Un guide non-exhaustif à l’intention des Français.
Ce qu’il ne faut pas dire à un Suisse. Ou comment et pourquoi vous nous énervez, voisins français! Petit catalogue subjectif tiré de mon expérience d’expat à Montpellier.
Je n’avais pas encore osé aborder le sujet, mais les Français ont le chic pour agacer les Suisses malgré eux…
– En parlant du LAC DE G’NÈVE pour désigner cette étendue bleue que nous partageons.
Si en anglais, il s’appelle le Lake of Geneva, indeed, il se nomme en français le Lac Léman. Cette expression de « Lac de Genève » (utilisée dans certains volumes poussiéreux comme ici) énerve tous les Suisses romands, surtout les Lausannois… mais, notez qu’elle peut s’avérer utile pour flatter le Genevois chauvin.
– En croyant que nous parlons tous allemand. Ou français.
Enfin, en méconnaissant totalement la petite Suisse, et sans honte aucune, alors que nous on s’efforce de s’intéresser à notre grand voisin. Hé! On existe et on partage une frontière tout de même! J’ai parfois l’impression de venir d’un curieux pays du fin fond de l’Europe. Ah oui, c’est vrai, on n’est pas dans l’Europe.
Les Français ont aussi le don d’énerver les Suisses…
– Simplement en prononçant les mots « soixante-dix ».
C’est très efficace! Cela me stresse de devoir faire du calcul mental lorsque vous m’épelez un numéro de téléphone. Mais bon, je commence à m’y faire après bientôt 4 ans ici… Mais franchement, septante et nonante, c’est quand même pas plus simple/logique/facile à orthographier/ vite prononcé / aisé à comprendre / doux à l’oreille/ et en plus vite écrit sur un chèque?
– Lorsque vous essayez de vous rappeler de notre capitale.
« C’est Genève ou Zurich? » Devant mes yeux de merlan frit, l’inculte Français se ravise « Bâle? Lausanne? C’est pas Neuchâtel quand même? » (Ô tentative de flatterie indigne!) C’est BERNE les amis, notez-le au stylobille sur une antisèche!!!
En tant que chocolat-suisse addict, cela me met hors de moi, perso. C’est comme si je venais vous dire, « Oui, vous faites des saucissons, certes, mais ils sont peu intéressants comparés à la charcutaille espagnole… Et les vrais connaisseurs le savent. » (La charcuterie est une fierté nationale, et pas qu’à Lyon si j’ai bien compris la France. Idem pour nous et le chocolat!)
– En usurpant les noms de nos fromages nationaux.
Je vous ai déjà fait toute une tartine autour du gruyère suisse sans trous vs le gruyère français sans goût. Eh bien je persiste. En tant que Suisse, je perds mon latin avec votre manie d’appeler le fromage à râper de supermarché gruyère ou emmenthal de façon interchangeable, alors que chez nous ce sont deux fromages bien distincts. Ah! Et en plus, amis suisses, notez que chez les Français les tomes ont une pâte dure – tout le contraire de nos coulantes tomes vaudoises (à la croûte fleurie) et neuchâteloises, dont je n’ai pas trouvé d’équivalent au rayon des produits laitiers français. Eh oui, difficile parfois de se comprendre entre pays fromagers!
» Oh! C’est marrant, du gruyère sans trous! » (Photo officielle de la star des fromage suisses)
Les Français me mettent aussi hors de moi…
– En clamant haut et fort que le mot suisse que je viens de prononcer est « faux » /ou « n’existe pas en vrai français ».
J’insiste, en Suisse on parle aussi le « vrai français » ou le « bon français », on a seulement des éléments du lexique qui varient, que j’évoquais dans les trois billets dédiés aux « helvétismes« .
– En corrigeant les mots ou tournures suisses que j’utilise.
Cela m’amuse de les relever ensemble, hein, y’a pas de doute. Mais les personnes qui jouent les maîtres d’écoles en me signalant chaque fois que j’en utilise un déjà évoqué et en précisant le terme correct en français de France m’échauffent vite les oreilles. Je sais que cela part d’un bon sentiment, mais je ne suis pas un étranger en train d’essayer d’apprendre votre langue, nom de bleu! ;) Et si je veux les employer, mes mots, hein! J’aime m’encoubler, me foehner les cheveux ou boire du thé froid. Na!
– En utilisant des acronymes à tout va. Un exemple?
La BAC et les CRS ont arrêté des usurpateurs du RSA et des ASSEDICS , je l’ai vu sur le site de l’INA.
Mon fils est au CP et il sait déjà qu’il veut devenir prof d’EPS mais j’aurais préféré qu’il aille dans un IUT ou qu’il fasse l’ENA. D’ici qu’il soit au CROUS, de toutes façons, il a le temps de changer d’avis. (Ceci est un exemple, hein, je n’ai pas de fils ni de préjugés sur les profs d’EPS)
Et quand on demande à un Français ce que signifie un de ces acronymes, il ne le sait jamais.
EPS: éducation physique et sportive. Vla autre chose: pourquoi ne pas simplement appeler cela le « sport » ou l' »éducation physique »? Il faut toujours tout compliquer pour faire intelligent avec les Français, qui aiment nommer les choses par des périphrases compliquées. Moins directe et claire l’expression est, plus vous êtes contents et moins je comprends. (Je vais essayer de récolter quelques périphrases pour soutenir cette impression…)
– En rigolant de notre accent. Non, ok, ça vous avez le droit. Mais pas de dire que cela fait « bouseux »!
Mais bon, à part quelques tics que je ne peux réprimer en entendant les phrases typiques susmentionnées, je fais bonne figure malgré ce manque de diplomatie de mes nouveaux compatriotes. Mais oui, je vous aime quand même les Français ;)
En débarquant à Montpellier, je pensais aussi entendre des blagues sur les Suisses. Je suis un peu déçue, car personne ne m’en a racontées! Vous en avez vous?
Et les Suisses, d’autres remarques agaçantes de vos voisins en mémoire? Oui, je l’ai pas dit, mais en plus parmi les clichés sur les Français, on peut relever qu’ils râlent tout le temps!
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