On prend la route avec un petit coup de gueule sur la conduite des français, avant d’évoquer les différences de panneaux et de limitations entre l’Helvétie et l’Hexagone. Ensuite, un duel « vignette contre péage » montre qu’on est bien lotis en Suisse, pendant que les Français paient leurs trajets en automobile au prix fort!
Je l’avoue, le flegme généralisé des Suisses au volant me manque. À chaque fois que je quitte ma place de parc*, je sais que je vais devoir éviter un accident dû à la nervosité d’automobiles imbéciles. Voire d’un boguet* fou! Alors je reste aux aguets.
*Aide aux Français sur les mots suisses
un signofile est un clignotant de voiture
une place de parc est tout simplement une place de parking. On utilise les deux expressions en Romandie.
un boguet est un vélomoteur
Dans le panneau!
Des panneaux à Montpellier: l’autoroute est indiquée en bleu, les routes principales en vert. C’est exactement l’inverse en Suisse!
Si, malgré mes avertissements, vous vous aventurez sur le réseau de routes françaises, il y a plusieurs détails qui pourraient vous intéresser… Déjà, deux couleurs de panneaux sont inversées! …pour tenter de vous expliquer cela simplement:
- Un panneau vert indique en Suisse une autoroute, en France, une route principale.
- Un panneau bleu indique en France une autoroute, en Suisse, une route principale.
C’est encore un coup à se foutre dedans! Comment arrive-t-on, en tant que voisins raisonnables, à des situations aussi absurdes?
Ensuite, sachez qu’en France, la limitation de vitesse sur l’autoroute est de 130 km/h. Sauf s’il pleut: elle descend alors à 110 km/h. Pendant ce temps, les Suisses roulent théoriquement toujours à 120 km/h.
En ville, des deux côtés de la frontières, les panneaux indiquent un 50 tout rond. En sortant d’une localité, les compteurs suisses s’arrêteront à 60 km/h, puis à 80, pendant que les aiguilles françaises oscilleront de 70 km/h à 90 (à ne pas lire dans sa tête « septante » et « nonante », mais bien « soixante-dix » et « quatre-vingt-dix »!). Les zones à 30 existent aussi dans les deux pays.
Vignette suisse contre péage français
Un Français passant la frontière râlera car il devra acquérir la vignette suisse, permettant d’emprunter les autoroutes du pays. C’est ennuyeux lorsqu’on vient pour un séjour de quelques jours, car la redevance de 40 chf (33 euros) est valable un an! Il n’existe bêtement pas d’autocollant utilisable seulement une semaine… Pas encore du moins! En 2015, un sésame spécial touristes pourrait voir le jour, et le prix modique de la vignette annuelle devrait augmenter à 100 chf.
La vignette suisse pour emprunter les autoroutes, à acheter à la douane et à coller sur son pare-brise!
Quand on compare son prix à celui des péages, on se rend compte qu’on est tout de même gagnants en Suisse! Les Français paient chaque trajet au prix fort aux sociétés privées d’autoroutes. Pour vous faire une idée, le trajet simple Montpellier-Lyon, qui dure 3 heures, coûte à peu près cinquante euros en péages (soit 60 francs suisses), selon cet outil de calcul. Je ne dévoilerai pas ici les trucs que quelques têtes brûlées m’ont conté pour éviter de payer une fois arrivés aux barrières!
Suisses, pour éviter de vous faire klaxonner une fois au péage, que la barrière soit gardée par un être humain derrière son guichet ou une machine, rappelez-vous d’avoir une carte bancaire ou de la monnaie à proximité. Et ne laissez sous aucun prétexte votre ticket d’entrée sur l’autoroute s’envoler par une fenêtre durant le trajet!
Amis français, si vous avez des doutes sur votre conduite, révisez votre code pendant les vacances! ;) Après tout, je râle, mais savez-vous que les chiffres me donnent raison? Selon les statistiques de l’IRTAD, les Français se tuent plus sur les routes que les Suisses. Pour un milliard de kilomètres parcourus en 2006, 9,6 Français se sont tués, contre 6,5 Suisses. Et toc!
Drive safe et bon week-end.
PS. En parlant de différences, je vous parle aussi du permis à points par là !
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