Ecole française: comment s’y retrouver avec les noms des degrés? Quand un petit Suisse comme moi débarque en France, il attrape un mal de crâne en tentant de parler « scolarité ». Plus question d’évoquer ses années à l’école primaire, en première, deuxième ou troisième. Les degrés sont remplacés en France par des dénominations barbares (CE1, CM2,..) et parfois des chiffres décroissants. Mieux vaut éviter aussi d’ébruiter qu’on a commencé l’école à 5 ans…
Billet publié initialement sur le blog en 2012, à présent mis à jour avec Harmos, le nouveau système scolaire suisse. Je me suis tapé une migraine pour vous, voui.
On vous présente un enfant, et vous demandez innocemment dans quelle classe il est. Il vous répondra ce que vous prendrez pour des formules mathématiques « CP, CM2 ou CE1 ». Le bambin d’à côté, petite sœur qui n’a que 3 ans, est aussi fière de déjà aller à l’école. Vous l’accusez d’affabulation avant qu’on vous explique. En France, ils commencent tôt. Ah!
Bon, après, j’avoue, ma mauvaise foi transparaît dans ce billet. En Suisse ce n’était pas forcément plus simple quand j’étais gamine, et que chaque canton avait son propre système. Aujourd’hui « Harmos » a harmonisé les degrés de scolarité suisse, ce qui me permet de vous proposer un tableau pense-bête pour s’y retrouver, plus bas dans cet article. Youpie.
Par contre, ne vous réjouissez pas trop, selon une de mes amis prof à Genève, l’harmonisation a certes uniformisé les noms des degrés en Suisse, mais de nombreuses différences subsistent d’un canton à l’autre…
À LIRE AUSSI: Le cas de la cantine scolaire, la norme en France, mais pas en Suisse!
L’école en France et mes surprises
Scolarisés dès 3 ans
En France, les enfants sont scolarisés à 3 ans (parfois même à 2 dans certains établissements!). Ils vont alors à la maternelle, durant 3 ans (Petite section, Moyenne section, Grande section).
Les Helvètes eux débutent à quatre ans leur scolarité, en « première année » ( avec l’ancien système, c’était à 5 ans avec une année de « jardin d’enfants »)
Les années dans le nouveau système suisse Harmos se suivent ensuite: deuxième année, troisième, quatrième, cinquième… jusqu’à la onzième. C’est facile à dire et à compter.
Les Français eux, donnent des noms snobissimes aux degrés scolaires (désolée les gars, mais c’est vrai). Après tout, qu’attendre d’un peuple qui complique tout au point de ne pouvoir compter simplement jusqu’à septante ou nonante! :P
L’école primaire et ses dénominations barbares
CP-CE-CM quésaco*?
Je dois m’accrocher à chaque fois… mais je vais vous résumer. Alors le premier degré d’école primaire en France s’appelle CP, pour « cours préparatoire ».
« Préparatoire de quoi? C’est compliqué comme nom! » ai-je lancé avec dédain à mon Français de maison. « T’apprends à lire et à compter. Cela te prépare à la suite de l’école. Je vois pas ce que ça a de compliqué, c’est préparatoire car cela te prépare. » Note: les Français n’ont pas l’air de comprendre ce que je reproche à leurs termes alambiqués. Ils se contentent de rire lorsque j’émets l’affirmation que numéroter les degrés, c’est plus simple. Bref.
Nous avons ensuite le CE1 suivi du CE2, où CE signifie Cours élémentaire. Oui, des chiffres dans l’ordre en plus, car l’école élémentaire est plus logique que le collège ( comme nous le verrons par la suite. Chut. Je n’en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise.)
Les heureux petits élèves passent ensuite en CM1, puis CM2, avec un M comme Cours moyen. Et voilà!
Vous retrouvez ces abréviations ci-dessous.
Et autre chose me saute aux yeux: une nouvelle preuve flagrante de l’amour des Français pour les abréviations et autres acronymes. Nous y reviendrons un jour.
Voici un résumé des degrés scolaires, avec les correspondances suisses:
Le tableau en PDF (à télécharger si vous avez besoin d’une loupe)
Merci à ma petite soeur, devenue enseignante l’an dernier, qui m’a fourni ses notes pour ce tableau, que je vous ai joliment mis au propre. Il y a aussi une mention sur la Belgique et le Québec. La ligne sur l’ancien système suisse aidera les Suisses ancrés dans l’ancien système (comme moi) à mieux se repérer ;)
Astuce: il suffit de faire -2 pour passer d’Harmos à l’ancien système. « Ma fille est en huitième Harmos= en sixième de l’ancien système »
Au collège: on compte à rebours
Et nous voilà promus au collège! En France, le « collège », c’est l’équivalent de l’école secondaire. .
Attention, quiproquo à l’horizon! En Suisse, dans certains cantons dont Genève, le « collège », c’est le lycée!
L’astuce avec le collège en France, c’est que… là, il y a des chiffres. Mais qui vont à l’envers. C’est à dire, qu’on débute par la sixième, et qu’on termine en… première? Non, en terminale, avec l’année du bac (au lycée du coup)!
La numérotation débute donc de la sixième, jusqu’à la troisième au collège, et se poursuit au lycée, où il y a trois années: seconde, première, terminale.
→ Donc attention, les plus grands, ce sont les troisièmes, alors que les sixièmes sont les plus jeunes. Moi aussi je dois m’accrocher!
Pendant ce temps avec le système suisse? Il n’y a rien à expliquer, on va de la 5ème à la 11ème. Facile.
Et après, il y a 3 années de lycée, première, deuxième, troisième. Mais après, cela peut varier, mon amie prof genevoise m’a signalé qu’au bout du lac, le lycée se faisait… en 4 ans!
Des élèves classés par niveau en Suisse
Il y a une autre subtilité en Suisse: à l’école secondaire, les élèves sont classés selon trois niveaux d’aptitude scolaire différents (qui changent de nom selon les cantons). Donc au même degré, il y aura trois niveaux. En général, le niveau le plus haut prépare au bac, et le plus bas à une formation professionnelle. Les programmes diffèrent, pour que chaque élève puisse aller à un rythme qui lui convient. Je n’ai pas entendu parler d’un tel système en France actuellement, mais cela a existé selon mon Français, qui était dans un collège privé.
Notez donc qu’après la scolarité obligatoire, tous les élèves suisses ne poursuivent pas leurs études au lycée. Le bac, c’est la porte pour l’université, mais il y a d’autres voies possibles (écoles de culture générale, formation professionnelle). En France, on m’a dit que la majorité des élèves passaient le bac.
Concernant les différences de vocabulaire à connaître aussi, le bac s’appelle souvent maturité gymnasiale en Suisse, et le lycée peut se nommer le gymnase. Un jeune Suisse qui fréquente assidûment le gymnase ne sera donc pas forcément musclé.
J’espère que ce billet vous aura aidé à y voir plus clair dans les degrés scolaires, il est facile d’être embrouillé!
→ A lire aussi: ce poste où j’avais tenté de réaliser un tableau de conversion des notes d’examens – sur une échelle de 6 en Suisse, contre 20 en France.
À très bientôt! N’hésitez pas à laisser un commentaire, un ajout, une réclamation. C’est fait pour ça!
À propos de l’intertitre astérisqué* – Saviez-vous que l’expression « quésaco » est un emprunt à l’occitan « qu’es aquò » ? Je vous expliquais quelques éléments sur la langue régionale du Sud de la France dans ce billet.
Si vous cherchez d’autres conseils pour comprendre les différences entre la Suisse et la France, regardez la rubrique « Surprises culturelles en France » de mon blog d’expatriée suisse OU celle « Typiquement suisse ».
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