennent de l’industrialisation. Une période ou nous etions coupé de la France (sauf l’élite) et ou plusieurs mots nous sont parvenus sans équivalents français. Je pourrais nommer tellement d’exemple que je vais me limiter, mais par catégories il y a plusieurs termes que j’ai eu besoin de beaucoup de temps avant de lire les mots en francais : les termes pour plusieurs outils (ratchet =clé à molette, chain saw = scie à chaine, drill = perceuse, etc), les termes pour les pièces automobiles (char = car = automobile! , break = freins, wipper = essuies gace (ouff, j’ai eu du mal!), le travail en usine : (break = pause, job = emploi, chiffe = quart de travail?).

    Heureusement, plusieurs éléments ont été mis en place pour protéger notre langue. Sans etre refractaire aux changements je crois qu’une certaine désinvolture envahit les plus jeunes et cela m’attriste.

  15. Micheline says:

    Je suis Québécoise et certaines choses que je viens de lire me dérangent. Les Anglais n’ont jamais cherché à nous assimiler. Je ne sais pas où l’auteur de ce texte a pris cette fausse information. Les Anglais ont laissé au Québécois leur langue et leur religion sans rien nous imposer. C’est vrai que beaucoup de Québécois parlent très mal et il ne faut pas généraliser. Tout dépend de la culture et du milieu social. Pour ce qui concerne «restez pendu» , je n’ai jamais entendu cette expression. Ce doit être un cas unique.

    • kantutita says:

      Bonjour Micheline,

      Dans le billet, je cite ma source d’information, le livre « La langue et le nombril » de la linguiste Chantal Bouchard.

      Cette « fausse info viendrait du travail de cette linguiste, professeure à l’Université Mc Gill et ancienne membre du Conseil de la langue française …

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