Expat’ en France, je vous raconte les petites différences insoupçonnées entre l’Hexagone et la Romandie. Aujourd’hui, le concept de résidence, la nostalgie des buanderies communautaires romandes et des concierges d’immeuble.
Petit morceau d’une résidence
Je vis dans la résidence “Le Beaulieu”. Pour un Neuchâtelois, peu habitué à ce concept français, cela sonnera un peu pompeux. Ou laissera entendre que je séjourne en maison de retraite – ou “home” comme on le dit en Romandie. Pourtant en France, rien n’est plus commun que d’habiter dans une résidence. Il s’agit simplement d’un ensemble d’immeubles, généralement entouré d’une grille qui le met à l’abri des visiteurs indésirables. Dans cette enceinte, on trouve souvent un parking, plus rarement une place de jeux. Pour y pénétrer, il faut connaître le code ou disposer d’une clef.
Mon petit Beaulieu n’est composé que de deux immeubles de quatre étages. Rien à voir avec les monstrueuses résidences qui lui font face. Elles comportent de multiples bâtiments aux étages indénombrables, qui renferment les vies d’un tas de locataires… Ces constructions sont plutôt récentes. Autant vous dire qu’il y a très peu de résidences dans le centre historique, l’Écusson, qui est le coeur de la vie montpelliéraine.
Le fait que les immeubles portent des noms est assez charmant. Certaines résidences ont des noms un peu pompeux, comme “Le Président”. Autre exemple, vendredi soir, je me rendais chez des amis qui m’ont donné cette indication pour trouver leur appartement: “C’est la résidence, “Le Palace”, en face de la piscine!” Le Palace! Et quoi encore? Pour qui ils se prennent, ces étudiants! En arrivant devant, le panneau m’est apparu et j’ai bien ri: l’orthographe exacte était LE PALLAS.
On a volé mon jour de lessive
Vous imaginez peut-être, lecteurs suisses-romands, que ces grandes résidences procurent l’avantage de disposer d’énormes chambres à lessive? Eh bien, vous serez aussi déçu que moi d’apprendre que le concept de buanderie communautaire semble inconnu par ici. J’imagine que les fabricants de sèche-linge et de machines à laver ont une meilleure situation en France, car chaque locataire achète les siens.
Une des nombreuses laveries de Montpellier
J’ai la chance d’avoir hérité de l’ancienne machine à laver d’amis, casée dans ma petite salle de bains. Grâce à eux, je n’ai pas besoin de me rendre à la laverie de ma rue. Lorsque je passe devant, je ricane en observant dans la vitrine les étudiants qui tournent en rond en attendant que leur linge ait fini de faire de même.
Il y a un point positif au fait de ne pas disposer d’une buanderie commune: les petites disputes de voisinage sont finies! Comme il n’y a pas de plan savamment organisé par le concierge, personne ne peut voler votre jour de lessive.
À propos du concierge…
Une autre différence, en comparant le Beaulieu à mon immeuble de l’Écluse à Neuchâtel, c’est l’absence d’un personnage emblématique des locatifs suisses romands: le concierge. Ici, le syndic’ (c’est à dire les co-propriétaires du bâtiment) engage une employée qui passe le vendredi un coup de panosse… heu de serpillère à chaque étage. Malheureusement, elle ne sait pas répondre quand on lui dit bonjour. Alors, je regrette un peu ma concierge portugaise…
Vous savez à présent que même si j’habite à la “Résidence Le Beaulieu”, je ne suis ni snob ni à la retraite, que je fais ma lessive dans ma salle de bain et que je déteste la bonne femme qui lave le sol car elle ne dit pas bonjour, alors que ma concierge à Neuchâtel était fort sympathique (jusqu’à ce que je lui vole son jour de lessive).
Illustrations: photos de mon quartier
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