Les dessous du porte-monnaie d’une expat, entre francs suisses et euros. Avec dans le désordre, une présentation des billets de banque suisses, une critique des centimes d’euros et une minute « nostalgie des pesetas ».
Lecteurs français, je ne crois pas vous avoir jusqu’ici présenté notre flotte de billets de banque suisses! Dans une Europe formatée à l’euro, cela devient une curiosité.
Ah! J’ai la nostalgie de mon enfance, sillonnant l’Europe avec mes parents en passant obligatoirement par la case change, où on nous remettait des billets inconnus, qui nous forçaient à mener des calculs savants pour acheter des cartes postales. J’ai toujours une collection de pièces des pays visités. Mais bon, l’euro est né, vive l’euro, fini les pesetas, lires, schilling ou marks! Oubliés ces noms qui faisaient partie de l’identité des pays, au même titre que leur drapeau ou leurs langues…
Consolation: depuis l’apparition de l’euro, le mot franc ne nous appartient plus qu’à nous… du moins en Europe! Plus besoin de dire « un franc suisse » hein pour éviter les confusions avec les francs français ou belges.
Même si j’observe encore des réminiscences des francs français… Certains habitants de l’Hexagone lâchent encore le mot « franc » au détour d’une phrase. Sinon, plus surprenant, sur mon relevé de compte à la Banque postale, la somme est indiquée en euros, et traduite en francs dans une colonne dédiée! Faut pas se tromper, sinon vous croyez être soudainement riche… mais non!
Francs suisses: les billets
Les francs suisses sont donc une partie forte de l’identité de notre pays, tourné vers l’activité bancaire comme chacun le sait. Voici donc un joli portrait de famille des billets en 2013. Remarquez qu’on n’a plus de billet de 500 CHF.
→ Edit de 2019: les billets ont depuis de nouveau changé entre 2016 et 2019!
Pour connaître les multiples cryptogrammes de sécurité et visualiser toutes les séries émises depuis 1907 (parce qu’elles changent régulièrement), je vous renvoie au site de la banque nationale suisse.
Je vous précise que lorsque j’étais petite, et que j’ai ouvert mon premier compte en banque à la Banque cantonale neuchâteloise, j’ai connu d’autres billets. Je me souviens très bien de cette ancienne série, avec le 10 francs roses et le 50 orné d’un hibou, car j’en avais des faux pour jouer à la marchande. Quant à mon compte en banque, que mes parents avaient ouvert à ma naissance: j’avais une tirelire orange que seul l’employé de banque pouvait ouvrir, où je mettais mes économies en centimes sonnant et trébuchant avant de les apporter à la succursale en bas de chez moi. Car chaque canton a sa banque en Suisse. Je me rappelle que la carte bancaire de l’établissement, qui m’a été remise à l’adolescence, ne fonctionnait pas dans les bancomats hors des frontières du canton. Hahaha!
Bancomat est un helvétisme très pratique signifiant: distributeur de billets. J’encourage les francophones de l’Hexagone à l’adopter!
Bon, depuis, j’ai abandonné l’idée de devenir riche grâce au contenu de ma tirelire, et je me suis mise à jouer de temps en temps à la loterie . J’ai d’ailleurs la fierté de vous annoncer que j’ai dernièrement gagné au tirage Euromillions. Un gain de 3 euros 50. Pfffff. Quand est-ce que le grand dieu Hazard m’octroiera enfin le jackpot??
Bon, au moins ce jeu est pratique, car il fonctionne en Suisse comme en France, alors que j’ai dû abandonner tout espoir de gagner au Rento, une loterie helvétique qui m’emplissait d’espoir car on y gagne une rente à vie! Ah, et j’en profite pour dire un mot sur la loterie suisse, je ne sais pas pour la Française des Jeux, mais la Loterie romande reverse ses gains pour soutenir la culture. Du coup j’achetais tout le temps des Tribolo à deux francs, en me disant qu’au pire, si je perdais, je soutenais nos artistes! Et puis, c’est aussi un hommage à Jean-Marc Richard, le présentateur kangourou qui animait les jeux de hasard à la télé suisse dans mon enfance.
Pourquoi « CHF » pour franc suisse?
Le symbole du franc suisse, c’est simple, on l’écrit ainsi: CHF 10.-. N’essayez pas de prononcer, c’est une abréviation qui se pense mais ne se dit pas. D’où vient-elle? Je vous rappelle simplement que CH est le symbole de la Confédération Helvétique, que vous avez aperçu sur nos plaques de voitures. Et si par chance cela fonctionne en français, il faut préciser que ce sont les initiales du nom en latin: Confoederatio Helvetica. (La minute Rösti: en allemand, cela se traduit: Schweizerische Eidgenossenschaft) Probablement qu’aujourd’hui, la langue choisie pour représenter de manière neutre nos 3 4 (où ai-je la tête! et le romanche!) langues nationales serait plutôt l’anglais. Mais le latin, ça en jette quand même, non?
Pendant ce temps, l’euro a son propre signe (€) qui s’est greffé sur les claviers des ordinateurs, même sur mon vieux qwertz helvétique.
À quoi servent les pièces de 1 ou 2 centimes d’euros?
Bon, on se demande bien pourquoi les maîtres de l’euro-zone ont créé des pièces de 1 et 2 centimes, joliment cuivrées. À part tapisser le fond du porte-monnaie, ces mini-pièces sont peu pratiques. Souvent, les prix indiqués dans les magasins sont à 12,99 € (pfff ces tactiques pour faire paraître les prix plus bas… j’aime personnellement les prix ronds!), et du coup je les accumule sans jamais les utiliser… Ben oui, y’a rarement des prix à 12,02 euros!! Vous me direz qu’en Suisse, c’est le même mic-mac avec des prix à CHF 12,95 à la place, mais cela implique de sortir moins de pièces. Car nous, nous avons abandonné nos pièces de 2 centimes il y a belle lurette.
Mon avis est donc clair: LES CENTIMES D’EUROS NE SERVENT A RIEN.
Autre parenthèse sur la monnaie européenne: au début, j’avoue avoir eu beaucoup de peine à différencier les pièces de 10 et 20 cts ou de 1 et 2 euros au fond de ma bourse. Une fois sur deux je sortais la mauvaise. Ajoutez à cela les prix exprimés oralement en « quatre-vingt-dix », ou « soixante-dix » par les vendeurs… suage à grosses gouttes à la caisse. Mais rassurez-vous, maintenant je maîtrise! Depuis quelques semaines, j’arrive même à dire « quatre-vingt dix » spontanément quand je parle avec un Français. Quelle acclimatation! Wouahou! Ce fut un cap extrêmement difficile à franchir. Par contre, pour soixante-dix, on repassera!
Je passerai sur mes problèmes relatif au mélange d’euros et de francs suisses dans mes poches et porte-monnaie, à cause de mes séjours au pays.
Autre problème avec l’euro pour les Suisses: avant, on savait très bien qu’il suffisait de diviser les francs français par quatre pour obtenir l’équivalence en francs suisses. Avec le taux de change fluctuant, on a dû s’habituer aux euros valant 1 franc 60, qui ont fait une chute jusqu’à 1 franc 20 ou 30 … Et voilà: je crois que dans mon esprit il y a une sorte de monnaie unique franco-suisse, dont la valeur est à mi-chemin entre les deux… Voilà qui est traître au moment de faire du shopping: résultat, non, tout n’est pas moins cher en France, cela en a seulement l’air!
Alors, assez blablaté, à vous d’anecdoter :
Chers lecteurs, est-ce que vos parents vous ont aussi ouvert un compte en banque lorsque vous étiez enfant? Je me demande si c’est une coutume répandue…
Avez-vous la nostalgie des pesetas ou d’autres avis sur les monnaies de nos deux pays en général? J’attends l’avis des voyageurs et expats!
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