Adieu tout le monde! Un ptit billet un peu patriotique suite au 1er août. Contrairement aux nombreux expats qui ont partagé leur caquelon sur la page Facebook du blog, j’ai pas fait de fondue pour la fête nationale suisse cette année, moi. En revanche, j’ai essayé de faire de la tresse! Verdict, elle est moche, mais bonne.
Alors je sens qu’il va y avoir des quiproquos si je n’explique pas ce que c’est tout de suite pour les lecteurs français. Une tresse, c’est une sorte de brioche au beurre suisse, qui a pour particularité une forme tressée, comme la coiffure.
C’est si goûtu que c’est un des trucs sur lequel je me rue quand je rentre en Suisse, parce qu’on n’en trouve pas en France évidemment. (Vu qu’ils ne mangent que des baguettes de toutes façons) Côté ingrédients, c’est assez basique!
Avec de la vraie levure en cube, hein! J’ai eu trop de peine à en trouver dans mon giga-supermarché en France: c’est simplement dans un frigo proche du rayon des pains, mais vu la taille de l’objet il m’a fallu des mois pour mettre l’œil dessus à mon arrivée dans l’Hexagone.
Se débrouiller dans la vie sans Croqu’menus: dur, dur
Alors, comme c’est quelque chose de faisable à la maison, j’ai décidé de tenter l’expérience de faire de la tresse depuis mon fief à Montpellier. Parce que je suis tombée par hasard sur une recette de « Zopf » (son sympathique nom en allemand) sur un site français de partages de recettes il y a quelques jours (c’était sans doute posté par une suisse-allemande).
Vous allez penser que je ne suis pas très dégourdie parce que je n’ai jamais essayé avant – alors que faire sa tresse maison est un classique dans les campagnes suisses. Ben oui, voilà!
Il va sans dire que j’aurais préféré utiliser la recette du Croqu’menus, la bible culinaire que l’on reçoit pendant les cours de cuisine à l’école en Suisse – or le mien est enfoui dans un carton. (Parce que je n’ai pas encore pu récupérer tous mes cartons depuis le Québec!) Blasphémerie! Il a donc fallu ruser et faire sans.
Je précise quand même que j’ai comme coutume de bobo de fabriquer du pain au four une fois par mois – parce que ça m’amuse. Donc faire une tresse, ça me faisait pas trop peur, même si c’était une première. Le challenge, c’est surtout de réussir, avec son cerveau, à tresser les brins de la bonne façon. Mais mon amoureux qui est scientifique m’a aidé alors on s’en est sortis.
Point chaud: le tressage du pain!
Il faut partager sa pâte en deux longs boudins, les disposer en croix, et entrecroiser deux brins en face. On l’a montée à la verticale, je sais pas si c’est très catholique mais ça a bien marché.
Pour avoir une idée de cette manœuvre, je vous ai trouvé cette vidéo d’une Suissesse vachement douée! Ah, un jour j’aimerais être capable de faire une aussi belle tresse…
Une tresseuse chevronnée, je vous dis!
Une œuvre esthétiquement discutable
Verdict: faire de la tresse c’est amusant, et si la mienne est moche, c’est sans doute un problème de qualité de la pâte, qui ne voulait pas rester lisse… Ce n’est pas qu’un problème de doigté, je vous jure! Je vais réessayer avec la recette proposée à la fin de la vidéo, et on verra ce qu’on verra, groumpf.
Allez, je vous remets la photo pour le plaisir de l’auto-dérision ;)
Malgré le fait qu’elle soit un brin vilaine, on en a fait quelques bouchées au petit-déjeuner, avec du beurre et de la confiture. Et c’était bon. Oui, j’adore mettre du beurre sur un pain au beurre, y’a rien de meilleur!
Le vrai bon goût de la tresse industrielle
Côté goût, j’ai cependant un petit problème avec ma tresse maison: je la trouve moins délicieuses que la tresse de la Jowa que je grignote d’habitude en Suisse, parce qu’elle a moins un goût de beurre et est moins aérée. (Pour les français: La Jowa est la boulangerie industrielle de la Migros) Bizarre non, normalement, tout ce qui est maison n’est pas meilleur? Mon Français prétend que c’est une simple question d’habitude parce que j’en mange depuis que je suis gamine… Voir plus bas pour une nouvelle conclusion
En tout cas, si vous avez des astuces pour réussir sa tresse, et la rendre belle, je vous écoute! Je compte bien recommencer ^^
Un nouvel essai de tresse
Edit de novembre 2016.
J’ai à nouveau essayé de faire de la tresse, et elle s’est avérée encore plus moche que la dernière fois. Regardez plutôt.
On pourrait avancer que je ne suis pas douée. Et pourtant j’aime bien faire du pain et de la pâtisserie, sans avoir jamais ce genre de problèmes! Une seule explication, c’est la tresse qui m’en veut. Celle que vous voyez ci-dessus était magnifique avant que je la place dans le four. Là, elle a commencé à gonfler à outrance… L’aurais-je laissée trop lever?
Par contre cette fois, elle avait un vrai goût de beurre et de tresse, et relègue la version industrielle à la poubelle. C’est que j’ai changé de recette, de farine (en utilisant de la farine spécialement pour tresse), de méthode de lissage… Une révolution!
Mieux vaut une tresse moche mais bonne qu’une belle tresse dég après tout. Je compte bien refaire la recette, quitte à me retrouver à dévorer un monstre de ce genre à nouveau.
Cette fois, je me suis basée sur une super recette qu’une lectrice m’a envoyée. Alors merci à Gisèle S!
Je me demande aussi s’il est envisageable de fabriquer des petits pains au lait, du pain tessinois, des biberlis et des chaussons aux poires bernois à la maison – ce sont en vrac et dans le désordre les autres trucs suisses qui me manquent et je suis pleine d’ambition!
Et vous, quelles recettes suisses vous réalisez dans vos pénates d’expats?
Et les Suisses qui n’avez qu’à vous pencher sur un rayon d’un des géants oranges pour avoir de la tresse, est-ce que vous en faites quand même chez vous?
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