Pour écrire ce billet, j’ai succombé à une coutume marseillaise: choisir une marche de l’imposant escalier devant la gare Saint-Charles, et s’y asseoir, face à une mer de toits. Devant moi, une grande rue descend jusqu’à l’emblématique Canebière, l’avenue qui mène au Vieux-Port et sa forêt de mâts… J’en reviens!
QUARTIER DU VIEUX-PORT
Je suis tombée amoureuse d’une Église, près du Vieux-Port, à cause de ses habits rayés. Je me suis perdue avec délice dans les ruelles du quartier où la lessive flotte comme autant de pavillons de couleur. J’ai fait une halte au café Cup of Tea, au milieu des livres, car l’endroit fait aussi librairie…
Charmant quartier, le Vieux-Port se sent autant qu’il s’admire. Les impressions olfactives y sont prononcées. Enfin, j’essaye de dire avec subtilité que ça pue. Le poisson. La saleté. Le goudron. Tout comme le reste du centre de Marseille où je me suis promenée, d’ailleurs. Que voulez-vous, c’est une grande ville, avec un métro, des ordures qui traînent, des travaux partout, des façades délabrées. Rien à voir avec le petit centre riquiqui de Montpellier. Marseille est un monstre qui prétend au rang de la deuxième ville de France – place parfois disputée par Lyon – et qui affirme son identité en opposition à Paris. Ah le légendaire caractère du Marseillais, fanfaron et borné!
Après avoir débouché sur le Vieux-Port depuis la Canebière, j’ai poursuivi ma balade sur la rive droite. La vue est impressionnante sur une forêt de mâts, et plus loin, des bâtiments d’une autre envergure mouillent à l’abri. On aperçoit les deux forts couleur sable qui gardent l’entrée du port.
Cliquez sur les images pour les agrandir!
L’EGLISE DES MARINS
Face à nous, Notre-Dame de la Garde domine la ville sur sa colline. Une église magnifique et étonnante: en son cœur, des mobiles de bateaux sont suspendus pour protéger les marins. Préparez-vous à une montée à travers des ruelles raides pour mériter sa visite! La récompense: une vue imprenable sur la cité phocéenne.
VAGABONDAGE
En empruntant le tram, j’ai découvert un autre monument qui vaut le détour: le Palais Longchamp, qui abrite un musée (en rénovation). Il donne dans la démesure, avec son imposante fontaine, que dis-je, une cascade! Elle est ornée de statues gigantesques. Derrière le palais, il y a un joli jardin, mais comme j’ai visité Marseille sous la pluie je ne m’y suis pas attardée! Je me suis plutôt abritée dans un bel et vieil hôtel particulier qui dévoile ses charmes et ses trésors aux curieux pour quelques euros… Il se trouve dans l’avenue face au palais.
Le soir, pour dénicher un petit restau, un bar sympa ou une salle de concert (voire les trois en même temps!), je me suis dirigée vers le quartier animé de la Plaine, qui comme son nom ne l’indique pas est situé plutôt en hauteur, pas très loin de la gare. Il y a du choix!
Par contre, comme on parle de restau, je n’avais pas le budget pour goûter à la spécialité du coin, la bouillabaisse, fameuse soupe de poissons pour gourmets. Je me suis rattrapée sur une autre spécialité – semble-t-il – les pizzas, vendues à tous les coins de rue autour de la Canebière. Une autre spécialité (voir photo ci-dessous) est la Cagole, une bière locale… Le mot désigne aussi…une piche, une quiche ou une pétasse, que vous parliez montpelliérain, français de France ou le langage universel.
Je vous abandonne après ce petit tour de Marseille, alors que deux Suisses-allemands viennent de s’asseoir à côté de moi, sur l’escalier de la gare. Je les ai d’abord distraitement pris pour des Suédois avant de reconnaître leurs intonations…
PS. Note sur les Marseillais
Mon impression sur eux, après une journée à déambuler dans les rues de la cité phocéenne, est qu’ils sont plutôt sympas! Mes observations sont anecdotiques: j’ai passés 700 jours à Montpellier et quelques heures ici. Pourtant les Marseillais m’ont paru moins snob, grâce à ces petites perles récoltées, qui sont rares là où je vis! Des voitures se sont spontanément arrêtées pour me laisser passer sur des passages piétons, un monsieur m’a dit « à vos souhaits » alors que je prenais froid sur l’escalier, et deux inconnu(e)s m’ont souri dans le métro. Des pompiers, me voyant photographier un bâtiment, m’ont donné l’adresse du site de leur collègue dédié à l’ouvrage (les Docks, un projet colossal pour transformer le quartier des anciens entrepôts, magnifiquement restaurés, en Champs-Élysées marseillais).
Après, j’ai quelques connaissances qui y ont vécu et ne veulent plus y mettre un pied. Vraisemblablement, Marseille ne laisse personne indifférent, soit on adore, soit on déteste!
Et vous, quelles impressions ramenez-vous de Marseille?
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