En France, chaque nouvel employé doit se rendre chez un médecin du travail, pour « l’examen d’embauche ». Faites « aaaaaah », je vous en apprends plus sur cette démarche que j’ai moi-même subie .
Encore une petite spécialité de nos voisins français! Lorsque vous signez un contrat de travail chez un employeur, celui-ci vous enverra passer un contrôle médical chez un spécialiste. Pourquoi? Ben simplement pour qu’il examine votre état de santé global!
(Image ci-dessus, Opensource.com, CreativeCommons)
Cette procédure s’appelle « l’examen médical d’embauche« , et est obligatoire. Il y a toutefois plein d’exceptions qui confirment la règle, à retrouver ici.
Si un salarié refuse de passer sous l’œil attentif du médecin du travail, cela peut justifier un renvoi d’après la loi.
L’objectif de cet examen rituel est de vérifier que le salarié est apte à exercer les activités prévues par son contrat de travail, et de le mettre en garde contre les éventuels dangers de sa mission. Un autre but: vérifier que le salarié n’est pas atteint d’une affection dangereuse pour les autres travailleurs.
Le contrôle ne se fait pas immédiatement après la signature de votre CDD ou CDI, rassurez-vous. Le laps de temps admis équivaut à la période d’essai.
Et ce n’est pas fini, j’ai appris que les salariés font aussi l’objet d’un suivi: ils doivent retourner se faire ausculter en principe tous les 24 mois. Cela s’appelle « l’examen médical périodique« .
Alors, ils sont pas fous ces Français?
L’examen d’embauche: obligatoire, même pour un CDD de 3 semaines
Lors de mon arrivée à Montpellier, avant de virer indépendante, j’ai été réquisitionnée un mois en CDD pour remplacer un employé d’un journal local. Quelle ne fut pas ma surprise quand, après quelques jours dans la rédaction, la secrétaire s’est approchée de moi pour me dire:
« À propos, à quatorze heures cet après-midi tu dois aller chez le médecin. »
« ?!! Chez le médecin? Mais pour quoi faire? » Je l’ai trouvée bien prévenante! Elle a fini par m’expliquer qu’elle ne me trouvait pas pâlotte mais que c’était une démarche administrative obligatoire pour tous les nouveaux salariés – oui, oui, même si je n’allais rester dans l’entreprise que 3 semaines! (Ils ont aussi dû me commander une carte de sécurité sociale, comme c’était mon premier job dans le pays. Mais c’est une autre histoire.)
La visite d’embauche a donc lieu quelle que soit la durée du contrat de travail. Quant au temps nécessaire à cet examen général, il doit être pris sur les heures de travail. Heureusement car dans mon cas, la ponctualité du toubib… enfin bref.
Déroulement de mon examen médical d’embauche
À 14 heures, je me suis donc rendue chez le docteur du travail de l’entreprise, sans savoir à quoi m’attendre. La secrétaire m’avait rassurée en me disant que ce serait rapide et que je n’aurais rien de très spécial à faire. Son cabinet se trouvait juste de l’autre côté de la route. Après avoir attendu longtemps dans la salle d’attente, mon tour est enfin venu.
Une assistante du médecin m’a demandé… un échantillon d’urine. Ensuite, elle m’a fait une prise de sang. Je n’ai même pas eu le temps d’avoir peur de l’aiguille.
Le docteur est ensuite arrivé et m’a fait passer un « entretien »: il m’a posé des questions sur mes antécédents et cherché à voir quels pouvaient être les risques d’être reporter pour un quotidien. N’ayant aucun élément lourd à porter sur le dos, ni exposition à des substances dangereuses, il n’avait pas eu grand chose à me dire sauf « attention, les feuilles de papier, ça coupe! »
Mes souvenirs sont lointains, mais il a dû mener un examen habituel: il m’a pesé, ausculté le larynx et écouté le cœur.
Après avoir lamentablement échoué au test de la vue et juré que j’avais des lunettes mais que je n’avais pas pensé à les prendre – la rédaction étant de l’autre côté de la route – le médecin s’est moqué de moi parce que je marchais dans la rue sans rien voir. J’ai trouvé cela déplacé – si je n’ai pas envie de voir le visage des inconnus que je croise, ça me regarde, non?
Et ce n’est pas fini.
Le praticien s’est ensuite payé la tête de mon carnet de vaccination neuchâtelois, et a appelé son assistante « Venez voir ça Clothilde, c’est hilarant! Jamais je n’ai vu un carnet de vaccination pareil! Mais qu’est-ce que ça veut dire: Di-Te-Per? » Les deux ont levé des regards interrogateurs sur moi. « J’en sais rien, je ne suis pas médecin moi! » leur ai-je répliqué. « Mais vos vaccins sont à jour, n’est-ce pas? » « Je crois bien, oui » (je mentais bien sûr) « Alors tout est en ordre. »
Bref, après cette formalité, il a retrouvé son sérieux (ouf) et rempli ma « fiche médicale d’aptitude ». Il a donc déclaré que j’étais apte à travailler dans le canard pour les 16 jours restants de mon contrat. »
Tout ça pour ça, ai-je alors pensé. »
Heureusement, je n’ai ainsi pas dû retourner chez le docteur après avoir signé mon second CDD en France, car un « nouvel examen d’embauche n’est pas obligatoire lorsque le salarié est appelé à occuper un emploi identique présentant les mêmes risques d’exposition. » Heureusement, car étant télérédacteur auprès d’un site web basé dans la capitale, je n’avais pas très envie de me taper le voyage jusqu’à leur médecin du travail à Paris! Je ne sais pas si des dérogations sont possibles dans ce cas ;)
Et vous, que pensez-vous de cette démarche? Utile, inutile?
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