Avec le chant des cigales qui s’élève et la canicule qui menace, on n’a pas très envie d’entendre parler de sport… et plutôt de s’adonner au farniente accompagné de litres d’eau fraîche et d’un ventilo. Mais rassurez-vous, il s’agit ici seulement de regarder!
J’avais déjà consacré tout un billet à la folie du rugby qui brûle dans le Sud de la France. Mais aujourd’hui, j’avais envie de parler d’autres sports dont la tradition est ancrée ici, et dont certains sont moins connus.
[Photo ci-dessus: crédit Matthew Roth CC ]
La pétanque
Au jeu de boules tout est dans le geste, aaaaample comme vous le voyez ci-dessus… L’autre partie importante, c’est le soin apporté à ne pas lâcher un Obut sur son pied.
Comme on joue à la pétanque aussi en Suisse – si, si, il existe même des terrains au bord du lac dans les aires de pique-nique, je pensais que c’était un cliché du Sud que de penser que les vieux se réunissaient autour d’un pastis et de leur jeu de boules en criant « Tu tires ou tu pointes? » avé l’acceng. Eh bien cliché, cliché, pas tant que ça. On trouve par exemple des boulodromes dédiés à cette activité (je n’ose pas écrire sport quand même) dans les villages, et même dans différents quartiers de Montpellier. Ces terrains sont trustés par les retraités pendant la journée. Au Grau-du-Roi, j’ai pu observer les joueurs s’activant sur le boulodrome du coin réunissant plus d’une dizaine de terrains: les joueurs sont à 99% des seniors protégés du soleil par des petits chapeaux, et ce sont les hommes qui tiennent les boules, les grands-mères sont en minorité sur le terrain. La pétanque est devenue internationale, mais a ses racines ici, je confirme!
Pour rappel, le jeu se joue en 13 points, en triplette, doublette ou en tête-à-tête. Une vraie poésie. En triplette, chaque joueur a droit a 2 boules. En doublette et à 1 contre 1,chacun a 3 boules à lancer. Une équipe lance ses boules tant qu’il lui en reste, et cela jusqu’à ce qu’elle en place une plus près du cochonnet que toutes celles de l’équipe adverse. C’est alors à l’autre équipe d’essayer de se rapprocher! Après, la coutume veut qu’on déguste un petit pastis si l’activité se déroule à l’heure de l’apéro – à vous d’en choisir la couleur!
Vocabulaire à réviser:
« T’es fanny! »
Synonyme de défaite absolue, c’est une expression à jeter au visage de l’adversaire lorsqu’il perd sans avoir marqué un seul point.
« Tu tires ou tu pointes? »
Tirer, c’est tenter de déloger une boule de l’adversaire en sacrifiant une de ses boules à cet effet. Pointer, en revanche, c’est essayer de marquer un point en s’approchant au maximum du cochonnet
Et pour plus d’expressions, rendez-vous sur le site web du Musée de la Boule! Il y en a des dizaines!
Les joutes nautiques de Sète
Si en Suisse on a la lutte à la culotte au milieu des pâturages, dans la ville portuaire de Sète, c’est sur l’eau qu’on mesure sa force! La tradition veut que chaque été, des jouteurs vêtus de blanc et coiffés de canotiers sautent dans des barques pour s’affronter au son des fanfares dans le canal. Le public prend sa place dans des gradins pour les encourager. Le principe: lorsque les bateaux se croisent, les champions tentent de faire tomber leur adversaire avec une lance de bois, dont le bout est ferré, tandis que les rameurs rament. Plouf! Ne vous inquiétez pas pour les jouteurs, ils savent nager et se protègent avec un bouclier nommé « pavois ».
Démonstration de ce sport du Sud folklorique!
Je n’ai encore pas eu l’occasion d’assister à cette drôle de tradition, mais j’aimerais bien! Si les joutes de Sète sont les plus connues par ici, ce folklore existe aussi ailleurs en France. Et les joutes nautiques « méthode languedocienne » sont pratiquées dans 9 autres localités du Languedoc – Béziers, Agde, Marseillan, Mèze, Balaruc, Frontignan, Sète, Palavas et Le Grau-du-Roi – selon Wikipédia. La méthode languedocienne est en fait une des 5 variantes de joute nautique validées et reconnues par la Fédération française de joute et de sauvetage nautique.
Le tambourin, un sport du Sud méconnu
Le jeu de tambourin est un sport collectif, proche du jeu de paume et du tennis mais qui se joue sans filet. Il descend d’un jeu de ballon languedocien, et se joue avec une balle et… un tambourin. Le but est que l’adversaire ne puisse pas renvoyer la balle virevoltante vers son terrain, et qu’elle touche le sol! Ben comme au tennis quoi. Par compte ne me demandez pas comment fonctionne le décompte des points. Et puis comme les joueurs ont des rôles précis, je vais laisser l’équipe de Montpellier vous l’expliquer, grâce à cette vidéo dénichée sur le web…
Bon c’est un peu technique hein. Celle-ci est plus drôle et explique le poste du fond…
Le tambourin est donc un sport confidentiel, originaire du coin, et qui a séduit quelques équipes de pays du Sud aussi – comme l’Italie ou l’Espagne. Pour en apprendre plus, rendez-vous sur le site de la Fédération française de Balle au tamourin.
Et puis il y a un autre sport du sud dont je voulais vous parler, mais je manque de temps maintenant donc ce sera pour dans quelques jours! Il s’agit de la course camarguaise, qui prend place dans une arène… À suivre!
Alors, est-ce que vous connaissiez ces sports? Y’a-t-il des gens parmi vous qui se sont essayés au tambourin ou aux joutes languedociennes?
Je ne sais pas si la version sur le lac de Neuchâtel en pédalo compte ;)
Je devine que tout le monde a déjà fait une petite pétanque ! J’y ai même joué l’été dernier à Montréal car il y a des terrains dédiés dans certains parcs… Elle s’exporte mieux que le pastis!
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