Notre pauvre vignette d’autoroute suisse a mauvaise presse auprès des Français voyageurs qui doivent l’acheter pour un bref séjour. Pourtant, avaler des kilomètres de bitume sur les autoroutes suisses revient vite moins cher qu’en France! Et ces péages qui vous ralentissent et vous obligent à faire de la gymnastique du bras… Quel ennui! (voir Péages, mode d’emploi, le billet de la semaine dernière)
Voici donc un duel vignette d’autoroute vs péage!
Présentation des combattants:
La vignette d’autoroute suisse
En Suisse, pour circuler sur les autoroutes en voiture comme en moto, il faut verser une redevance annuelle. Pour preuve du paiement de cette taxe, on colle une vignette colorée où figure l’année sur son pare-brise. Sans elle, on risque une amende salée, de 200 francs. Regardez, que c’est joliii!
Son coût modeste est de 40 francs suisses par année (soit 40 euros à la frontière). Attention en entrant en Suisse: si vous ne l’avez pas, vous risquez une amende salée. Expérience faite, il peut être difficile de la trouver si vous passez par une petite douane sans personnel ou que vous essayez de l’acheter quand l’année est bien entamée. Mais on peut à présent l’acheter en ligne sur le site officiel.
Que du bonus: la vignette est en réalité valable 14 mois: pour la vignette 2013, sa validité court du 1er décembre 2012 au 31 janvier 2014.
On avait évoqué la possibilité que son tarif augmente ou qu’une vignette « spécial voyageur » d’une durée de validité plus courte soit créée pour les touristes, ce qui aurait été une bonne chose pour les expats qui passent dire bonjour à leurs famille/amis! Mais finalement rien n’a changé ;)
En Suisse, ce sésame peut être acheté auprès des offices de poste, des stations-services, des garages et des offices cantonaux de la circulation routière. A la frontière, il peut être obtenu auprès de tous les bureaux de douane occupés, et même réglé en euros.
Verdict: présentement, circuler 14 mois sur les 1406 km des autoroutes suisses coûte 32 euros! Et en plus, c’est très décoratif!
Les péages autoroutiers français
En France, on circule sur des autoroutes appartenant à des entreprises privées, qui fixent des tarifs selon les tronçons parcourus. Les routes sont donc parsemées de péages, où les véhicules sont filtrés par des barrières et doivent s’acquitter d’un droit de passage. Au début d’une autoroute à péage, il y a un premier passage au péage, où la machine crache un ticket qui indique à quel endroit on entre sur cette route payante. Plus tard, il faudra donner le ticket à une autre machine ou à un être humain derrière son guichet (mais c’est plus rare), payer – soit avec une carte bleue, ou CB, soit en jetant des pièces dans une corbeille. Ensuite, la barrière s’ouvre, et on continue… jusqu’au péage suivant. Bref, c’est ce que je vous expliquais dans le détail dans ce billet consacré au mode d’emploi pour ne pas rester coincé à un péage!
Première remarque: cela crée des ralentissements! C’est chiant. Ensuite, construire toutes ces zones de péages a dû avoir un certain coût! À présent, il faut rémunérer des employés pour y travailler. Sans oublier le casse-tête que cela a dû être pour le dessinateur de routes… Argh.
En parlant du prix, je vous fait remarquer que ces tarifs ont augmenté le 1er février 2013, comme chaque année: +2% environ. Selon Le Point, en 5 ans, les prix ont été revus à la hausse de 10%… Aïe, aïe. Une vingtaine de sociétés d’autoroutes se partagent les 11’000 km du réseau français, comme Vinci Autoroutes, ou ASF (Autoroutes du Sud de la France), ceux dont j’utilise les services le plus souvent. Au début, le péage devait permettre de financer la construction du réseau autoroutier hexagonal. Et à présent? Certains doutent que de tels tarifs soient justifiés pour leur entretien…
À combien cela revient concrètement de rouler sur une autoroute française? Tout dépend du tronçon, mais pour mes amis suisses, je citerai un exemple. Pour faire un Toulouse-Montpellier aller retour (486 km au total), il faut compter 42 euros 60 de péage.
Remarque numéro 2: C’est déjà plus cher que la vignette suisse, à 32 euros!!!
Donc quand on se lance dans un road-trip dans ce magnifique pays qu’est la France, il ne faut pas oublier de tenir compte des frais de péage, qui sont faciles à calculer avec des services comme Mappy.fr. En plus du temps de trajet et du coût en essence, ce genre de site vous signale directement le prix des péages! Mon GPS, Georges, a d’ailleurs une fonction spéciale « trajet évitant les péages », qui calcule un itinéraire sur des routes libres de droit de passage uniquement. Bien sûr, c’est un peu plus long… mais la campagne languedocienne est magnifique!
And the winner is…
Suspense et roulements de tambour…
Récapitulons: Si je reprends mon exemple de trajet vers Toulouse, cela me fait 20 euros pour 3 heures de route environ. Pour moins du double, je circule 14 mois en Suisse. La vignette d’autoroute revient globalement moins cher, c’est sûr!
Seul bémol: si on se rend en Suisse juste pour le week-end, on paie tout de même le prix fort! Comme le disait Julien dans les commentaires, une vignette « touriste » à petit prix serait bien plus juste. Ou alors, il faut profiter des jolies routes de campagne… mais comme elles sont indiquées en bleu, la couleur des autoroutes dans l’Hexagone, il y a un gros risque pour les conducteurs français de se retrouver avec une amende sans même l’avoir fait exprès, pour avoir circulé sur l’autoroute suisse (panneaux verts) sans vignette!
Malgré tout:
La gagnette vigne heu… la vignette suisse gagne le duel haut le volant!
Évidemment, le réseau français est dix fois plus grand, et les impôts des citoyens suisses financent l’entretien du réseau de routes chez nous… mais chaque trajet en voiture ne nous coûte pas un budget!
J’espère qu’aucun d’entre vous n’osera râler contre le coût de la vignette suisse à l’avenir… sinon je le taxerai de mauvaise foi, même lorsqu’elle augmentera!
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