Mes horaires sont chamboulés depuis que je vis dans le Sud. Je me heurte aux portes fermées des commerces car je suis trop matinale. Mon estomac gargouille dès 18h30, alors que le « dîner » se prend ici tard. Mais surtout, je suis fatiguée de faire le pied de grue en fixant ma montre. Ah, la ponctualité des Français!
Premier décalage: l’ouverture des magasins
En Suisse, les magasins dédiés au shopping récréatif ouvrent plus tôt – à 9 heures – et ferment plus tôt aussi – 18h30 en semaine, 17h00 le samedi. Je vous parle là de mon expérience à Neuchâtel, car les horaires s’allongent quelque peu dans les plus grandes villes comme Lausanne ou Genève. Les commerces alimentaires, comme la bonne vieille Migros du centre-ville neuchâtelois, ouvrent généralement autour de 8h00 et ferment à 18h30 (sauf le jeudi, soir de nocturne, à 20h00). Autre subtilité, les magasins restent quasiment tous clos le lundi matin, un moment de repos moins courant en France, comme il n’y a pas non plus de nocturne hebdomadaire.
Je me souviens que mes colocataires français s’étaient arrachés les cheveux en découvrant les subtilités des horaires suisses: le timing est trop serré pour effectuer ses courses à la sortie du boulot (sauf le jeudi, alléluia!). Ce n’est en effet pas le samedi matin que les Français se précipitent pour faire leurs commissions: ils ont tous les soirs de la semaine à disposition! Les grands centres commerciaux restent accessibles aux adeptes de la course de chariots jusqu’à 21 heures environ… C’est très agréable. Enfin, les employés desdits centres ne sont sûrement pas du même avis.
La seule certitude, c’est que le dimanche, tout est fermé, dans un pays comme dans l’autre!
Deuxième point de décalage: ici on mange plus tard. Dans la mesure où Montpellier est plus au sud de l’Europe, je ne devrais pas être étonnée… L’heure du repas du soir, appelé « dîner » en français de France et « souper » en français de Suisse, se situe autour de 20h. Les Suisses soupant généralement entre 18h30 et 19h30, il m’a fallu quelques mois d’adaptation pour ne plus crever la dalle chaque soir… Car 19h30, au Sud de la France, c’est tout juste l’heure de l’apéro! Et la razzia sur les olives, j’en ai vite eu marre!
Difficilement concevable en Suisse: à Montpellier, il est aussi possible de réserver une table dans un restaurant pour 22h.
Avant l’heure, c’est pas l’heure!
Loin d’être une maniaque de la ponctualité, j’apprécie qu’on me montre du respect en arrivant à un rendez-vous plus ou moins à l’heure dite. À cinq minutes près, de préférence. De ce côté-là, je suis plutôt laxiste par rapport à certains Suisses. La preuve:
De retour à Neuchâtel pour un cours de sensibilisation pour le permis de conduire, je me suis pointée au rendez-vous de 8h00 avec cinq petites minutes de retard. Ça ne compte pas, hein? Eh bien si. L’instructeur m’a lancé: « Vous êtes en retard! » pour répondre à mon bonjour. Tout cela sans agressivité: j’ai d’ailleurs pris ça pour de l’humour en découvrant qu’il était à peine 8h05 et l’ai suivi jusqu’à une salle de cours où tout le monde était déjà assis. Il a dit « Ça y est, elle est arrivée! On peut commencer. » Soulagement général. Sans rire!
J’ai toujours été sidérée par les Suisses ultra-ponctuels. Ceux qui pensent qu’après l’heure, c’est plus l’heure, et qu’avant l’heure… c’est une faute de savoir-vivre! Mon ami Sidonien* a quelquefois sonné chez moi en s’excusant platement d’avoir une avance de 3 minutes. Idem avec mon amie Lélie*. Imaginez leur panique s’ils avaient un jour plus de 4 minutes de retard!
Imaginez leur panique aussi s’ils étaient à ma place! Les gens ici n’arrivent jamais cinq minutes avant par sécurité, et misent plutôt sur le quart d’heure d’après. Attention, cette tendance n’est que le fruit des mes humbles et limitées observations, et j’ai noté que certains Français sont très ponctuels malgré tout! Ceux qui sont en retard arrivent toujours en formulant une excuse…
Consciente de la différence culturelle, je cache mon exaspération et ne grommelle qu’intérieurement, pour ne pas passer pour une Suissesse intransigeante des aiguilles. Mais quand même, j’en ai marre de faire des ronds de jambe sur la Place de la Comédie ou de boire un verre toute seule au comptoir en souriant bêtement au barman.
J’ai tenté d’arriver en retard à tous mes rendez-vous après avoir mis le doigt sur le phénomène de la « demi-heure montpelliéraine« . Le problème, comme me le faisait remarquer un collègue, c’est qu’on ne peut jamais prévoir si la réunion, la conférence, la pièce de théâtre commencera à l’heure exacte… ou avec cette fameuse demi-heure de retard. Cette science étant trop aléatoire, la meilleure solution reste d’avoir toujours un bon roman en poche.
Côté ponctualité, les Français que je côtoie semblent plus tolérants que les Suisses… avec les autres et surtout avec eux-mêmes!
D’accord? Pas d’accord? Vos anecdotes et observations sur la ponctualité en Suisse ou en France sont les bienvenues dans les commentaires!
*noms modifiés pour me protéger de leurs foudres (vous n’imaginiez pas sérieusement que j’avais un ami nommé Sidonien?)
Illustrations: ma collection d’horloges
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