Je vous présente un automate de la poste, votre principal interlocuteur pour l’envoi de courrier en France. Au bureau de poste, on ne veut absolument pas me laisser m’adresser à un être humain pour réceptionner un chèque ou envoyer du courrier. Tout est automatisé pour optimiser le temps!
Eh oui, même en accomplissant le geste banal d’envoyer une lettre, je remarque un tas de différences entre nos deux pays. Je vous parlerai aujourd’hui du traitement du public dans les bureaux de poste! Tout y est au-to-ma-tique.
Mon aventure a lieu dans la succursale montpelliéraine du géant jaune français situé à côté de la Préfecture. Je sors un ticket de la machine pour attendre mon tour: rang 83. Bon. Jusque là, c’est exactement comme en Suisse. J’ai bon espoir d’accomplir ma mission, soit déposer un chèque et envoyer des lettres à mes amis.
Mon ami l’automate de la poste
Un employé, qui s’approche de chaque nouveau venu, me demande à mon tour pourquoi je suis là. Son but: optimiser le temps, en dirigeant les clients vers un des automate de la poste, qui distribuent les timbres et avalent les chèques. Lorsque je lui explique le but de ma visite, il me montre du doigt lesdites machines et se propose de m’expliquer leur fonctionnement.
Problème: ancienne philatéliste, je préfère les timbres colorés aux étiquettes ternes estampillées par cet automate de la poste. Je ne sais comment expliquer à ce type que, pour des raisons esthétiques, je préfère faire la queue.
« Heu, mais je veux un carnet de timbres, moi! »
« Parfait, la machine en distribue aussi! »
« Mais j’ai aussi un paquet à envoyer… »
« La machine s’en charge! Elle les pèse. Vous le posez dessus, vous choisissez la destination, le type du courrier, et vous collez l’étiquette sur votre paquet et vos lettres! »
« Ah, ça aurait été pratique, mais je n’ai pas de monnaie. »
« Elle accepte les cartes. Et il y a un distributeur de monnaie ici si vous n’avez que des billets »
Je suis vaincue. Je regarde avec regret le guichet où j’aurais pu avoir affaire à un humain, et je pèse mon courrier avec l’assistance d’un cube en plastique (par ailleurs très serviable).
Une fois mes timbres collés sur les enveloppes, je me dirige vers l’automate de la poste pour les chèques. (Je vous rappelle qu’il faut déposer son chèque dans sa banque, la mienne s’avère être la Banque postale.)
La machine me demande d’inscrire mon numéro de compte au dos du chèque. Numéro qui ne figure pas sur ma carte et que je ne me suis pas amusée à mémoriser.
Hourra! Je DOIS donc aller au guichet, je ne peux pas utiliser la machine!
Une autre raison plus profonde me pousse à me réjouir: je ne vois pas pourquoi je devrais accepter que les supermarchés, postes, etc fassent travailler les clients pour pouvoir diminuer le nombre d’employés. Groumpf!
Et j’aime demander des conseils sur les modes d’envoi et les différents tarifs, pour choisir le mode d’affranchissement le plus adéquat. Infos que la machine peu bavarde ne veut pas me livrer.
Donc, très contente, je me retrouve en face d’un humain derrière le guichet. J’en profite pour commander des carnets de timbre, ornés de fleurs pour la France, et tout bleus pour la Suisse (bouh). Et là, STUPEUR, au lieu d’encaisser mon chèque, le mec inscrit mon numéro de compte dessus, après quelques recherches sur son ordi, et il me le tend. « Voilà, vous pouvez utiliser la machine ». Je reste coite.
Bienvenue à la poste automatique.
Ironie de situation, je n’ai même pas besoin d’ouvrir la porte pour sortir, elle m’est gracieusement tenue par un mendiant…
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