Quand je reviens de Romandie, j’emporte toujours une tranche de gruyère suisse dans mes bagages. Le problème, c’est qu’elle ne dure qu’une semaine, et encore, en l’économisant!
Et si je l’achetais à Montpellier, la payerais-je vachement plus cher qu’à la Migros? Quel est le prix du gruyère suisse en France?
Cela fait quelques mois que je me pose la question, alors j’ai vérifié, pour le gruyère suisse-et-sans-trous ainsi que pour la Tête de moine.
Ne vous inquiétez pas, je vous explique plus bas ce qu’est une Tête de moine et comment elle se mange.
Comme vous le savez déjà, le fromage est un met raffiné qui fait saliver tant les Suisses que les Français.
Or, le « gruyère » français et le gruyère suisse n’ayant rien à voir, j’ai du faire une croix sur ce splendide fromage. À la place, je me suis rapprochée du Comté.
Sur l’étalage du fromager de mon supermarché, il y a tout de même du gruyère suisse. Pas systématiquement, mais de temps en temps.
Je lorgne la meule découpée qui me fait de l’œil. Vu le prix du fromage suisse en Suisse, il ne doit pas être donné après exportation, OU BIEN?
J’ai voulu comparer.
Le verdict sur le prix du gruyère suisse et de la Tête de Moine dans mon hypermarché français…
Photo officielle du célèbre fromage
J’ai comparé le prix de la Migros avec celui de mon supermarché habituel, à titre d’exemple. Mon Carrefour est en réalité un hypermarché qui me donne le tournis tant il y a de choix (comparé à l’échelle suisse), si vaste que les employés circulent à patin à roulettes (ce n’est pas du deuxième degré, je vous assure. J’ai essayé d’en prendre en photo, mais ils roulent toujours trop vite. Le temps que je dégaine mon natel intelligent, zip! Ils se sont enfuis.)
Le calcul est facile pour le gruyère.
À Carrefour, j’ai trouvé du gruyère doux (6 mois affinage) à 16,90 euros / kilo
À la Migros, le gruyère mi-salé est vendu à 16 francs suisses/kilo
Déjà là, on se doute que ce n’est pas tout à fait équivalent… Et il faut noter que le mi-salé vaut plus cher que le doux en plus.
Avec la conversion, cela signifie qu’en France, je l’achèterais à CHF 20,90 le kilo – 4 francs de plus!
Pour une tranche de 300 grammes (de gruyère doux), je paye donc 6 francs 30 (~5 euros) en France, contre 4,80 en Suisse (3 euros 88) (pour du fromage qui a plus de caractère en plus).
Soit ~30% plus cher.
Pour la Tête de Moine, c’est similaire:
Je l’ai trouvée sur l’étalage en France à 19,80 euros / kilo, soit 24,50 francs.
En Suisse, à la Migr’, elle coûte la bagatelle de 20.- par kilo (~16 euros)
Soit ~22% plus cher.
Pour une Tête de Moine de 500 grammes, il faut compter donc 12 CHF en France au lieu de 10 CHF.
Verdict: je vais continuer de manger des fromages français… Après tout, je suis venue ici pour goûter des spécialités et pas pour pleurnicher sur les fromages suisses laissés derrière.
Et exceptionnellement, je sais où les trouver à présent ;)
PS. Je suis tout de même dégoûtée, car il y a trois ans, il semblerait que « le gruyère affichait, dans les hypermarchés français, des prix bien plus bas que ceux auxquels ils étaient vendus à Genève, Bâle ou Zurich » grâce à des subventions de l’État (suisse) (source: magazine Challenges)…
Qu’est-ce qu’une Tête de Moine?
D’où vient son nom? Deux hypothèses en images… La seconde: l’abbaye de Bellelay stockait un fromage par tête de moine. Source : site de la Tête de Moine AOP
Ce nom quelque peu comique désigne un fromage particulier. À l’origine, il était fabriqué par des moines dans l’abbaye de Bellelay (cela n’est plus vrai aujourd’hui), au Jura.
Comme je l’ai remarqué dernièrement, les Français connaissent le Jura français mais ignorent bien sûr que le Jura est aussi un canton et une région suisse.
Je ne vous jette pas la pierre, je vous informe, c’est tout. N’ayant pas encore retenu le nom de tous vos départements, je ne me permettrais pas!
Attention à la découpe!
La Tête de Moine a une forme ronde caractéristique, et il ne faut surtout pas la débiter en tranches triangulaires, comme le fit un jour un fromager français. Heureusement il croisa le chemin de mon petit ami, un Français du Sud initié aux secrets du fameux fromage. Il vécut en Helvétie, où il découvrit la Tête de moine et l’apprécia au point de ramener une girolle en France. Il fit donc une brillante et utile leçon au fromager qui ne pouvait pas deviner après tout.
Voilà comment furent sauvées maintes Têtes de Moine d’une découpe abusive.
La girolle, l’outil in-di-spen-sable
Il faut que le fromage garde sa forme ronde pour pouvoir la racler avec la girolle, cet appareil qui sert exclusivement à cet usage, et encombre votre placard, mais comme quand on le sort c’est un régal et on épate la galerie cela vaut quand même la peine.
Avec la lame de la girolle, on tourne donc doucement et sans presser comme un malade pour former de fines fleurs de fromage, les « rosettes ». Un délice!
Des girolles, on en trouve facilement en France, contre toute attente. Dans les magasins de cuisine, elle se nomme parfois « frisette à fromage« . Je trouve le nom croquignolet. Il y en a plein aussi dans mon hypermarché, au rayon fromage.
Avant que la girolle ne soit inventée, il fallait une certaine dextérité au couteau!
Mais pour les Français qui ne souhaitent s’encombrer et rêvent de goûter à une fleur de Tête de Moine, il s’en vend aussi de la déjà découpée, à un prix prohibitif comprenant la main d’oeuvre évidemment. Girolleur de Tête de Moine, un métier plein d’avenir?
« Et si on mangeait de la Tête de Moine en tranche? » Me direz-vous. Heu non, je crois que c’est un péché et que vous risquez d’être foudroyé sur place par le Divin fromager céleste. Méfiez-vous!
Et vous, vous achetez du fromage suisse en France, où vous vous abstenez? Et les expats suisses de Belgique et d’ailleurs, trouvez-vous aussi du gruyère dans votre supermarché?
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