Le vocabulaire du football au Québec. Un premier billet s’intéressant au français du Québec et à ses spécificités, par le prisme universel du football.
La coupe du monde de football – pardon, de soccer, est malheureusement arrivée jusqu’à Montréal. Par souci patriotique, j’ai donc suivi d’une oreille les matchs de la Suisse et même de la France, commentés par les chroniqueurs de Télé Québec. Finalement, je suis même restée scotchée devant mon écran, car regarder un match est une bonne façon de repérer des québécismes! Comme vous le savez, j’adore noter les petites différences de vocabulaire dans la francophonie – mais pour une fois, ce ne sont pas des mots suisses que je m’apprête à vous servir.
Expressions québecoises autour du football
Ce dont je veux vous parler aujourd’hui, c’est du changement de vocabulaire lié à l’univers du foot – enfin, du soccer – outre-atlantique. J’ai noté ces petites expressions québecoises:
Par exemple, on ne dit pas un « corner » – au Québec, non, trop English – mais un coup de pied de coin. Surprenant non? Par contre, le penalty, c’est permis.
L’arbitre peut aussi être nommé l’officiel (très classe non?) par certains commentateurs, pour varier les plaisirs.
Deux autres termes diffèrent: les Québecois parlent de pointage plutôt que de « score », et de la défensive pour « la défense ». Exemple tiré du match Suisse-France (pardonnez-moi si cela évoque chez vous des souvenirs pénibles)
« La défensive suisse a fondu depuis le début du match. »
J’ai été surprise par la prononciation de certains mots! Par exemple, nos commentateurs québecois parlent d’un club, prononcé /klube/, et non /kleube/ et lorsqu’un avant inspiré marque, on acclame son but, prononcé /bu/ et non /butte/.
D’ailleurs, pour que vous profitiez de ces expressions susmentionnées en live, j’ai enregistré quelques fragments du match. Vous pouvez ainsi écouter les commentateurs québecois et apprécier leur accent. À vous de retrouver les expressions dont je vous parle ci-dessus, la majorité sont prononcées dans ce son!
Commentaire québecois durant le match de foot France-Suisse
J’ai aussi entendu un mot particulier pour désigner les « supporters », mais je l’ai perdu. Si vous l’avez sur le bout de la langue, donnez-le moi dans les commentaires s’il vous plaît!
-> Merci à Gérald, qui nous le rappelle: on dit les partisans
J’en profite pour rajouter les commanditaires, pour dire les sponsors.
Les commentateurs ont présenté le match comme un « clash francophone », pourtant je suis sûre qu’ils savent que les joueurs parlent plutôt suisse-allemand. Pointe d’humour: à un moment, ils ont dit avec spiritualité de l’équipe suisse, « Il leur faut de la force d’emmenthal pour revenir dans le match. » alors que la caméra montrait un supporter partisan rouge à la tête surmontée d’un fromage à trous. J’ai beaucoup ri.
Un dernier mot sur le soccer…
L’info à retenir, c’est qu’ici au Québec, si on parle de football, on parle de football canadien, (légèrement différent du football américain) (et qui n’a rien à voir avec le rugby , même si dans ma grande ignorance je suis tentée de mélanger les trois. Du coup je me fais engueuler par un certain aficionado de mon entourage et dois me taper des explications rébarbatives sur les divergences entre le nombre de joueurs et les violences permises dans l’un ou l’autre de ces sports de brutes.)
Notez par la même que le voc du soccer est bien moins riche que celui du hockey, sport qui suscite ici un engouement national. (Je vous parlais des différentes façon d’appeler un puck dans ce billet).
Selon le livre d’Audrey, l’auteure expat dont je vous parlais la semaine dernière, le soccer est considéré comme « un sport de filles » (mon dieu, viens-je d’utiliser une expression sexiste?) « un sport de lopette » au Canada. À voir danser ces joueurs freluquets sur le terrain pendant la coupe du monde de soccer, et après avoir suivi du hockey et du rugby / ou du football américain pour pouvoir comparer les carrures, on comprend mieux cette vision!
En tout cas, je suis étonnée du nombre de bars qui rediffusent les matchs de la coupe du monde à Montréal! Comme c’est une ville hautement cosmopolite, un concert de klaxons se fait entendre après chaque match. Et on croise une foule bigarrée de maillots de leur équipe chaque jour dans les rues du Plateau. Pas encore croisé de Suisse!
Avant de terminer, je préciserai pour les Québecois qui viennent d’arriver sur cette page et qui ne connaîtraient pas YPFL que ce blog décortique les différences linguistiques entre les variétés du français, dans un but ludique, mais avec nulle intention de se moquer! Je sais que je peux taquiner les Français comme je veux car ils ne sont pas susceptibles et rigolent volontiers d’eux-mêmes, pour les Suisses j’ai le droit car je suis moi-même une fière Suissesse et pour les Québecois? La langue semble être un sujet plus sensible ici et je ne veux froisser personne. Je vous en reparlerai, mais tiens à le dire: français de Paris, de Suisse, du Sud de la France ou du Québec, il n’y en a pas un qui est supérieur aux autres, ils sont simplement différents!
J’espère que vous aurez aimé découvrir le vocabulaire du football au Québec.
Et vous, cela vous inspire quoi les expressions du soccer et le français du Québec?
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