Le train entre en gare de Genève-Cornavin avec une ponctualité qui, les premières fois, surprend presque. Sur le quai, personne ne court. Les correspondances sont affichées, les voies indiquées, et le wagon s’arrête exactement là où le sol l’annonçait.
C’est une première impression trompeuse. La Suisse donne le sentiment que tout est simple. En réalité, ce pays demande un peu plus d’attention qu’il n’y paraît.
Un regard écrit par Raoul Weller, découvrant la Suisse. (Crédit photo: Nanda Gopal.)
Un territoire minuscule, quatre langues officielles
En une heure de train, on peut passer du français à l’allemand. En deux heures, atteindre une région où l’on parle italien. Les Grisons ajoutent encore le romanche à cet ensemble.
Cela change beaucoup de choses au quotidien. Un panneau lisible à Lausanne devient opaque à Lucerne. Le menu d’un restaurant à Bellinzone n’aura rien de commun avec celui d’un café à Berne, ni dans la langue ni dans les habitudes.
Les Suisses eux-mêmes passent d’une langue à l’autre avec une aisance déconcertante. Le voyageur, lui, s’appuie souvent sur son téléphone pour traduire une carte, un horaire ou une consigne affichée à l’entrée d’un téléphérique.
Le réseau ferroviaire, colonne vertébrale du voyage
Se déplacer en Suisse sans voiture est non seulement possible, c’est souvent la meilleure option. Trains, bus postaux, funiculaires et bateaux forment un système intégré où les horaires s’emboîtent les uns dans les autres.
Le revers de cette précision est qu’elle laisse peu de place à l’improvisation. Un bus postal vers un village de montagne peut ne passer que trois fois par jour. Rater celui de seize heures signifie parfois attendre le lendemain.
Consulter les horaires en temps réel devient donc un réflexe. Beaucoup de voyageurs préparent ce point avant le départ et activent une eSIM Holafly en Suisse depuis chez eux, ce qui évite de chercher une solution une fois sur place.
La raison est simple: la Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne, et les règles de roaming qui s’appliquent entre pays membres s’arrêtent à sa frontière.
Ce que l’on découvre en s’éloignant des villes
Zurich et Genève ressemblent à d’autres grandes villes européennes. Ce n’est pas là que la Suisse se révèle.
Il faut monter. Prendre un train régional qui grimpe lentement, traverser des tunnels, déboucher sur une vallée où les prés descendent jusqu’aux toits d’un village. À Wengen, aucune voiture ne circule. À Mürren non plus. On y accède par le rail ou par les airs, et cette contrainte fait partie du charme.
Dans ces endroits, la couverture réseau reste correcte dans les villages, plus irrégulière sur les sentiers d’altitude. Les cartes hors ligne conservent donc toute leur utilité pour qui part marcher une journée entière.
Le prix des choses
Impossible d’écrire sur la Suisse sans évoquer son coût. Un café à cinq francs, un plat du jour à vingt-cinq, une nuit d’hôtel qui ferait hésiter dans n’importe quel pays voisin.
Il existe pourtant des façons de voyager sans se ruiner. Les supermarchés proposent des repas préparés corrects. Les cabanes du Club alpin suisse offrent un hébergement simple à des tarifs raisonnables. Certaines cartes de transport donnent accès à des réductions importantes sur les remontées mécaniques, à condition de calculer avant de les acheter.
Ce calcul, on le fait généralement le soir, dans la chambre, en comparant les options en ligne.
Un dernier soir au bord de l’eau
Le lac de Thoune vers vingt heures, en été. L’eau a la couleur du métal, les sommets se découpent encore contre un ciel qui refuse de s’assombrir complètement. Un bateau rentre, presque vide.
On a passé la journée à marcher, on a raté un bus, on en a pris un autre, on a mangé du fromage dans un endroit dont on n’arrive pas à prononcer le nom.
Le téléphone est resté dans la poche la plus grande partie du temps. Il a servi trois fois, brièvement. C’est exactement ce qu’on lui demandait.
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